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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 18:15

* QUELQUES REPERES HISTORIQUES :

 
« Sarajevo, 28 juin 1914 : l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand déclenche la première guerre mondiale, opposant d’un côté les pays de l’« Entente » (France, Russie, Grande-Bretagne, Belgique et Serbie) et, de l’autre, l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie.

 

 

En France, la mobilisation générale […] va enlever des millions d’hommes de leurs foyers et vider les usines de leurs ouvriers. En conséquence, le besoin de main-d’œuvre se fait très rapidement sentir dans tous les secteurs de l’activité économique française, en particulier dans le secteur de l’industrie métallurgique. […] Dans un conflit de [si] grande envergure, il est impératif de créer des usines d’armement et de relancer l’économie nationale. Inévitablement, il faut faire appel aux travailleurs coloniaux et étrangers. Or depuis la moitié du XIXe siècle, les puissances coloniales considèrent la Chine comme un vaste réservoir de main d’œuvre.

Au début de 1915, les autorités françaises entament donc des négociations avec le gouvernement chinois pour utiliser des travailleurs chinois afin de soutenir l’effort de la guerre [et] le 14 mai 1916 des accords sont signés pour le recrutement de la main d’œuvre chinoise. […] La première clause du contrat énonce que le travailleur chinois ne doit être destiné à aucune sorte d’opération militaire. […]

Durant la première guerre mondiale, la Grande-Bretagne, pays allié où le service militaire n’est pas obligatoire, envoie un corps expéditionnaire dans le nord de la France. Ce corps militaire avait besoin de main d’œuvre pour exécuter des travaux de terrassement, de réfection des routes, et des chemins de fer et construire des baraquements. Le 5 octobre 1916, le gouvernement britannique, à l’instar de son homologue français, décide donc de recruter des travailleurs chinois dans les concessions territoriales en Chine. [A l’instar de la France, la Grand-Bretagne également statue que pour les Chinois recrutés], […] toute opération militaire est naturellement interdite. […]
Entre 1916 et 1918, l’Angleterre recrute ainsi plus de 100 000 travailleurs chinois et la France près de 38 000, dont 10 000 sont mis à la disposition du corps expéditionnaire américain vers la fin de la guerre (février 1918). Après l’armistice, les travailleurs seront rapatriés dans leur pays, à l’exception de 3 000 d’entre eux (chiffre officiel), qui ont constitué la première vague d’immigration chinoise en France.

 


Venus en France pour occuper des emplois dans l’industrie et l’agriculture, les Chinois sont en fait employés à toutes sortes de tâches, aussi bien la construction de dépôts de munitions ou de lignes de chemin de fer qu’à la réfection des routes, des maisons détruites, ou encore le nettoyage des champs de bataille. Ils travaillent également dans les villes portuaires au chargement et déchargement des navires. D’autres sont employés dans les manufactures d’armes et de munitions, dans les chantiers navales ainsi que dans les constructions mécaniques ou aéronautiques. Certains de ceux qui sont au service de l’armée britannique creusent des tranchés pour les soldats, ce qui constitue une violation de leur contrat de travail. Au lendemain de la guerre, des travailleurs constitués en unités sont encore employés au déminage des champs de bataille, ou encore l’exhumation et à l’ensevelissement des soldats tués pendant les combats. […]
Selon les officiels britanniques, quelque 2000 ouvriers chinois engagés par leur corps expéditionnaire sont tombés au cours des hostilités, tandis que les autorités militaires françaises ont recensé plus d’un millier de travailleurs morts dans leurs rangs. Les bombardements navals et aériens, les mauvais traitements, le surmenage au travail et les maladies (tuberculose, rougeole, méningite cérébro-spinale, épidémies de grippe, dysenterie…) sont les principales causes de décès. Plusieurs années après la fin du conflit mondial, la commission impériale britannique des sépultures de guerre a fait construire des cimetières en hommage aux soldats et aux travailleurs morts pendant la guerre. Elle a adopté une résolution selon laquelle les victimes de guerre doivent reposer sur le sol où elles avaient été ensevelies, près de l’endroit de leur première bataille. C’est ainsi que des travailleurs chinois sont enterrés dans des cimetières militaires britanniques en France et en Belgique ou dans les cimetières communaux français ».
(Passage tiré de « Ils étaient 140 000… », chap. 2 de l’ouvrage : Chinois de France : un siècle de présences de 1900 à nos jours, texte du catalogue de l’exposition par Live Yu-Sion, [Vitry sur Seine] : Ed. Mémoire Collective, 1994, BM de Lyon, Fonds chinois, s.c.).

 


* LIEUX DE GARNISON
« Le grand champ de travail de ces travailleurs se trouvait dans la Flandre, le Pas-de-Calais et la Somme, formant ainsi un triangle limité à l’Ouest par la Manche, au Sud par la Somme, et à l’Est par le front de 1917, ligne de défense des alliés , partant du Nord de Dunkerque, traversant la région Ouest de Lille et se terminant au Nord de Soissons.
Noyelles, située à l’embouchure de la Somme, était le grand quartier général des volontaires chinois. […] Voici les villes françaises et belges, dans la zone des Armées, où les contingents de volontaires chinois ont tenu garnison :
1° Les villes où ces Chinois ont travaillé plus de trois ans d’une façon ininterrompue sont : Dunkerque, Calais, Audruiq, Boulogne, Tournehem, Noyelles, Dieppe, etc. ;
2° D’autres localités que ces travailleurs ont fréquentées pendant une période plus ou moins longue sont également à mentionner, telles que : Proven, Poperinghe, Wimereux, Dannes, Etaples, Erin, Houdain, Crécy, Abbeville, Saibneville, Ham, Nesle, La lacque, Verguin, Jenghem, Busseboom, etc.
Il est à remarquer que les localités ci-dessus entraient surtout dans la zone des Armées anglaises. »
(Passage tiré de : Les travailleurs chinois et la grande guerre, par P. Wou [Wu Benzhong 吴本中], p. 20-21).

 


* CIMETIERES
Le cimetière de Nolette à Noyelles-sur-Mer (Somme) est le plus grand d’Europe, il comprend plus de 800 tombes de travailleurs chinois.
Un deuxième cimetière a été bâti par les Anglais et se trouve au sein du cimetière communal de Saint-Etienne-au-Mont, au sud de la ville de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais). Les dépouilles de cent soixante-trois travailleurs chinois y sont inhumées (à côté de celles de trois matelots chinois de la marine marchande et cinq hommes du Corps de travailleurs indigènes sud-africains).
Pour une liste des lieux de sépulture en France, cf. les références ci-dessous.

 

Sources : 

150 000 Chinois en France dans la Grande Guerre.

* La diaspora chinoise en France : immigration, activités socio-économiques, pratiques socio-culturelles par Yu-Sion Live (en particulier le chapitre II : Introduction des travailleurs chinois pendant la grande guerre, p. 81-135).
* The Chinese Labour Corps in France 1917-1921, par Brian C. Fawcett, Journal of the Hong Kong Branch of the Royal Asiatic Society, vol. 40, 2000, [79] p. (Cf. Appendix E pour une liste détaillée de la Commonwealth War Graves Commission [= Commission des Sépultures de guerre du Commonwealth] sur les cimetières de guerre. Cette liste porte également le lieux et le nombre des tombes où ont été inhumées les dépouilles des travailleurs chinois dans différents pays : en Belgique, Canada, Égypte, France, Hong Kong, Italie, Singapore, Royaume-Uni).
* The Chinese Labour Corps in the First World War labourers buried in France, Journal of the Hong Kong Branch of the Royal Asiatic Society, vol. 29 (1989), [1] p.
* First World War Labour Corps Cemeteries in Flanders, par B. C.Fawcett, Journal of Hong Kong Branch of the Royal Asiatic Society, vol. 38, 1999, [4] p.
* China on the Western front : Britain's Chinese work force in the First World War, par Michael Summerskill, London : M. Summerskill, 1982, 236 p.
* Le cimetière chinois de Noyelles sur Mer (Somme) Avec un ajout sur le cimetière chinois de Saint Etienne au Mont (62) (21 septembre 2005), par Georges Charles.
* Cimetière chinois de Nolette.
* Cimetières militaires Pas-de-Calais.
* Ce site réalisé par l’école Jaurès-Curie de Sains-en-Goehelle, portant sur les travailleurs chinois et leurs sépultures.
* Le Guide de visite des Champs de Bataille de la Somme, par le Comité du tourisme de la Somme.

 

Source : Corps de travailleurs chinois [Wikipedia Fr]

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Published by Milem - dans Histoires
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