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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 18:47

Histoire

 

Jusqu'en 1810, très peu de sociétés civiles semblent avoir criminalisé l’adultère masculin, la femme étant traditionnellement considérée comme une ressource et le mariage, un échange de propriété contracté entre hommes (cf. Claude Lévi-Strauss).

Sur le plan religieux en revanche, l'adultère est condamné dans le judaïsme, le christianisme et l'islam.

 

Le Code d'Hammurabi condamne la femme adultérine à la noyade.

 

L'adultère masculin et féminin est condamné dans le judaïsme, « Mais si le fait est vrai, si la jeune femme ne s’est point trouvée vierge, on fera sortir la jeune femme à l’entrée de la maison de son père ; elle sera lapidée par les gens de la ville, et elle mourra [...] Si l’on trouve un homme couché avec une femme mariée, ils mourront tous deux, l’homme qui a couché avec la femme, et la femme aussi [...] Si une jeune fille vierge est fiancée, et qu’un homme la rencontre dans la ville et couche avec elle, vous les amènerez tous deux à la porte de la ville, vous les lapiderez, et ils mourront, la jeune fille pour n’avoir pas crié dans la ville, et l’homme pour avoir déshonoré la femme de son prochain. » Dt 22. 20-24.

Dans le christianisme, l'adultère est tout aussi condamné formellement dans le Nouveau Testament, tout en affirmant le pardon de Dieu en cas de repentance dans l'épisode de la femme adultère (Jn 8,2-11).

 

Depuis la fin du Moyen Âge, l'État royal récupère à son profit toutes les causes matrimoniales et impose une législation inégalitaire pour la femme adultérine (jusqu'à la loi Naquet sur le divorce pour faute en 1884 et la dépénalisation totale en 1975 en France) : la peine de « l’authentique » consiste à l'enfermer dans un couvent après lui avoir fait subir certains châtiments (crâne rasé, fouet jusqu'au XVIIe siècle). La Révolution française constitue à cet égard une parenthèse puisqu'elle en dépénalise l'adultère.

 

 

Les dernières lois Française

L'adultère est une violation du devoir de fidélité lié au mariage. Dans ce sens, il n'existe pas d'adultère dans les relations de couple sans mariage officiel, la violation du devoir de fidélité dans les unions libres ou dans les PACS est désignée généralement par le nom d'infidélité.

 

Jusqu'à juillet 1975, l'adultère était considéré comme un délit en France, seul l’adultère de l'épouse était répréhensible, avec une punition pouvant aller jusqu'à deux ans de prison. Le mari avait le pouvoir de stopper cette condamnation en consentant à reprendre sa femme, à pardonner à la fautive sa faute.

 

L'ancien code pénal était plus sévère, l'adultère était considéré comme une circonstance atténuante de la responsabilité de l'épouse dans l'agression ou même l'assassinat de sa femme et de son amant surpris en flagrant délit. L'amant était puni lorsqu'il avait profité de l'absence du mari surtout dans le cas d'un mari parti à la guerre. Ces codes reflétaient l'esprit de l'époque et la culture dominante, le mari infidèle n'y courait aucune sanction pénale, une amende d'un faible montant se permettait d'installer sa maîtresse au sein du domicile conjugal.

 

 

L’adultère n’est plus une faute pénale depuis 1975, mais demeure une faute civile. Il reste cependant la première cause de divorce au titre de l'article 212 du Code civil français qui dispose que « les époux se doivent mutuellement fidélité ». Le divorce sera prononcé lorsque l'infidélité de l'un des conjoints devient une violation grave ou renouvelée des devoirs et obligations du mariage, et rendant intolérable le maintien de la vie commune.

 

Il faut noter également que jusqu'en 1975, le droit français faisait une discrimination vis-à-vis des enfants nés d'une relation adultérine : ces enfants (considérés jusquʼici comme « enfants naturels » au même titre que ceux conçus hors mariage) nʼavaient pas les mêmes droits que les enfants nés dʼune liaison légitime (dits « enfants légitimes »). Ainsi les droits de lʼenfant étant considérés comme n'ayant pas à tenir compte de la situation légale de ses parents géniteurs, le législateur français a donné les mêmes droits à tous les enfants, et supprimé depuis toute notion d’« enfant adultérin » dans le Code Civil, après lʼordonnance du 4 juillet 2005. Les droits de l'autre parent légitime se trouvent ainsi diminués à la succession du parent adultère.

 

Sources :

- Petite Larousse de la sexualité, de 2007

Pathol08.com

Wikipedia (Fr)

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Published by Milem - dans Histoires
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commentaires

Gabby 15/12/2011 17:05

Très très bon article sur le sujet, complet en tous points. Bravo. Une clef pour mieux comprendre le phénomène.

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