Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 12:58

L'Alliance des huit nations est une coalition de huit pays (Empire austro-hongrois, France, Empire allemand, Royaume d'Italie, Empire du Japon, Empire de Russie, Royaume-Uni et États-Unis), coalisées durant la colonisation de la Chine, qui y écrasèrent la révolte des Boxers en 1900.

 

Le contingent militaire américain était appelé « China Relief Expedition ».

 

À la fin de la campagne, le gouvernement impérial a été forcé de signer l'inégalitaire Protocole des boxers de 1901.

 

 

Déroulement de la Révolte des Boxers

La naissance du mouvement des Boxers 

 

Les Boxers est le nom donné par les Occidentaux à la secte du Yìhéquán, « Les Poings de la justice et de la concorde », plus tard appelée Yìhétuán, « Milice de la justice et de la concorde » car pour faire face aux forces de police des concessions étrangères elle entrainait ses adhérents aux arts martiaux, à la boxe chinoise tout particulièrement, et à des pratiques mystiques leur permettant — croyaient-ils — d'être invulnérables aux balles. Leur but initial était la lutte contre la dynastie mandchoue des Qing.

 

Le mouvement des Boxers, qui s'inscrit aussi dans la tradition des sociétés secrètes en Chine, est créé au début des années 1890 et semble sortir tout droit du passé de la Chine : il descend sans doute de la rébellion des Huit Trigrammes, ayant eu lieu en 1813, dû au désespoir de la masse paysanne touchée par la crise économique survenue après l'augmentation de la population.

 

La composition de ce mouvement est populaire, les membres de ce groupe étant essentiellement des ouvriers agricoles, mais au fur et à mesure s'ajoutent des bateliers, des porteurs, des artisans ruinés... Les Boxers proviennent presque uniquement de la classe basse de la société chinoise. Leur position dans leurs actions est donc plus radicale, par leur statut dans la société. De plus ce mouvement fait partie de ces sectes à caractère fortement xénophobe.

 

 

Le début d'un conflit ouvert 

Le meurtre de deux missionnaires allemands en novembre 1897 dans le Shandong, par une société secrète chinoise, fut l'un des éléments déclencheurs de la crise. Li Ping-heng, le gouverneur de la province, qui soutenait secrètement le mouvement par anti-christianisme, fut remplacé à la demande des occidentaux. Yu-Hsien, nouveau gouverneur du Shandong, s'avéra cependant soutenir également les actions contre les occidentaux et les chrétiens.

 

Cet événement amena la prise du port de Tsingtao (aujourd'hui : Qingdao) par l'Allemagne, afin de concurrencer Hong Kong et d'établir une base pour son escadre d'Asie (Ostasiengeschwader), et provoqua l'octroi de concessions par la Chine qui fut rapidement suivi par les Russes avec Port-Arthur (aujourd'hui Lüshun), les Français (avec Fort-Bayard, aujourd'hui Zhanjiang) et les Britanniques (avec Port-Edward, aujourd'hui : Wehai), poussant un peu plus les feux nationalistes et xénophobes parmi la population.

 

La révolte pouvait aussi être la conséquence d'une haine anti-réformiste. En effet l'arrivée des européens était également marquée par la naissance d'une nouvelle intelligentsia et un profond bouleversement politique. Ainsi après la défaite contre le Japon, de nombreux intellectuels avaient pris conscience du fait que le pays n'a pu se doter d'une politique de modernisation adéquate face à la montée en puissance du Japon. Les tentatives de réformes, soutenues par l'empereur Guangxu, avaient cependant été écrasées dans l'œuf avec la fin de la Réforme des Cent Jours. Le coup d'État de l'impératrice Cixi (selon l'orthographe française de l'époque: Tseu-Hi), avec la complicité de Yuan Shikai, commandant de la Nouvelle Armée, avait abouti à la mise aux arrêts de l'empereur et à une campagne d'épuration contraignant notamment Kang Youwei, dont le frère avait été exécuté, à l'exil.

 

Les Boxers sortirent de l'ombre en mars 1898, prêchant ouvertement dans les rues sous le slogan « Renversons les Qing, détruisons les étrangers ». Après un dernier accrochage avec les troupes impériales en octobre 1899, l'activité des Boxers se concentra contre les missionnaires et leurs convertis, considérés comme des agents à la solde des « diables étrangers ». Les Boxers détruisirent des lignes télégraphiques et des voies ferrées, mirent à sac les églises catholiques, tuant des missionnaires et des religieuses, et massacrant des Chinois convertis.

 

La cour impériale était divisée au sujet des Boxers. Yu-Hsien, renvoyé de son poste au Shandong sous la pression des occidentaux et remplacé par Yuan Shikai, se rendit à la cour et convainquit plusieurs membres de l'entourage de l'impératrice douairière Cixi, dont le Prince Duan, le Prince Chuang et le général Kang-i, d'apporter leur soutien au mouvement. La faction la plus conservatrice du système impérial Qing décida d'utiliser les Boxers comme une arme contre les puissances étrangères, malgré la vive opposition de Yu Lu, vice-roi du Shandong, et de Yuan Shikai.

 

En janvier 1900, un édit de l'impératrice reconnut les sociétés secrètes. A partir de mai 1900, la cour impériale organisa des groupes de Boxers en milices à Pékin. Les princes Duan et Chuang, et le général Kang-i, furent officiellement nommés à la tête des groupes de Boxers présents dans la capitale.

 

Le 7 juin 1900, des troupes de Boxers commencèrent à arriver en masse à Pékin. La sécurité de la capitale était désormais assurée par le Prince Duan et les forces armées impériales n'intervinrent donc pas pour les arrêter. Dans les jours suivants, près de 450 hommes de troupes occidentaux pénétrèrent dans la capitale chinoise pour protéger les délégations étrangères. La révolte atteignit son paroxysme : les insurgés étaient désormais soutenus ouvertement par des éléments de l'armée et changèrent leur slogan en « Soutenons les Qing, détruisons les étrangers ».

 

 

Le siège des légations occidentales de Pékin 

L'enchaînement des événements 

  •   le 2 juin, l'hostilité de la population et des Boxers est telle que l'on est obligé de mettre en place un périmètre de sécurité autour des légations ;
  •   le 10 juin 1900, le ministre japonais Sugiyama est assassiné ;
  •   le 17 juin, les troupes impériales chinoises se joignent ouvertement aux Boxers pour attaquer les légations ;
  •   le 20 juin 1900, l'assassinat du baron allemand von Ketteler cristallise l'ouverture du conflit ; le siège des légations commence.

 

 

L'atmosphère du siège 

L'atmosphère est très angoissante pour les assiégés, ils sont face à des milliers de Chinois haineux hurlant Cha ! Cha ! Cho ! Cho  « Tue ! Tue ! Brûle ! Brûle ! ». D'autant plus que les membres des légations connaissent le sort réservé aux prisonniers : ainsi le triste destin qui est celui du professeur américain Francis Hubert James, se faisant capturer sur le chemin pour rejoindre la légation britannique. Il est torturé pendant trois jours, décapité, et sa tête finit par être exposée sur l'une des portes de la cité.

 

La faim est aussi source de crainte, puisqu'à la fin du siège, les réfugiés chinois se nourrissent de racines, de feuilles et de l'écorce des arbres. Pour les soldats, c'est la peur d'un débordement qui signifierait la fin, la peur du manque de munitions face à ces Boxers persuadés que les balles sont sans effet sur eux ; par ailleurs, ils n'ont aucune nouvelle de la colonne du général Seymour, qui, lui-même en difficulté à Tien-Tsin, ne se hâte pas, sur la foi de fausses informations selon lesquelles l'ensemble des légations auraient été massacrées. Pour finir, la peur croît avec la chaleur, l'atmosphère lourde provoquée par l'humidité, l'odeur des cadavres, et la vision des nombreux incendies.

 

Le siège des légations de Pékin donne lieu à de multiples légendes. À Londres, on projette de faire célébrer, à la cathédrale Saint-Paul un service à la mémoire des assiégés, qui selon une dépêche provenant de Shanghai auraient tous été massacrés. De multiples dessins décrivaient des moments de lutte acharnée, alors qu'il n'en était rien sur le terrain.

En ce qui concerne la diffusion des événements, la Gazette de Pékin les retransmettait quotidiennement, mais les informations en étaient falsifiées.

 

 

L'Alliance des huit nations 

Article détaillé : Alliance des huit nations.

 

  •   Libération du Quartier des légations : le 20 juin 1900, le conflit entre la cour impériale et les puissances étrangères est ouvert, par l'assassinat du baron allemand von Ketteler. Dès le 10 juin cependant, un corps expéditionnaire avait été constitué, sous le commandement du vice-amiral britannique Lord Seymour, à la tête d'une petite armée de 2 100 hommes environ. Face à une forte opposition, il est contraint de se replier sur Tien-Tsin le 22 juin ; là, les Alliés résistent, sans avoir un sentiment d'urgence, car ils croient, sur de faux rapports, que tous les habitants des légations ont été massacrés. L'annonce par un messager de la survie de la colonie, et de l'urgence à leur porter secours, constitue une forte surprise. Ce n'est que le 4 ou 5 août que les Alliés peuvent se remettre en marche avec l'armée de 20 000 hommes rassemblée en hâte pour aller secourir les légations assiégées. Formée pour moitié de troupes japonaises, elle comprend des troupes issues de l'ensemble des huit nations alliées pour l'occasion (Empire du Japon, Empire allemand, Autriche-Hongrie, États-Unis, France, Royaume d'Italie, Royaume-Uni, Empire de Russie), cette force importante permet à son commandant, le général britannique Sir Alfred Gaselee, de marcher sur Pékin. Il libère la ville le 14 août, non sans avoir dû livrer plusieurs batailles majeures contre les forces chinoises : à Peitsang le 5 août, à Yang Tsun le 6 août, et enfin à Tongzhou le 12 août. Les légations sont libérées après l'épisode dit des 55 jours de Pékin.

 

  •   Massacres par les Occidentaux : Après la libération des légations, les militaires, les colons, aveuglés par la présence de corps mutilés, empaillés, de têtes placées en pyramide, et les innombrables cadavres de chinois chrétiens souillant les eaux des puits, et en état de décomposition dans les fossés, commettent les pires atrocités. Ils tuent les personnes accusées d'être Boxers par milliers, ils pillent, violent, et se font photographier sur le trône impérial.
    Un mois après la chute de la capitale impériale, l'effectif allié atteint les 100 000 hommes, dont 15 000 Français et 18 000 Allemands. Le comte allemand Alfred von Waldersee prend la direction des opérations à la mi-octobre, et organisera plusieurs opérations de « nettoyage » dans la région au cours des mois suivants. D’octobre 1900 au printemps 1901, les troupes allemandes montent plusieurs dizaines d’expéditions punitives dans l’arrière-pays durant lesquelles une violence exemplaire et unique par son ampleur se déploie. Assassinats, viols, pillages, destructions de biens frappent sans discrimination de statut, de sexe ou d'âge. Cette terreur commanditée par l’empereur Guillaume II lui-même a pour but ouvertement revendiqué d’imposer le respect aux Chinois et de prévenir toute autre révolte.

 

  •   Signature du Protocole de paix : Les conséquences de ce drame sur la Chine peuvent être présentées comme l'agonie d'un vieux monde. Toute la population a soutenu ce mouvement, et lorsque l'impératrice douairière fuit son refuge de la cité interdite, elle garde toujours la faveur populaire. Elle fuit en s'habillant en paysanne, suivie de ses sujets dans trois chariots, en devant traverser la « porte de la victoire ». Elle se réfugie à Sianfu, la capitale du Shensi le 28 octobre 1900. Le 1er février 1901, les autorités chinoises acceptent de dissoudre la Société des Boxers. Afin d'apaiser les puissances étrangères, l'impératrice Cixi donne l'ordre aux troupes impériales de participer à la répression des Boxers. L'Alliance propose un protocole de paix humiliant, signé à Pékin le 7 septembre 1901.

 

  • Les principales clauses prévoyaient : le paiement d'une indemnité de 67,5 millions de livres sterling pendant 39 ans, deux « missions de repentance », l'une envers l'Allemagne à cause du meurtre du baron von Ketteler, et l'autre envers le Japon à cause du meurtre du ministre Sugiyama, l'exécution ou le bannissement d'un certain nombre de « responsables » chinois, l'interdiction d'importer des armes, la destruction des forts de Taku, l'expansion des légations, et l'occupation militaire d'un certain nombre de zones.

 

 

BoxerTroops.jpg

 

 

Sources :

Alliance des huit nations [Wikipedia Fr]

Revolte des Boxers [Wikipedia Fr]

Partager cet article

Repost 0
Published by Milem - dans Histoires
commenter cet article

commentaires

Ma Playlist

Rechercher

Ma Playlist 2

Pages