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26 janvier 2008 6 26 /01 /janvier /2008 14:55
La recherche sur les cellules souches a enregistré en 2007 une avancée majeure dont les scientifiques rêvaient depuis des décennies, et une application médicale sur des souris n'a pas tardé à suivre.


Cellules souches vues à l'aide d'un microscope.

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Deux équipes de chercheurs, l'une américaine, l'autre japonaise, ont annoncé fin novembre avoir réussi à faire régresser des cellules de peau humaine en cellules souches, qui sont comme des pièces de rechange cellulaires du corps capables de se renouveler.

Deux semaines plus tard, une autre équipe annonçait avoir réussi à soigner des souris atteintes d'anémie grâce à des cellules souches obtenues à partir de cellules de peau de leur queue.

«C'est réellement le Graal: pouvoir prendre quelques cellules d'un patient (...) et les transformer en cellules souches en laboratoire», s'enthousiasme Robert Lanza, de la société Advanced Cell Technology, pour qui ce travail «représente une avancée scientifique extraordinaire» qui est «un peu comme apprendre à transformer le plomb en or».

Les cellules souches ont un potentiel énorme pour guérir ou traiter des maladies, puisqu'elles peuvent se transformer en n'importe quelle cellule du corps et donc remplacer des cellules endommagées ou malades et permettre la reconstitution de tissus ou d'organes.

Mais la recherche sur le sujet était jusqu'à présent extrêmement controversée, car il fallait détruire des embryons viables pour en extraire les cellules souches.

Le président américain George W. Bush a ainsi interdit tout financement au niveau fédéral pour les recherches sur les cellules souches embryonnaires, dont l'accès est de toute façon limité, même dans les pays qui autorisent ces recherches, par la difficulté à trouver des donneuses.

La nouvelle technique est si prometteuse que l'Ecossais Ian Wilmut, le «père» de Dolly, la première brebis clonée, a décidé d'abandonner ses recherches sur le clonage d'embryons pour s'y consacrer, jugeant qu'elle ouvrait «une nouvelle ère» pour la biologie.

L'un des principaux avantages de cette technique est sa simplicité: quatre gènes suffisent pour faire régresser les cellules de peau en cellules souches, ce qui peut s'effectuer dans un laboratoire standard. Sans compter que les cellules de peau sont bien plus faciles à recueillir que les embryons.

«C'est une explosion des ressources», se réjouit Konrad Hochedlinger, spécialiste des cellules souches à l'université Harvard: avant cette découverte, la difficulté d'accès aux cellules souches embryonnaires obligeait souvent les chercheurs à effectuer leurs travaux sur des animaux ou des organes prélevés sur des cadavres.

La nouvelle technique devrait permettre aux scientifiques de mieux connaître des maladies comme le cancer, le diabète ou la maladie d'Alzheimer et de tester de nouveaux médicaments. En matière de transplantation d'organes, elle permettra aux médecins de créer des cellules souches ayant le patrimoine génétique d'un patient spécifique, éliminant les risques de rejet.

Jacob Hannah et son équipe du Whitehead Institute for Biomedical Research à Cambridge (Massachusetts) en ont déjà montré une application en traitant avec succès des souris souffrant d'anémie grâce à des cellules iPS (cellules adultes reprogrammées en cellules proches de l'état embryonnaire ou cellules souche induites) obtenues à partir de cellules de leur propre peau.

Les chercheurs se veulent néanmoins prudents. «Cette recherche ne fait que commencer, nous comprenons difficilement comment ces cellules fonctionnent», explique James Thomson de l'université du Wisconsin à Madison, qui dirigeait l'une des deux équipes ayant fait cette découverte, et pour qui les cellules souches embryonnaires restent «l'étalon or» des recherches.

Quant au directeur de l'autre équipe, Shinya Yamanaka, de l'université de Tokyo, il estime qu'il faudra «au moins un an» pour prouver l'innocuité de la nouvelle technique.

La non-utilisation d'embryons ne clôt pas le débat éthique : à partir des cellules iPS, il est théoriquement possible d'obtenir des ovules et spermatozoïdes ayant l'ADN d'une même personne. D'où le risque, selon le Pr Yamanaka, qu'ils soient utilisés pour concevoir un enfant ayant un seul parent biologique.


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Published by Milem - dans Tech-Sciences
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