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25 juillet 2009 6 25 /07 /juillet /2009 00:12

Auparavant, le travail salarié était essentiellement masculin et l’on restait souvent à vie dans une entreprise. Mais la main-d’œuvre japonaise a changé : de plus en plus de femmes travaillent (depuis la loi de 1987 qui réduit la discrimination homme-femme), les gens changent plus souvent d’emploi, et les étudiants et les personnes âgées travaillent à temps partiel pour payer leurs études ou pour arrondir leur retraite.

 

On entre dans la vie active entre 20 et 25 ans, après des études courtes (deux ans) pour la majorité des filles ou des études longues (quatre à cinq ans) pour les garçons.

 

   

L’employé typique

 

L’Office lady (OL) est une jeune femme entre 20 et 25 ans, sortant d’un cursus universitaire court, dont le travail consiste à servir le thé et accueillir les clients. Elle travaille généralement jusqu’à 25 ans, puis se marie et quitte son travail pour élever ses enfants. Il est très difficile pour les femmes de trouver un compromis entre famille et travail : les crèches sont chères et leurs horaires d’ouverture ne correspondent pas toujours avec les horaires de travail. De plus, même si les congés de maternité existent, les femmes subissent de fortes pressions pour qu’elles démissionnent après la naissance de leur premier enfant.

 

Le Salary Man consacre sa vie à son entreprise. Parti de 6 heures du matin, il a deux heures de transport, et quitte son travail vers 21 heures, après quatre heures de travail supplémentaires, non payées (zangyô), pour deux nouvelles heures de transport, avant de rentrer chez lui. L’évolution dans l’entreprise dépend étroitement non seulement de l’ancienneté et de l’âge, mais aussi de la cote de l’université et même de l’année d’obtention du diplôme.

 

Le Freeter (de free : libre, en anglais), ou furitâ. Ces jeunes, de plus en plus nombreux, refusent le carcan de l’entreprise et enchaînent des petits boulots requérant peu ou pas de qualification. On les trouve le plus souvent dans la restauration, la vente (dans les convenient store) ou les petits métiers « presque inutiles » typiquement japonais (distributeur de publicité, porteur de panneau…). Ils sont peu payés, mais peuvent se consacrer à leurs loisirs. L’engouement pour ce mode de vie entraîne une pénurie de salary men et les entreprises rivalisent de propositions alléchantes pour attirer les jeunes diplômés. Attention, freeters et étudiants ou retraités faisant un baito (petit boulot), ce n’est pas la même chose. Les freeters ne font que ça.

 


Le rythme du quotidien

 

Les horaires et le rythme de travail sont lourds. La vie quotidienne est entièrement assujettie au rythme du travail.

 

Le nombre d’heures de travail hebdomadaires est, en principe, de 40 (repas et pauses non compris), mais peut aller jusqu’à 44 selon le secteur d’activité de l’entreprise. La semaine se déroule du lundi au vendredi (certaines personnes travaillent également le week-end).

 

Les heures supplémentaires montrent l’attachement de l’employé à son travail et à son entreprise. Un japonais fait environ 202 heures supplémentaires par an (contre 78 pour un européen). Toutes les heures supplémentaires ne sont pas rémunérées.

 

Les vacances sont courtes : deux semaines. Généralement, on ne prend qu’une semaine, et encore, pas d’un coup, ce serait mal vu… De ce fait, chaque année, près de 10 000 salariés japonais sont victimes de karôshi (mort par épuisement au travail).

 

Le droit de grève est particulier : les employés mécontents n’arrêtent pas leurs taches, mais enfilent un brassard noir en signe de protestation.

  

 

La seconde famille de l’employé

 

La politique salariale est basée sur l’ancienneté. Un employé fera généralement toute sa carrière dans la même entreprise.

 

Les écarts de salaire entre cadres et ouvriers sont réduits. Les salaires fluctuent selon l’activité et la taille de l’entreprise : les grosses entreprises paient mieux que les petites, la production de biens paie moins que les banques ou les assurances.

 

L’esprit d’équipe a la primauté. L’individu japonais se définit toujours par l’entreprise ou le groupe social auquel il appartient (on se présente souvent comme « monsieur untel de la société untel »). L’avis du groupe prévaut sur l’avis d’une seule personne. Un bon chef écoute toujours ce que ses subordonnés et les autres en général ont à dire, et met en application une bonne idée, même si ce n’est pas la sienne. Après le travail, au lieu de rentrer à la maison, les japonais sortent avec leurs collègues de bureau ou leurs supérieurs au karaoké ou dans les bars : c’est une façon de s’intégrer à l’équipe de travail.

 

Les règles de l’entreprise sont strictes : respect absolu de la hiérarchie, règles de vie commune et, souvent, port de l’uniforme.

 

L’entreprise a un rôle de « seconde famille » : elle intervient dans la vie personnelle des employés (mariage arrangé…) et décide de leurs vacances et loisirs.

 

 

Extrait de l’agenda Pika éditions 2006

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Published by Milem - dans Japon
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