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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 10:50

On vous prête une blouse et on vous dit qu'elle vient d'un médecin. Enfilez-la. Il y a de fortes chances que vous allez automatiquement porter davantage attention à ce qui vous entoure. Si on vous dit au lieu de cela que la blouse appartient à un peintre, cet effet s'évanouit ! L'effet n'intervient que si vous portez le vêtement et que vous connaissez sa signification symbolique. Nous ne pensons pas uniquement avec notre cerveau, mais également avec notre corps. Cette réflexion se fonde sur les expériences physiques qui sont associées à des concepts abstraits.

 

On sait déjà que se laver les mains permet aussi de se laver la conscience. On sait également, grâce à la théorie de l' « amorçage » (priming en anglais) que, si vous portez dans vos mains une boisson chaude, vous êtes davantage susceptible de penser du bien de la personne que vous rencontrez pour la première fois (et l'inverse avec un thé glacé...).

 

Pour en revenir aux vêtements, les femmes qui s'habillent de manière plus masculine lors d'un entretien d'embauche sont plus susceptibles d'être embauchées. Si un professeur s'habille de manière formelle, il sera perçu comme plus intelligent que lorsqu'il s'habille de manière décontractée.


La question qui devait être creusée était de savoir si les vêtements ont un impact sur les processus psychologiques. Si vous vous habillez d'une certaine manière, est-ce que cela modifie votre approche et votre manière d'interagir avec le monde qui vous entoure ? Des expériences avec des étudiants ont donc montré que porter une blouse blanche plutôt que des vêtements de tous les jours permet de diminuer de beaucoup (50 % lors d'une expérience) les erreurs d'attention de repérage d'incongruités lors de tests.

Il reste à déterminer si cet effet perdure dans le temps. Gardez-vous cette même attitude en portant la blouse tous les jours ?

 

 

Source : Sur-la-toile.com

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 18:11

L'essence synthétique est un mélange d'hydrocarbures non dérivés du pétrole, mais obtenus à partir d'une autre source telle que la houille ou le lignite.

 

L’essence synthétique a été produite à grande échelle pour la première fois pendant la Seconde Guerre mondiale par l'industrie chimique allemande afin d'approvisionner la Wehrmacht qui manquait de pétrole. Les territoires conquis par le Troisième Reich n'étaient en effet pas gros producteurs de pétrole (en dehors de la Galicie et de la Roumanie), et la guerre empêchait l'Allemagne d'acheter du pétrole aux pays producteurs de l'époque après 1940.

 

Par ailleurs, les véhicules essentiels pour la Blitzkrieg en étaient gros consommateurs.

 

 

Diesel-vs-conventional-diesel.jpg

Comparaison du diesel synthétique, obtenu par le procédé Fischer-Tropsch, et du diesel no 2, obtenu à partir de pétrole. L'essence synthétique est plus transparente, car moins chargé en soufre et en composés aromatiques.

 

 

Histoire 

Avant 1939 

Divers procédés de Liquéfaction du charbon ont été élaborés avant la Seconde Guerre mondiale : Eugène Houdry, en France, fabrique de l'essence à partir de lignite (années 1920), mais le procédé est trop coûteux, et abandonné en 1930.

 

En 1920, deux chimistes allemands, Fischer et Tropsch parviennent à liquéfier un gaz synthétique produit à partir du charbon.

 

Un autre procédé mis au point par Friedrich Bergius est appelé « liquéfaction directe ». Il consiste à faire réagir de l'hydrogène avec du charbon et des goudrons à une température de 450 degrés, sous une pression de 200 atmosphères, en présence d'un catalyseur.

 

 

L'essor dû à la Seconde Guerre mondiale 

Ce sont les impératifs militaires allemands qui forcent à l'usage d'essence synthétique. De nombreuses usines en fabriquent, avec des rendements variables. Certaines sont situées dans les camps de concentration (On notera par exemple que la Pologne conservera quelque temps une unité d'essai à Auschwitz). La principale usine de production d'essence synthétique était située sur le site industriel de Blechhammer.

 

Suite à la défaite nazie, les données et rapports techniques relatifs ont été récupérés par la Technical Oil Mission (TOM) anglo-américaine. L'abandon du procédé Fischer-Tropsch pour la fabrication de carburant s'imposa par la suite après la découverte des champs pétrolifères d'Arabie Saoudite : la voie synthétique ne représentait plus une alternative rentable vis-à-vis du pétrole.

 

Cependant, dans les années 1950, l'Afrique du Sud développa une importante industrie de produits pétroliers synthétiques. Elle y fut contrainte par deux facteurs : l'apartheid, qui causait un blocus des produits pétroliers, puis, bien plus tard, par l'arrêt des livraisons en provenance de l'Iran. L'Iran était en effet le seul fournisseur de pétrole de l'Afrique du Sud, jusqu'à la révolution qui renversa le régime du Shah.

 

 

Source : Wikipedia - Essence synthétique [Fr]

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 17:12

Bien qu'ayant d'emblée opté pour une doctrine militaire résolument offensive, les autorités militaires allemandes - à l'inverse de ce qui se fit en Grande-Bretagne et aux États-Unis - n'accordèrent qu'une attention toute relative aux projets de bombardiers stratégiques à long rayon d'action, favorisant plutôt ceux à moyen rayon - Heinkel He 111, Junkers Ju 88 et variantes ou Dornier Do 17 et variantes - opérant à partir des bases excentriques du Reich et des aérodromes des pays occupés.

 

Le premier appareil « long rayon » mis en service fut en fait une airliner civil militarisé, le Focke-Wulf Fw 200 Condor, affecté à des missions maritimes lointaines. Son successeur désigné, le Heinkel He 177 Greif (Griffon), affligé de vices cachés et de problèmes techniques récurrents et endémiques, ne connut qu'une carrière discrète, sa propension fatale à s'enflammer lui même, ayant valu le sobriquet de « fliegende Feuerzeug » - le briquet volant - et les quelques rares raids sur Londres - missions Steinbock - auxquels il prit part relevant quasiment de la péripétie.

 

Bien que deux prototypes aient été construits dès 1942, l'ambitieux et remarquable quadrimoteur Messerschmitt Me 264 - l'authentique Amerika Bomber - n'entra jamais en production, les deux exemplaires existants étant réservés pour une éventuelle fuite de Hitler au Japon. Les projets Junkers et Dornier restèrent également au stade expérimental de prototypes et de bancs d'essai de systèmes d'armes et autre ingénierie aéronautique.

 

Les développements heureux de la propulsion à réaction allemande et la vindicte exaspérée de Hitler, bien décidé à frapper Londres, Moscou et New York (Ville que Hitler croyait être la capitale des États-Unis) relancèrent - mais bien trop tardivement - ces projets, Joseph Goebbels promettant aux Américains - mais surtout au peuple allemand - un nouveau Blitz digne de celui qui frappa Londres en 1940, en représailles aux bombardements des villes allemandes.

 

Ce soudain regain d'intérêt des dirigeants politiques du Reich pour le bombardement stratégique permit dès lors un développement poussé du programme Arado Ar 234 Blitz (programme pourtant lancé dès 1941), les premiers appareils montant en ligne lors de l'offensive des Ardennes fin 1944. Sa vitesse de Mach 0,8, son plafond de 10 000 m et son rayon d'action de 1 500 km devaient lui permettre en théorie de bombarder Londres impunément.

Dans la réalité, son rôle se réduisit essentiellement à vainement tenter d'enrayer le progression alliée à l'Ouest par des bombardements défensifs - le plus célèbre d'entre-eux étant celui contre le pont de Remagen en mars 1945. À l'approche de la fin des hostilités, neuf appareils basés dans le nord de l'Allemagne tentèrent encore quelques raids tout à fait symboliques et à seule fin de propagande contre Londres.

 

Parallèlement, d'autres projets dormant depuis le début de la guerre furent relancés dans l'intention bien vaine de donner corps à cette propagande vantant une prochaine victoire grâce aux Wunderwaffen. C'est ainsi que les progammes Junkers (Junkers Ju 388, Junkers Ju 488) ou Dornier 317 connurent un semblant de relance tout aussi illusoire que tardive.

 

Mais le plus extraordinaire resta sans conteste le projet de bombardier stratosphérique Arado Ar-E 555 qui en théorie aurait dû franchir l'Atlantique, bombarder les États-Unis tout en les traversant et atterrir au Japon pour se réapprovisionner, en faisant ensuite le voyage de retour par dessus l'URSS à très haute altitude, hors de portée des faucons de Staline !

 

 

Arado-Ar-E-555.jpg

Arado Ar-E 555

 

 

Source : Wikipedia - Armes secrètes allemandes [Fr]

 

Autres sujets similaires :

Wikipedia - Horten Ho 229 [Fr]

Wikipedia - Messerschmitt Me 163 [Fr]

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 15:18

Landkreuzer P. 1000 Ratte

Le Landkreuzer P. 1000 Ratte aurait dû voir le jour sous la forme d'un véhicule automobile à chenilles d'une masse de 1 000 tonnes et équipé d'une tourelle bi-tube mais il ne dépassa évidemment jamais le stade de la planche à dessin.

 

Le 23 juin 1942, Grote, un des directeurs et ingénieurs du ministère de l'armement responsable de la production des U-Booten, en collaboration avec le Dr. Hacker, suggéra l'élaboration d'un char d'assaut d'une masse de 1 000 tonnes. Adolf Hitler lui-même manifesta son intérêt pour ce projet et permit à Krupp de se lancer dans cette direction. Le projet fut désigné par Krupp : P. 1000 Ratte (en allemand, litt : rat). Ce « croiseur terrestre » aurait dû faire 35 mètres de long, 14 mètres de large et 11 mètres de haut. Il aurait été équipé, de chaque côté, de trois chenilles de 1,2 m de largeur, semblables à celles utilisées pour les engins excavateurs des mines de charbon.

 

Il était prévu d'équiper le P 1000 de deux moteurs MAN V12Z32/44 24 cylindres, des moteurs diesel de navires affichant une puissance totale de 17 000 chevaux (2 x 8 500 chevaux) ou de huit Daimler-Benz MB501 20 cylindres, moteurs de même type avec une puissance totale de 16 000 chevaux (8 x 2 000 chevaux). Selon les calculs, ces groupes motopropulseurs auraient permis au P. 1000 de se déplacer à la vitesse maximale de 40 km/h.

 

Le P. 1000 aurait également reçu une variété d'armes telles que deux canons de 280 mm, arme utilisée dans la marine sur le Scharnhorst et le Gneisenau, montés dans une tourelle mobile aux dimensions similaires à celle des navires de guerre, et un canon de 128 mm (identique à celui du Jagdtiger), huit canons de 20 mm Flak 38 et deux canons Mauser MG 151/15 de 15 mm pour sa défense rapprochée et antiaérienne.

 

 

Landkreuzer-P.-1000-Ratte.jpg

 

 

landkreuzer-p-1000-ratte-tank.jpg

Montage (source : national geographic)

 

 

P1000.png

Le P1000 comparé au projet Maus et au char Tigre.

 

 

Landkreuzer P. 1500 Monster 

Commandé par le ministère de l'armement en décembre 1942 et devant peser 1 500 tonnes et mesurer 42 m sur 18 m, le Landkreuze P. 1500 Monster aurait dû pour sa part servir de plate-forme automotrice au canon Dora de 800 mm. Son équipage d'une centaine de personnes aurait pu aussi utiliser les deux obusiers de 150 mm ou les nombreuses mitrailleuses. Sa propulsion aurait dû être assurée par 4 moteurs de sous-marins développant 2 200 chevaux.

 

 

Landkreuzer-P.-1500-Monster.jpg

 

 

Des monstres morts-nés 

Le projet Landkreuzer fut finalement abandonné après que le général Heinz Guderian, spécialiste des chars, eut fort prosaïquement fait remarquer qu'aucune route et aucun pont n'auraient supporté le poids de ces engins. Un autre problème est qu'ils auraient également constitué une cible facile et de choix lors d'une attaque aérienne.

 

 

Sources :

Wikipedia - Landkreuzer Projekt [Fr]

Wikipedia - Landkreuzer P. 1000 Ratte [En]

Wikipedia - Landkreuzer P. 1500 Monster [En]

 

Voir aussi :

Dora et Schwerer Gustav ("Gustave le lourd") - Le plus lourd et plus gros canon jamais construit

"Atlantropa" le projet d’assécher la méditerrannée, le niveau aurait diminué de 20 %

Napoléon Bonaparte a perdu aux échecs face au “Turc”, un joueur automate entièrement mécanisé et 100% canular

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 14:41

Histoire 

En 1939, une commande fut passée par la Wehrmacht pour créer une arme capable de venir à bout des places fortes. Le résultat fut le mortier "Karlgerät" qui vit le jour à six exemplaires.


Ce monstre de 132 tonnes, chargé et nécessitant 107 hommes pour sa mise en opération dont 4 pour le déplacer, allait être capable de démolir 2.5 mètres d'épaisseur de ciment et 45 cm de blindage d'acier.

 

Ne pouvant voyager qu'à 5 km/h, il devra être monté sur deux chariots ferroviaires, un à l'avant et l'autre à l'arrière tout comme le canon "Léopold" pour franchir les grandes distances. Ce n'est qu'à destination qu'il pourra se déplacer par ses propres moyens.

 

Dans ses manœuvres de tirs, il doit être accompagné par un transporteur de munitions munis d'un cric capable de charger les projectiles de 2,2 tonnes qu'il utilise. Ce travail sera confié à un châssis de Panzer IV modifié pour cette fonction.

 

 

Versions 

Il y a 2 types de mortiers : le Mörser Gerät 040 de 600mm et le Mörser Gerät 041 de 540mm. Les deux armes tiraient des projectiles conçus pour pénétrer le béton. La portée du Gerät 040 était de 6800 m et celle du Gerät 041 de 10500 m. Les obus pouvaient pénétrer entre 2.50m et 3.20 m de béton armé avant d'exploser très violemment.

 

 

Engagements 

Les Karl arrivèrent trop tard pour la ligne Maginot qui était tombée avec le reste de la France en 1940. Le premier véritable baptême du feu de ces engins fut lors du siège de Sébastopol, qui correspondait tout à fait à leur rôle. Après l’issue victorieuse de ce siège, la plupart des mortiers Karl furent engagés lors de l’insurrection de Varsovie pour démolir le centre ville et écraser les tireurs embusqués dans les sous sols.

 

 

Véhicules survivants 

Un seul Karl a survécu à la guerre, il se trouve au musée de Kubinka en Russie.

 

 

Karl-mortier-automotrice.jpg

 

 

Karl-mortier.jpg

Le mortier Karl 041 en action sur le front est en 1944. Le magasin de munitions se trouve à l'extrême droite. Ces mortiers comportent un tube de 540 mm.

 

 

Source : Wikipedia - Mortier Karl [Fr]

 

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Dora et Schwerer Gustav ("Gustave le lourd") - Le plus lourd et plus gros canon jamais construit

Little David, le plus gros mortier de l'histoire par son calibre

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 14:06

Dora et Schwerer Gustav (Gros Gustav) sont les noms de deux canons de très gros calibre, montés sur rails, employés par la Wehrmacht durant la Seconde Guerre mondiale.

Faisant suite aux canons géants expérimentés lors de la Première Guerre mondiale, ils ont été développés et fabriqués par Krupp AG durant les années 1936-1941 sous le nom officiel de 80 cm Kanone (E) Schwerer Gustav .

 

Quelques données techniques :

  • -1350 tonnes
  • -11,6m de haut, 43m de long
  • -Calibre : 800mm
  • -Portée : 37km
  • -Cadence de tir observée : 14 par jour (ou 2 par heure)
  • -Servants : 500 hommes
  • -Durée de vie de l'âme du canon : 300 coups environ

 

Historique 

Dans les années 1930, la France construisit la ligne Maginot, pour se protéger d'une invasion de l'Allemagne nazie. Le cuirassement des ouvrages de cette ligne était prévu pour résister à des impacts directs d'obus les plus puissants de la Première Guerre mondiale, de type grosse Bertha, qui pesaient près d'une tonne (calibre 420 mm). Hitler demanda à Krupp de développer un canon capable de venir à bout de ces fortifications. Trois projets furent menés, avec des calibres de 600, 800 et 1 000 mm.


En 1937 commença le développement de l'arme de 800 mm, nommée Schwerer Gustav (Gustave le lourd, en hommage au directeur de la firme) dont deux exemplaires furent commandés. Le premier, livré en 1941, fut baptisé Dora (prénom de la fille aînée de son concepteur).


À ce moment la ligne Maginot était aux mains des nazis, les forts belges de Liège avaient été vaincus et l'assaut contre Gibraltar reporté sine die après le refus de Franco. Les canons se trouvèrent sans cibles potentielles. C'est le déclenchement de l'opération Barbarossa, l'invasion de l'URSS, et surtout la volonté du dictateur de pousser vers le Caucase, qui lui donneront la forteresse de Sébastopol pour cible. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, Dora ne fut jamais utilisé, mais Gustav, lui, fut utilisé. Il a été acheminé en pièces détachées, il n'a tiré que 48 projectiles en juillet 1942, qui détruisirent un dépôt de munitions russes abrité sous 30 mètres de rochers et plusieurs forts soviétiques.

 

 

Dora--canon-.jpg

 

 

Dora-et-Schwerer-Gustav--Gustave-le-lourd-.JPG

Maquette de Dora (Cliquer ici pour agrandir)

 

 

Dora-echelle-humaine-Canon.png

Silhouette comparée du canon allemand Dora avec un lance-missile sol-mer soviétique Scarab contemporain - à puissance égale

 

 

Source : Wikipedia - Dora (Canon) [Fr]

 

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 12:58

Little David, le plus gros mortier de l'histoire, avec son calibre de 914mm :

 

 

plus-gros-mortier--au-monde.jpg

 

 

Little-david.jpg

 

 

Les forces américaines se heurtait à de très fortes fortifications pendant l'invasion du Japon. Lorsque le Japon a capitulé, l'invasion est devenu inutile et Little David n'a donc jamais été utilisé au combat. Son efficacité ultime été discutable à cause de sa portée limitée et sa précision, les essais montrèrent la faiblesse de sa précision.


 

Source : Wikipedia - Little David (En)

 

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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 22:06

Le V1 (de l'allemand Vergeltungswaffe : « arme de représailles ») est une bombe volante et le premier missile de croisière de l'histoire de l'aéronautique. Utilisée du 13 juin 1944 au 29 mars 1945 par l'Allemagne nazie contre le Royaume-Uni durant la Seconde Guerre mondiale, le V1 est remplacé plus tard par le V2.

 

Le but du V1 et plus tard du V2, n'est pas tant de causer des dégâts à l'armée britannique que de saper le moral des insulaires, de ralentir leur production industrielle et de se venger des bombardements alliés.

 

Ces armes ne réussirent pas à briser la volonté britannique de résister.

 

 

Histoire 

Le V1 ou Fieseler Fi 103 est conçu principalement sous la désignation FZG 76 (de l'allemand Flak Ziel Gerät 76) par Robert Lusser de la société Fieseler, et par Fritz Gosslau de la société Argus.

 

En juillet 1944, un avion de la RAF parvient à se poser sur un terrain de Pologne, à embarquer un V1 intact fourni par l'Armia Krajowa (la résistance polonaise) au prix d’efforts extraordinaires et à le ramener en Angleterre.

Les experts constatent alors que l’engin correspond aux descriptions faites en 1942. Jusque fin 1943, les services britanniques et américains estiment que ce type d'armes ne peut pas exister, même au 10 juin 1944 les sceptiques n’avaient pas désarmé.

À partir du printemps 1944, une version pilotée du V1 appelé V-4 est projetée et des exemplaires modifiés conçus et testés, notamment par Hanna Reitsch. Répondant au nom de code Reichenberg, aucun de ces prototypes n'est utilisé pour le combat. Dans cette version, le pilote doit amener le V1 sur l'objectif et sauter en parachute à environ 1 000 m de l'impact. En raison du peu de temps pour effectuer l'éjection, qui est entièrement manuelle à l'époque, ce type de mission s'apparente à un suicide. Une version biplace a même été prévue pour l'entraînement des pilotes ! L'atterrissage était prévu avec un ski placé sous le fuselage.

 

En février 1944 les réseaux de renseignement comme le réseau Marco Polo avertissent Londres que les Allemands ont réalisé des essais concluants de V1 aéroportés, lancé d'un avion. Le bombardier Heinkel est adopté pour le lancement de ce type de V1. Ces appareils ont leur base aux Pays-Bas et les V1 qu'ils lancent évitent le barrage de DCA. Ils continuent leurs actions meurtrières jusqu'en 1945. La dernière bombe tombe sur le village de Datchworth le 29 mars 1945.

 

 

Présentation

Le moteur est un pulsoréacteur (réacteur très simple et bruyant) attaché au corps par deux mâts. Le fuselage contient la charge explosive, le carburant et une centrale à inertie assurant un guidage sommaire. Le tout est muni de petites ailes et d'un empennage stabilisateur assurant une gouverne de profondeur. Une gouverne de lacet est placée sur l'axe de fixation arrière du réacteur.

 

L'engin peut être catapulté sur une rampe (après allumage du pulsoréacteur à l'aide d'un brûleur à gaz), ou largué depuis un avion porteur (des bombardiers Heinkel He 111 sont modifiés à cet effet). Après quoi la bombe est livrée à elle-même. Le point de chute est approximativement déterminé par un compteur à vis primitif entraîné par une petite hélice, et qui, réglé avant le départ, sectionne le câble du gouvernail de profondeur. Deux explosifs légers provoquent la sortie de deux petits aérofreins sur le dessous et de chaque côté de la gouverne de profondeur, déclenchant la mise en piqué. Le brusque changement d'attitude entraîne généralement l'arrêt du moteur, et les populations survolées écoutaient donc avec angoisse le bruit particulier du pulsoréacteur en redoutant le moment où le bruit caractéristique s'arrêterait, marquant ainsi la plongée du missile vers le sol.

 

 

Autres caractéristiques 

  • -Carburant : 500 kg d'essence
  • -Vitesse : 700 km/h
  • -Charge explosive : 847.11 kg d’explosif
  • -Charge secondaire : 23 bombes à fragmentation de 1 kg chacune et des tracts de propagande

 

 

Lancement et contre-mesures

Environ 35 000 V1 sont construits, dont la moitié seront détruits au sol par bombardement.

Le lancement s'effectue principalement à partir de longues rampes. Les services secrets alliés n'ont pas tardé à repérer leur disposition en arc de cercle autour de leur cible, Londres et ses alentours, grâce aux informations fournies par le réseau AGIR, dirigé par Michel Hollard.

 

Au total, environ 9 250 sont lancés ainsi et approximativement 6 550 sont largués d'avions sur les conurbations du centre de l'Angleterre et sur Londres, mais aussi sur Anvers, Liège et quelques-uns sur Paris, après leur libération par les Alliés. Beaucoup se sont simplement égarés et sont tombés au hasard. Le documentaire Apocalypse, la 2e Guerre mondiale précise que la campagne aurait causé 25 000 morts.

 

Ses caractéristiques (vol rectiligne à vitesse constante) permettent aux chasseurs alliés et à la DCA d'abattre environ la moitié des engins lancés contre le Royaume-Uni.

 

Les chasseurs les plus efficaces sont les Hawker Tempest, avec 638 engins abattus ; puis les Mosquitos, avec 428 ; les Spitfires, 303 ; les P-51 Mustangs, 232 et les Meteors à réaction (encore au stade expérimental à ce moment-là), 13 ou 14.

La centrale inertielle du V1 ne pouvant corriger des erreurs que de quelques degrés de roulis sur sa trajectoire originelle, des aviateurs sous la direction de la RAF, mirent au point une méthode pour les faire dévier de leur course :

L'avion volant à la même vitesse que le V1, le pilote se place à côté de lui et soulève l'extrémité de son aile sous celle du V1. Les ailes ne se touchent pas, mais l'air entre les deux ailes étant comprimé, une force est exercée sur le V1, qui est dévié de sa trajectoire. L'utilisation de cette méthode spectaculaire — mais dangereuse — est attestée dans au moins trois cas. Aussi dangereuse que soit cette action, suivre un V1 et tirer sur lui était encore plus dangereux. Car ainsi, à presque 650 km à l'heure, il est très difficile d'éviter les effets de l'explosion de la bombe volante.

 

 

250px-Spitfire_Tipping_V-1_Flying_Bomb.jpg

Spitfire modifiant la trajectoire d'un V1 en soulevant l'aile de la bombe volante


 

Londres représentait une cible idéale pour un tel engin. Du fait de son imprécision, il était impossible aux Allemands de bombarder un objectif donné. L'immense étendue de l'agglomération londonienne était donc un des rares objectifs qu'un V1 pouvait être certain d'atteindre. Contrairement à ce que Winston Churchill et la propagande alliée ont prétendu, les V1 ont bel et bien créé un véritable vent de panique sur Londres, et beaucoup d'enfants ont, comme en 1940, été évacués de Londres.

 

Pour les arrêter, de gros moyens seront employés. En août 1944, la mise en service de canons de DCA à réglage automatique par radar permet d'atteindre une efficacité d'environ 75 % dans la destruction de ces missiles. De plus, l'état-major allié va mobiliser d'importantes forces aériennes, avions et canons de DCA, pour garder le ciel britannique, en les prélevant sur le front.

Les services de renseignements et les missions aériennes s'emploient à localiser, et à faire bombarder les sites de lancements. Peine perdue, les Allemands étant capables de les reconstruire très vite. Ce n'est que l'avancée des troupes sur le front de l'Ouest qui fera cesser définitivement les tirs de V1 et de V2.

 

 

Bilan 

Tout comme les V2, les V1 ont un effet psychologique et stratégique, plutôt que tactique. Leur faible charge explosive (moins d'une tonne) et leur précision toute relative en font une arme peu efficace. Stratégiquement, le principal succès des V1 n'est pas l'efficacité des bombardements en eux-mêmes, mais la mobilisation de grands moyens militaires, détournés du front, pour les arrêter. Psychologiquement, les armes secrètes allemandes ont alimenté la propagande de Goebbels et laissé croire à l'opinion étrangère et allemande, que l'Allemagne pouvait encore retourner le sort de la guerre.

 

Les diverses nations alliées ont étudié ces armes, qui ont servi pour leurs programmes d'après-guerre. Un engin cible, le CT 10, dérivé direct du V1, fut étudié puis produit par la l'Arsenal aéronautique dès 1946.

 

 

V1.jpg

Photo-montage d'un V1, la première bombe volante

 

 

Source : Wikipedia - V1 (missile) [Fr]

 

Autres sujets similaires :

Les missiles V2 (ou fusées A4) [Fr] 

La fusée V4 ou (de) Rheinbote « messager du Rhin » [Fr]

Wikipedia - V3 (Canon) [Fr]

Wikipedia - Henschel Hs 293 A (Bombe planante air-sol et air-mer) [Fr]

Wikipedia - Fx 1400 Fritz X (Bombe planante) [Fr]

Wikipedia - KramerX4 (Missile air-air) [Fr]

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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 21:31

La fusée V4 ou (de) Rheinbote (« messager du Rhin ») était un projet de fusée à étages qui avait cours en Allemagne nazie, cette fusée était lancée à partir d'une rampe inclinée à 64°.

 

 

Historique 

Vers 1935, la société "Rheinmetall-Borsig AG" a développé une fusée à combustible solide dont les tests de tir ont commencé en 1936. Cette société a d'abord conçu des fusées d'assistance au décollage pour les cargos avant de se lancer dans ce que nous appelons les V4.

 

Le V4 a vu son développement retardé par le fait que la fusée V2/A4 était déjà en cours d'étude et dans les mains des SS. Les responsables, ne voulant pas de guerres intestines, reportèrent donc le projet.

 

Le premier cahier des charges concernant le V4 stipulait que la fusée devait pouvoir décoller avec une tête explosive de 200 kilos à 1 tonne et propulser l'ensemble entre 100 et 120 kilomètres.

Dans le même temps un autre projet du même type mais avec une fusée de 1,7 tonne et pouvant atteindre les 200 km de portée était à l'étude dès la fin de l'année 1941.

 

Le site de test et de lancement se trouvait à Leba, au bord de la mer sur les côtes de la Baltique dans l'actuelle Pologne. Ce site était partagé avec la Luftwaffe, qui s'en servait également pour ses propres essais, entre autres de moteurs.

 

Le nom de code de ce projet était "Raketensprenggranate 4831", ou bien encore "Rheinbote". La première fusée à étage sur laquelle travaillait la Rheinmetall-Borsig s'appelait Rh-Z 61, Rh pour le nom de la société, Z pour désigner la fusée à longue portée, et 61 pour la portée en elle-même, soit 160 km (mais les deux chiffes étaient mis à l'envers pour coder).

 

C'est en avril 1943 que la version définitive de fusée avec les 4 étages de propulsion fut enfin prête, sous le nom Rh-Z-61-2. Le 15 novembre 1944, une démonstration fut faite devant le Gruppenfürhrer Kammler, responsable de l'emploi des V3 et des V4 et le Generalmajor Dornberger ; sans aucun souci.

 

Un mois plus tard, le 12 décembre 1944, une batterie de Rheinbote fut créée sous le commandement des SS comme pour la fusée V2/A4. Sa désignation était Abteilung 709, ou artillerie 709. Elle reçut comme ordre de mission de se déployer à Nunspeet aux Pays-Bas. Ils reçurent la désignation de leur cible quelques jours plus tard : Anvers. Les premiers V4 de l'histoire devaient frapper la ville d'Anvers, déjà la cible des V1 et des V2. Le 24 décembre, les premières fusées furent envoyées.

 

Au final, peu de V4 furent tirés, d'une part par manque de munitions (peu de fusées étaient fabriquées et disponibles), d'autre part en raison de l'avancée rapide des alliés et du front.

 

Le 6 février 1945, le projet Rheinbote fut officiellement suspendu.

 

 

Rheinbote_and_Rheintochters.jpg

Rheinbote et Rheintochters.

 

 

Source : Wikipedia - Fusée V4 [Fr]

 

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Published by Milem - dans Histoires
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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 19:23

 

Les missiles V2 (ou fusées A4) sont les premiers missiles balistiques opérationnels et les véritables « prototypes » des premiers lanceurs de l'ère spatiale. Ces armes développées par l'Allemagne nazie dès 1938 et utilisées pendant la Seconde Guerre mondiale ont provoqué la mort de milliers de personnes, non seulement sur les objectifs visés, mais plus encore parmi la main-d'œuvre concentrationnaire chargée de les construire dans des conditions épouvantables.

 

En dépit de son caractère novateur, l'effet du V2 fut principalement psychologique ; comparés au bombardement classique (dit « sur zone »), ces premiers missiles balistiques, imprécis et fabriqués en nombre relativement limité, ne jouèrent qu'un rôle marginal dans les pertes humaines et matérielles de la guerre aérienne. Mais le V2 allait ouvrir la voie aux vecteurs modernes qui sont le support principal de la dissuasion nucléaire et de la frappe dite « chirurgicale ».

 

 

Historique 

Les V2 furent conçus à la station expérimentale de l'armée allemande de Peenemünde sous la direction technique de l'ingénieur allemand Wernher von Braun.

 

La lettre V, utilisée habituellement au sens de Versuch (prototype) signifie ici Vergeltung, c'est-à-dire "représailles" ou Vergeltungswaffe "arme de représailles". En effet, les V2 furent lancés en réponse aux bombardements alliés. La V2 a failli être utilisée en 1944 en Sicile pour éradiquer la menace américaine. La mission a été annulée à cause du nombre de soldats italiens sur la zone.

 

Après l'échec des deux premiers tirs des 13 juin et 16 août 1942, le premier vol réussi d'un V2 (encore baptisé A 4 à cette période) eut lieu le 3 octobre 1942. En cette journée, alors que la situation devenait critique pour le programme, un 4ème prototype modifié dans l'urgence parcourut une distance de 192 km, effectuant une parabole dont l'apogée culminera à 85 km d'altitude.

 

« Cette journée constituera, sans doute un tournant décisif dans l'évolution de la technique. Non seulement notre fusée a pénétré dans l'espace, mais, pour la première fois nous nous sommes servis de celui-ci pour relier deux points terrestres. La preuve est faite que la fusée à réaction est un moyen de navigation dans l'espace. De même que l'eau, la terre et l'air, l'espace infini deviendra le théâtre de liaisons intercontinentales et, en tant que tel, acquerra une importance politique. Le 3 octobre 1942 est le début d'une ère nouvelle dans les transports : celle de la navigation spatiale ! Tant que durera la guerre, le devoir nous commande d'accélérer la mise au point de la fusée en tant qu'arme de combat. »

Walter Dornberger, allocution à Peenemünde, 3 octobre 1942

 

Les V2 étaient fabriqués en série dans l'usine souterraine de Mitlewerke -Dora et testés à Blizna. À partir de 1944, les V2 furent opérationnels en tant que missiles balistiques, mais ils n'apportèrent pas la supériorité escomptée par les Allemands dans la Seconde Guerre mondiale, du fait de leur imprécision (plusieurs kilomètres) et de leur relativement faible effet destructeur ("seulement" 750 kg d'explosif classique). Compte tenu de sa vitesse et de son altitude de vol, le V2 n'était vulnérable que pendant quelques secondes, lors de son décollage.

 

Aucun ne put être intercepté.

 

 

Utilisation

Un premier tir avait été prévu le 6 septembre 1944, depuis le plateau des Tailles, mais des ennuis techniques et l'avance des Alliés qui avaient franchi la Meuse contraignirent les Allemands à se rapprocher de leur frontière. Le premier V2 fut donc tiré le 8 septembre 1944 depuis Gouvy en Belgique en direction de Paris. En 5 minutes, il atteignit Maisons-Alfort, en banlieue parisienne, où il fit six morts et 36 blessés : « Paris venait d'avoir le redoutable privilège d'être la première cible d'un engin balistique militaire ».

Plus tard le même jour, alors que la veille Duncan Sandys, président du « comité de lutte contre la bombe volante » britannique avait déclaré lors d'une conférence de presse que « exception faite de quelques derniers coups possibles, la bataille de Londres est terminée », le premier V2 tiré sur Londres tombait à Chiswick. Il faudra deux mois et deux cent explosions sur son sol avant que le gouvernement britannique communique sur l'attaque des V2 en cours. Le secret était d'autant plus facile à garder que contrairement aux V1 qui avaient un ronronnement caractéristique évoquant le moteur d'une motocyclette, les missiles arrivaient à une vitesse de Mach 3,5, supérieure à celle du son, c'est-à-dire dans un silence total. Les explosions pouvaient être imputées à toutes sortes de causes. Lors de la chute du premier V2 sur Londres, personne ne comprit sur le moment qu'il s'agissait d'une bombe. On crut à l'explosion d'immeuble due au gaz jusqu'à la découverte des débris de la tuyère.

 

En tout, 4 000 engins furent construits pour être lancés vers le Royaume-Uni et Londres, dans des conditions très dures pour les prisonniers affectés à ces travaux forcés (usine souterraine de Dora). Les V2 tuèrent deux fois plus de déportés en Allemagne que de civils au Royaume-Uni.

 

Mis très tard en service, les V2 furent lancés depuis des sites que l'avance des troupes alliées imposa de déplacer plusieurs fois : aux Pays-Bas à partir de la région de Middelburg et surtout La Haye (permettant d'atteindre Londres) puis Rijs (région du Norfolk), Hellendorn et Dalsfem (vers la Belgique) ; en Belgique et en Rhénanie, des lancements eurent lieu depuis Saint-Vith et Mertzig vers Paris, puis des alentours de Coblence (Euskirchen et Hachenburg) vers le nord de la France et la Belgique. Les dernières batteries furent installées dans la région de Münster, visant Anvers et Liège.

 

Malgré les dégâts infligés aux infrastructures de fabrication et de lancement, 1 560 V2 furent lancés entre le 8 septembre et la fin de 1944, principalement vers Londres (450) et Anvers (920), mais aussi vers Norwich (40), Liège (25), Paris (20) ainsi que vers Lille, Tourcoing, Arras, Maastricht, Hasselt, etc...

 

Les tirs de 1 500 autres V2 se poursuivirent jusqu'au 27 mars 1945, principalement depuis La Haye, et toujours vers Londres — cible civile principale des Allemands — et Anvers, ainsi que vers quelques cibles militaires. Les dernières fusées furent tirées vers le Kent.

 

-Au total la région de Londres reçut 1 350 V2 et celle d'Anvers plus de 1 600, faisant principalement des victimes civiles.

 

 

Bilan 

Churchill a pu ironiser sur les faibles résultats tactiques du V2 : « À la place de Hitler, j'aurais fait fusiller l'ingénieur qui m'a fait construire une arme aussi coûteuse et aussi peu efficace ». -En effet, le V2 était une arme pratiquement imparable (contrairement au V1), mais qui demandait une fabrication longue et complexe pour moins d'une tonne d'explosif et une précision médiocre.

 

« Hitler entendait que l'on en construise 900 par mois. Il était absurde de vouloir répondre aux flottes de bombardiers ennemies, qui en 1944 larguèrent en moyenne sur l'Allemagne 3000 tonnes de bombes par jour pendant plusieurs mois à l'aide de 4100 quadrimoteurs, par des représailles qui auraient propulsé tous les jours 24 tonnes d'explosifs au Royaume-Uni : la charge de bombes larguées par six forteresses volantes seulement »

— Albert Speer, ministre allemand de l'Armement et de la Production de guerre de 1942 à 1945

 

Aucune cible militaire ou industrielle notable n'a été frappée par le V2. Son rôle a surtout été de propagande, pour entretenir les illusions du Führer et de l'opinion allemande, persuadés que les armes secrètes allaient retourner le sort de la guerre.

Jusqu’à aujourd’hui, les fusées V2 ont fait 2 700 victimes parmi les Britanniques et 6500 blessés.


-Échec tactique, c'est pourtant une brillante réussite technique : le V2 est directement à l'origine des missiles intercontinentaux, mais aussi du vol spatial et de la conquête de l'espace.

 

 

Postérité des V2 

La technologie des V2 fut exploitée par les Alliés après la fin du conflit mondial. Aux États-Unis, des tirs d'essais de V2 furent réalisés depuis la base de lancement de White Sands au Nouveau-Mexique. Par ailleurs, les deux premiers lancements depuis Cap Canaveral en juillet 1950, furent faits avec des « Bumper », composés d'un V2 modifié surmonté d'une fusée WAC Corporal. Les fusées Bumper servaient pour des tests technologiques et pour l'étude de la haute atmosphère.

Les Soviétiques avaient hérité du site de Peenemünde et d'une partie des techniciens, transférés en Russie vers le centre d'études de Gorodomlya. Selon Walter Albring, le rôle des savants allemands a été "faible ou nul" dans le programme spatial soviétique, mais plus important dans celui des fusées anti-aériennes.

 

Les Britanniques furent les premiers à procéder à des lancements de V2 après la Seconde Guerre mondiale. Initiée avec les Américains, l'opération Backfire dont le but principal était de « vérifier la procédure allemande de lancement des fusées à longue portée par des tirs réels », sera finalement totalement assumée par l'armée britannique. Les essais de V2 commencent le 1er octobre 1945 et s'achèvent par un quatrième tir le 15 octobre.

 

Finalement, les Français ont également réutilisé la technologie et les hommes du V2.

 

 

La2-v2.jpg

Réplique du premier prototype de V2 tiré avec succès en octobre 1942 photographiée en 2002 au musée de Peenemünde

 

 

Source : Wikipédia - V2 (Missile) [Fr]

 

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