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20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 20:08

Dimanche dernier à Hong Kong, des dizaines de milliers de manifestants ont été violemment dispersés par la police, un journaliste a été arrêté. Des faits inhabituels qui laissent redouter une restriction de la liberté d'expression dans l'ancienne colonie britannique.

 

 

Dimanche dernier, ils étaient plus de 150 000 personnes (51.000 selon les autorités) à crier leur mécontentement dans les rues de Hong Kong. Une foule impressionnante, ravivant le souvenir de la grande manifestation du 1er juillet 2003, qui avait poussé Tung Chee-hwa, le chef du gouvernement de l'époque, à démissionner.

 

Depuis la rétrocession de l'ancienne colonie britannique à la Chine, en 1997, le 1er juillet est devenu un jour traditionnel de manifestation pour les habitants de l'archipel.

 

Mais cette année, les interdictions d'afficher des slogans, de défiler dans le bruit et les violentes méthodes de dispersion ont ravivé le mécontentement des manifestants. Ils sont nombreux à penser que cette façon de gérer les protestations populaires s'apparente de plus en plus à celle de Pékin.

 

Malgré ces nombreuses restrictions, la foule a choisi de défier les autorités en défilant à grand renfort de tambours et mégaphones sous le mot d'ordre: « À bas le gouvernement ! ».

 

Ces dizaines de milliers de manifestants ont protesté contre la flambée des prix de l'immobilier, la remise en question des élections partielles par l'exécutif et l'aggravation des inégalités.

 

« Hong-Kong est en train de devenir chinoise ! », ironise Albert Chan Wai-yip, un membre du Conseil législatif de l'archipel affilié au People Power (un des partis de l'opposition).

 

Dimanche dernier, il était à la tête d'une foule de plus de mille personnes marchant sur le siège du gouvernement pour réclamer la démission de Donald Tsang, le chef de l'exécutif, lorsque les forces de l'ordre leur ont barré la route pour les disperser avec violence. A l'issue de cet affrontement, 231 manifestants ont été interpellés.

 

« Un policier a agrippé mon cou et a pulvérisé son spray au poivre à cinq centimètres de mes yeux, s 'insurge Albert Chan Wai-yip, encore sous la choc. C'était une manifestation pacifique, il n'y avait aucune raison d'utiliser la force. Cela ne serait jamais arrivé il y a une dizaine d'années

 

 

Faire bonne figure auprès du grand frère chinois

Le législateur n'est pas le seul à interpréter cette répression violente comme une volonté du gouvernement de plaire à la Chine.

 

L'association des journalistes de Hong-Kong, elle, déplore l'arrestation d'un journaliste n'ayant pas présenté sa carte de presse au cours de la manifestation.

 

Elle y voit l'ombre de Pékin et craint que ce durcissement n'aille jusqu'à remettre en question l’indépendance de Hong-Kong et l’une de ses différences fondamentales avec la Chine continentale : sa liberté de la presse.

 

« Nous nous éloignons de plus en plus de la transparence, a déclaré Mak Yin-ting, la présidente de l’association, au Guardian. L’encadrement des manifestations par la police est de plus en plus strict. Des journalistes et des observateurs des droits de l’homme ont même été exclus de certaines d’entre-elles. »

 

Depuis la rétrocession de Hong-Kong à la Chine, l'archipel jouit de la semi autonomie que lui accorde le modèle « un pays, deux systèmes ». Ce statut est censé lui garantir certaines libertés qui ne sont guère respectées en Chine continentale. Mais la liberté d'expression semble y être de plus en plus menacée.

 

 

Autocensure

Outre les restrictions anormalement strictes des manifestations et les récentes interpellations de journalistes, un nouveau phénomène inquiète les associations de journalistes : l'autocensure de nombreux médias.

 

« Plus de la moitié des patrons et des cadres dirigeants des médias de Hong Kong ont été absorbés par le gouvernement communiste, explique Mak Yin-ting. Cela a des répercussions sur leur manière de traiter l'information. »

 

Preuve que les Hongkongais ne sont pas dupes : une étude d'opinion réalisée en avril 2011 par l'Université d'Hong Kong révèle que près de deux-tiers des habitants de l'archipel pensent que les médias locaux hésitent à critiquer le parti communiste. Il s'agit du taux le plus élevé depuis la rétrocession de l'île à la Chine en 1997.

 

« Je ne regarde plus Pheonix TV (chaîne de télévision basée à Hong Kong) avec le même intérêt qu'il y a une dizaine d'années, remarque Jinjin, une téléspectatrice pékinoise de la chaîne. Les contenus sont moins variés, la chaîne ne fait plus preuve de la même ouverture d'esprit qu'auparavant. »

 

Donald Tsang, le chef de l'exécutif, est supposé être le garant de la loi fondamentale de la région administrative de Hong-Kong. En 2012, son fauteuil sera remis en jeu, espérons que son successeur saura préserver la liberté et l'indépendance des médias.

 

 

Source : Chine.aujourdhuilemonde.com

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Published by Milem - dans Actualitées
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