Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 19:46

7d389a18-0933-11e1-9f7d-b31925f6bb41.jpg

Trois emplacements ont été définis. Les installations ont débuté par la zone A2, près de Villepinte (schéma tiré de la Revue militaire française).

 

 

À la fin de la Première Guerre mondiale, l'armée voulait attirer les avions allemands vers des cibles lumineuses imitant les grandes installations de la capitale. Le Figaro a retrouvé des archives détaillant le procédé.


Près d'un siècle après le début de la Première Guerre mondiale, cet incroyable projet de l'armée française reste toujours aussi peu connu. En 1918, alors que le conflit allait toucher à sa fin, la DCA, chargée de défendre le territoire contre les attaques aériennes, s'est lancée dans la construction d'une réplique de Paris destinée à duper les pilotes allemands. Les avions, qui avaient fait leur entrée dans un conflit armée pour des missions de reconnaissance tactique et de bombardement, étaient à l'époque dépourvus de radars. En recréant une ville factice composée d'une myriade d'éclairages lumineux, les Français pensaient pouvoir attirer les raids nocturnes vers de mauvaises cibles.

 

Fin septembre, le blog anglophone Ptak Science Books a exhumé une revue du 6 novembre 1920, The Illustrated London News, détaillant l'incroyable procédé de défense passive mis au point par les français pour protéger leur capitale. L'information a été reprise en fin de semaine dernière par Slate et Le Monde. En complément, Le Figaro a retrouvé plusieurs archives qui lèvent le voile sur ce faux Paris. La plus complète figure dans un exemplaire de la revue L'Illustration parue quelques jours avant la publication anglaise, le 20 octobre.


Un premier projet «fort rudimentaire»

 

8ae97120-0936-11e1-9f7d-b31925f6bb41.jpg
La zone B, reprenant le tracé de la petite ceinture.

 

 

Alors que les projecteurs lumineux étaient déjà utilisés pour repérer les aéronefs ennemis, des premières expérimentations sont menées dès 1917 pour utiliser la lumière dans un tout autre registre, en créant cette fois de faux objectifs. Les bombardiers allemands Gotha, redoutés, venaient de mener leurs premiers raids d'envergure contre Londres. La technique est alors «fort rudimentaire», raconte L'Illustration. Au nord-est de Paris, on commence à installer «quelques lampes à acétylène, de manière à laisser croire à la présence d'avenues non éteintes».


Sous l'impulsion du secrétariat d'État à l'Aéronautique et de la DCA, le projet gagne de l'importance à l'orée de 1918. La décision est prise de simuler non pas quelques rues, mais l'ensemble de l'agglomération parisienne. «Les difficultés d'exécution étaient grandes», remarque L'Illustration. «Il était nécessaire qu'on utilisât une boucle de la Seine analogue à celle qui traverse la capitale et dont aucun artifice de camouflage ne pouvait tenir lieu. Il fallait ensuite que les zones qu'on allait ainsi désigner aux bombardements de l'ennemi ne fussent pas semées de localités habitées».

 


Fernand Jacopozzi, l'ingénieur qui éclaira la tour Eiffel

 

Après réflexion, trois zones furent retenues dans les régions Nord-Est, Nord-Ouest et Est de Paris. Dans la première, le projet devait restituer rapidement un faux Saint-Denis, un faux Aubervilliers, des fausses gares de l'Est et du Nord, «avec les usines qui peuplent cette banlieue Nord de Paris». Dans les autres zones, on devait reproduire le chemin de fer de la petite ceinture, les Champs-Élysées et d'autres points remarquables répliquant Paris (zone B, ci-dessus), ainsi que des objectifs industriels (zone C).

 

 

2df23d8e-0941-11e1-9f7d-b31925f6bb41
L'hommage du Figaro à Fernand Jacopozzi, lors du décès de l'ingénieur en 1932.

 

 

«Les services de DCA ne possédaient, toutefois, aucun moyen de réalisation, et l'on dut s'adresser à l'industrie privée», note L'Illustration. C'est Fernand Jacopozzi, qui emporta le contrat grâce à «son ingéniosité et [à] la simplicité de ses moyens», raconta Le Figaro en février 1932, à la mort de l'ingénieur électricien d'origine italienne. Un premier contrat fut passé pour la région de l'Orme de Morlu, au nord-est de Saint-Denis. Jacopozzi, qui s'illustra quelques années plus tard en illuminant pour la première fois la tour Eiffel, les Champs-Élysées et de nombreux autres monuments de Paris, reçut pour ce fait d'arme la croix de la Légion d'honneur.


Attirer l'attention sans éveiller les soupçons

 

La construction du «faux objectif de l'Orme de Morlu» débuta par la fausse gare de l'Est, située entre Seyran et Villepinte. Elle comprenait «bâtiments, voies de départ, trains à quais et trains en marche, amorces de voies et signaux, et une usine avec bâtiments et fourneaux en marche», détaille L'Illustration. Les bâtiments, en bois, étaient recouverts «de toiles peintes, tendues et translucides, de manière à imiter les toits de verre sale des usines». La principale difficulté venait de l'intensité de l'éclairage. «Un éclairage intensif fût vite apparu comme une ruse grossière. Il fallait attirer l'attention des aviateurs ennemis par une lumière suffisante, mais ne pas éveiller leurs soupçons», explique le journal.

 

Soulignant «l'art de l'ingénieur électricien», la revue explique comment on utilisa «des lampes de différentes couleurs (blanches, jaunes et rouges) éclairant alternativement des vapeurs produites artificiellement», pour imiter les lueurs des foyers de machines en marche. «Les trains étaient indiqués par des surfaces en bois posées sur le sol. Un éclairage latéral projetait la lumière à l'extérieur, comme si elle venait des fenêtres. Mais le fin du fin était la réalisation d'un train en marche. Le dispositif de camouflage s'étendait sur 1800 à 2000 mètres et l'éclairage courait progressivement d'une extrémité à l'autre.»

 

Ces installations «ne furent prêtes qu'après le dernier raid allemand sur Paris en septembre 1918 ; elles n'ont donc pas l'épreuve de l'expérience», commenta La Revue militaire plus de dix ans plus après, en 1930. Et l'on découvrit plus tard que les Allemands avaient envisagé un procédé comparable. Ces projets ne furent quoi qu'il en soit pas inutiles, estimait-on alors encore à l'époque. «Connaissant l'existence de faux objectifs, [le pilote] aura tendance à se demander, même pour les vrais : est-ce un faux? Ce doute jeté dans les esprits de l'attaque est déjà un résultat appréciable.

 

Source : LeFigaro.fr

Repost 0
Published by Milem - dans Histoires
commenter cet article
22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 18:47

Histoire

 

Jusqu'en 1810, très peu de sociétés civiles semblent avoir criminalisé l’adultère masculin, la femme étant traditionnellement considérée comme une ressource et le mariage, un échange de propriété contracté entre hommes (cf. Claude Lévi-Strauss).

Sur le plan religieux en revanche, l'adultère est condamné dans le judaïsme, le christianisme et l'islam.

 

Le Code d'Hammurabi condamne la femme adultérine à la noyade.

 

L'adultère masculin et féminin est condamné dans le judaïsme, « Mais si le fait est vrai, si la jeune femme ne s’est point trouvée vierge, on fera sortir la jeune femme à l’entrée de la maison de son père ; elle sera lapidée par les gens de la ville, et elle mourra [...] Si l’on trouve un homme couché avec une femme mariée, ils mourront tous deux, l’homme qui a couché avec la femme, et la femme aussi [...] Si une jeune fille vierge est fiancée, et qu’un homme la rencontre dans la ville et couche avec elle, vous les amènerez tous deux à la porte de la ville, vous les lapiderez, et ils mourront, la jeune fille pour n’avoir pas crié dans la ville, et l’homme pour avoir déshonoré la femme de son prochain. » Dt 22. 20-24.

Dans le christianisme, l'adultère est tout aussi condamné formellement dans le Nouveau Testament, tout en affirmant le pardon de Dieu en cas de repentance dans l'épisode de la femme adultère (Jn 8,2-11).

 

Depuis la fin du Moyen Âge, l'État royal récupère à son profit toutes les causes matrimoniales et impose une législation inégalitaire pour la femme adultérine (jusqu'à la loi Naquet sur le divorce pour faute en 1884 et la dépénalisation totale en 1975 en France) : la peine de « l’authentique » consiste à l'enfermer dans un couvent après lui avoir fait subir certains châtiments (crâne rasé, fouet jusqu'au XVIIe siècle). La Révolution française constitue à cet égard une parenthèse puisqu'elle en dépénalise l'adultère.

 

 

Les dernières lois Française

L'adultère est une violation du devoir de fidélité lié au mariage. Dans ce sens, il n'existe pas d'adultère dans les relations de couple sans mariage officiel, la violation du devoir de fidélité dans les unions libres ou dans les PACS est désignée généralement par le nom d'infidélité.

 

Jusqu'à juillet 1975, l'adultère était considéré comme un délit en France, seul l’adultère de l'épouse était répréhensible, avec une punition pouvant aller jusqu'à deux ans de prison. Le mari avait le pouvoir de stopper cette condamnation en consentant à reprendre sa femme, à pardonner à la fautive sa faute.

 

L'ancien code pénal était plus sévère, l'adultère était considéré comme une circonstance atténuante de la responsabilité de l'épouse dans l'agression ou même l'assassinat de sa femme et de son amant surpris en flagrant délit. L'amant était puni lorsqu'il avait profité de l'absence du mari surtout dans le cas d'un mari parti à la guerre. Ces codes reflétaient l'esprit de l'époque et la culture dominante, le mari infidèle n'y courait aucune sanction pénale, une amende d'un faible montant se permettait d'installer sa maîtresse au sein du domicile conjugal.

 

 

L’adultère n’est plus une faute pénale depuis 1975, mais demeure une faute civile. Il reste cependant la première cause de divorce au titre de l'article 212 du Code civil français qui dispose que « les époux se doivent mutuellement fidélité ». Le divorce sera prononcé lorsque l'infidélité de l'un des conjoints devient une violation grave ou renouvelée des devoirs et obligations du mariage, et rendant intolérable le maintien de la vie commune.

 

Il faut noter également que jusqu'en 1975, le droit français faisait une discrimination vis-à-vis des enfants nés d'une relation adultérine : ces enfants (considérés jusquʼici comme « enfants naturels » au même titre que ceux conçus hors mariage) nʼavaient pas les mêmes droits que les enfants nés dʼune liaison légitime (dits « enfants légitimes »). Ainsi les droits de lʼenfant étant considérés comme n'ayant pas à tenir compte de la situation légale de ses parents géniteurs, le législateur français a donné les mêmes droits à tous les enfants, et supprimé depuis toute notion d’« enfant adultérin » dans le Code Civil, après lʼordonnance du 4 juillet 2005. Les droits de l'autre parent légitime se trouvent ainsi diminués à la succession du parent adultère.

 

Sources :

- Petite Larousse de la sexualité, de 2007

Pathol08.com

Wikipedia (Fr)

Repost 0
Published by Milem - dans Histoires
commenter cet article
4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 01:57

Quand on parle d'hyper inflation, on pense tout de suite à l'inflation de la République de Weimar où à celle de certains pays d'Amérique du sud.

 

 

En fait, le malheureux record du monde de l'inflation est détenu par la Hongrie. Juste avant la deuxième guerre mondiale, il fallait 5 Pengos (nom de la monnaie) pour un dollar US.

 

En 1946, c'était l'horreur économique totale : le change était passé à 4.700.000.000.000.000.000.000.000.000.000 pengos pour un US$ ! Non, ce n'est pas une erreur, il y a bien 29 zéros ... Je ne sais même pas comment exprimer un tel chiffre en milliards de billions ou autres ! La monnaie était tellement dévaluée qu'il n'y avait plus de place pour imprimer les zéros, les billions étaient exprimés seulement avec la lettre "B". 

 

 

Comment a-t-on pu en arriver à cette situation dramatique ?


Au début de la deuxième guerre mondiale, la Hongrie avait espéré conserver sa neutralité. En 1941, ses troupes furent envoyées rejoindre les Allemands sur le front Russe. Les dirigeants essayèrent de reprendre leur liberté mais sans succès et la Hongrie fut envahie par les troupes Allemandes. Celles-ci se comportèrent en véritable prédateurs sur ordres de Berlin et pillèrent littéralement la banque centrale de toutes ses réserves, que ce soit en or, billets ou autres, laissant un pays totalement ruiné et sans aide s'effondrer, de 1944 à 1946, dans l'inflation la plus terrible connue à ce jour dans le monde. La mise en place des communistes au pouvoir correspond à l'inflation la plus forte !


Il semble que l'inflation en juillet 1946 atteignait une moyenne de 47% par jour avec, semble-t-il des pointes à 150% !

 

 

 pengo1.jpg pengo1v.jpg


Billet de 100.000.000.000.000.000.000 de pengos  (10 puissance 20), soit 100 millions de milliards de pengo,dont la valeur correspondait à environ 0,20 US$.

 


pengo2.jpg peng2.jpg


Billet de 1.000.000.000.000.000.000.000 de pengos (10 puissance 21), soit un milliard de milliard de pengo qui a été imprimé mais jamais distribué car il était déjà dépassé par la vitesse de l'inflation !

 

 

Sources :

Wikipedia – Hyperinflation [Fr]
Wikipedia – Hyperinflation [En]
Nithart.com – Hyperinflation [Fr]

Wikipedia - Pengo [Fr]

Repost 0
Published by Milem - dans Histoires
commenter cet article
20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 20:27

Hong Kong (chinois : 香港 ;  pinyin : xiānggǎng ; cantonais Yale : Hēunggóng ; littéralement : « port aux parfums » ou « port parfumé »), officiellement Région administrative spéciale de Hong Kong de la République populaire de Chine, est la plus grande et la plus peuplée des deux régions administratives spéciales (RAS) de la République populaire de Chine (RPC), l'autre étant Macao. Elle compte environ sept millions d'habitants que l'on appelle Hongkongais.

 

Hong Kong est située sur la rive orientale de la Rivière des Perles, sur la côte Sud de la Chine et elle est baignée par la mer de Chine méridionale. Elle jouxte la province du Guangdong au nord. Hong Kong est la ville la plus riche de Chine ; son économie est une des plus libérales au monde. C'est un pôle financier et commercial d'envergure mondiale.

 

Colonie britannique à partir du traité de Nankin (1842), rétrocédée à la Chine en 1997, Hong Kong demeure fondamentalement différente du reste de la République populaire de Chine. Une loi fondamentale particulière détermine son régime politique. Elle obéit au principe « un pays, deux systèmes », qui permet à Hong Kong de conserver son système légal, sa monnaie, son système politique, ses équipes sportives internationales et ses lois sur l'immigration.

Selon les termes de la déclaration sino-britannique commune, la Chine a promis que Hong Kong garderait une relative autonomie jusqu'à au moins 2047, soit 50 ans après le transfert de la souveraineté.

 

La ville compte 20 500 résidents britanniques (ils étaient 25 500 en 1996). La majorité est composée d'expatriés employés par des multinationales ou des entrepreneurs installés avec leur famille. Depuis la rétrocession, les rues ont gardé leur double nom, en anglais et en cantonais.

 

Hong Kong possède deux langues officielles : l'anglais et le cantonais. L'anglais est la langue des affaires. Le putonghua (mandarin) - langue nationale chinoise - est, lui aussi, de plus en plus employé.

 

 

Rétrocession à la Chine 

Les Nouveaux Territoires ayant été loués pour 99 ans, ils sont revenus à la Chine au terme du bail en 1997. L'île de Hong-Kong et la presqu'ile de Kowloon, cédées à perpétuité au Royaume Uni, auraient théoriquement pu rester anglaises. Toutefois, l'aménagement du territoire de Hong Kong, qui avait intégré les Nouveaux Territoires dans un même ensemble urbain, rendait impossible une séparation qui impliquait l'établissement d'une frontière (les lignes de métro passaient d'une zone à l'autre, le futur nouvel aéroport était dans les nouveaux territoires, etc). C'est pourquoi, il est apparu incontournable de restituer à la Chine la totalité du territoire de Hong-Kong. Ce qui fut annoncé par la Déclaration commune sino-britannique, signée le 19 décembre 1984, par laquelle le Royaume-Uni s'engageait à remettre à la Chine l'ensemble de la colonie en 1997. La République populaire, quant à elle, s'engageait à maintenir les systèmes économique et législatif, et le mode de vie hongkongais pendant 50 ans. C'est la politique dite « un pays, deux systèmes ».

 

Le 1er juillet 1997, Hong Kong devient la première région administrative spéciale chinoise. L'événement donne lieu à une cérémonie retransmise dans le monde entier.

 

 

Organisation politique, judiciaire et administrative 

D'un point de vue juridique, Hong Kong se distingue nettement de la Chine continentale. La région a hérité des britanniques un système de common law, et les libertés fondamentales sont respectées.

 

Le système politique se compose d'une assemblée législative, qui élit un chef de l'exécutif, le plus important responsable politique hongkongais. Ce dernier est le chef du gouvernement. L'influence du pouvoir de Pékin est un sujet politique sensible à Hong Kong.

 

La moitié des membres est démocratiquement élue au suffrage universel direct par la population des cinq circonscriptions géographiques (Hong-Kong, Kowloon Est, Kowloon Ouest, Nouveaux Territoires Est, Nouveaux Territoires Ouest). L'autre moitié se compose d'élus de 28 catégories socio-professionnelles.

 

 

Sources :

Hong Kong [Wikipedia Fr] (plus d'information)

Hktdc.com

 

Censure d'Internet en Chine [Wikipedia Fr]

Repost 0
Published by Milem - dans Histoires
commenter cet article
16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 20:17

L'ère Meiji (明治時代, meijijidai ) est la période historique du Japon entre 1868 et 1912; initiée par la restauration de Meiji, elle est comprise entre l'ère Keiō (fin de l'époque Edo) et l'ère Taishō. Cette période symbolise la fin de la politique d'isolement volontaire appelée Sakoku et le début de politique de modernisation du Japon.

 

Le Japon de l’ère Meiji était en perpétuel état de crise, il recherchait un certain équilibre intérieur difficile à acquérir face à la complexité du monde extérieur et avait la nostalgie du temps passé, mais son désir de changement le pousse à se révolter contre son passé. Ce fut une lutte épique qu’il livra pendant des années de bouleversement social, politique et culturel. Il tira partie de cette « lutte » en rêvant et réalisant de grandes entreprises, des avancées dans les domaines de l’industrie, de l’économie, de l’agriculture et en matières d’échanges commerciaux.

 

 

L’ouverture du pays 

  •   1853 : le commodore Matthew Perry qui dirige l'expédition américano-européenne (bateaux noirs) pénètre dans la baie de Tokyo. Son but est d’ouvrir le Japon au commerce avec l’Occident. Au Japon deux courants se forment, l’un plutôt pour le commerce avec l’Occident et l’autre totalement opposé. Le premier courant l'emporte finalement et le Japon signe le Convention de Kanagawa avec Perry 31 mars 1854.
  •   Septembre 1864 : la flotte occidentale composée de navires américains, britanniques, hollandais et français tente de forcer le détroit de Chōshu en bombardant les côtes.
  •   Juillet 1866 : un nouveau traité ramène les droits d’importations à 5% ce qui condamne les extrémistes et renforce le parti loyaliste.
  •   Printemps 1867 : l’agitation et les idées de réformes sont si importantes que le shogun Yoshinobu du clan des Tokugawa est contraint de renoncer au pouvoir.

 

La restauration Meiji de 1868 

  •   3 janvier 1868 : les troupes loyalistes s’emparent du palais impérial à Kyōto. Un conseil impérial réuni sur le champ abolit le bakufu. Le règne de l’empereur Mutsuhito qui n’a que quinze ans va commencer ici.
  •   6 avril 1868 : à Kyōto l’empereur Mutsuhito prête un serment en cinq articles qui annoncent les changements prévus par le nouveau régime et l’ouverture officielle du Japon.
  •   Entre 1868 et 1869 : une guerre civile éclate au Japon. Guerre entre les armées des clans de Satsuma, de Chōshu, de Tosa et leurs alliés et, d’autre part, les troupes appartenant au gouvernement shogunal d’Edo et les clans qui lui restèrent fidèles.
  •   1871 : le yen remplace l’ancienne monnaie du Japon. Le Shinto (religion caractérisée par une quasi-divination de l’empereur) redevient une religion d’État.
  •   1872 : un système scolaire obligatoire est instauré. Une ligne ferroviaire reliant Tôkyo à Yokohama est ouverte.
  •   1er janvier 1873 : le calendrier grégorien remplace le calendrier luni-solaire d’origine chinoise.
  •   1876 : le port du sabre est interdit ce qui va provoquer une année plus tard la révolte du clan de Satsuma.
  •   1877 : création de l'université de Tokyo.
  •   10 octobre 1882 : le Nihon Ginkō est créé (la banque du Japon).
  •   11 février 1889 : une Constitution institue un régime représentatif. Elle établit deux chambres l’une élue au suffrage censitaire, l’autre la Chambre des pairs.
  •   Entre 1894 et 1895 : la guerre éclate entre la Chine et le Japon (sino-japonaise). Le conflit est dû aux problèmes d’expansion territoriale. Le Japon remportera facilement cette guerre.
  •   1890 : première session parlementaire sous la constitution Meiji.
  •   1895 : Taïwan est annexé.
  •   1900 : le Japon participe, aux côtés des puissances occidentales à la répression de la révolte des Boxers en Chine.
  •   1902 : le Japon s’allie à la Grande-Bretagne rivale de la Russie en Asie.
  •   1904 et 1905 : le Japon entre en conflit avec la Russie (guerre russo-japonaise).
  •   1905 : Traité de Portsmouth.
  •   1907 : accords franco-japonais et russo-japonais.
  •   1910 : traité d’annexion de la Corée.
  •   1910 : la Corée est annexée.
  •   1912 : l’empereur Meiji meurt et l’Ère Meiji prend fin.

 

 

  Modernisation 

Les principales réformes et leurs conséquences 

La pression d’autres pays (États-Unis, France, Royaume-Uni et Russie) menaçait une colonisation du Japon. Le Japon décida alors de copier les nations occidentales et de s’industrialiser.


  •   L’ouverture du pays vers l’étranger
Conséquences : l’ouverture du pays amena de nouvelles maladies comme le choléra, la dysenterie, la typhoïde ou encore la vérole. Les maladies, elles, vont créer une grande panique au sein de la population japonaise. Celle-ci va devenir très hostile aux étrangers.
L’ouverture du Japon vers l’étranger montre la fin d’une protection, dont ils avaient pu bénéficier contre les épidémies.
  •   L’abolition des privilèges
Conséquences : les seigneurs doivent rendre leur domaine à l’empereur, les samouraïs se font interdire le port du sabre, et les clans militaires sont brisés.
L’empereur gouverne en « souverain absolu ».
  •   Une armée nationale
Conséquences : une armée nationale est créée et le recrutement militaire est élargi.
L’armée devient une armée de métier et n’est plus une armée basée sur des clans (castes) économiques.
  •   Le développement des moyens de transport
Conséquences : les moyens de transport, comme le train (chemin de fer), facilite le déplacement au sein même du pays. Ainsi, les populations rurales viennent plus facilement travailler dans les villes, où la demande de main-d'œuvre est importante.
  •   La création du Yen (nouveau système bancaire -monnaie unique-)
Conséquences : le Yen va fortement faciliter les échanges commerciaux entre le Japon et l’Occident (mais aussi avec les autres pays asiatiques).
  •   Le Shintoïsme, religion d’État
Conséquences : l'empereur devient le grand prêtre du Shinto d'État (kokka shintō) et chaque citoyen doit adhérer à un sanctuaire shinto.
  •   L'éducation
Conséquences : l’enseignement devient obligatoire. L’état crée des écoles publiques très rapidement.
Grâce à l’enseignement et à une philosophie compétitive, une nouvelle forme d’élite apparaît.
  •   Le statut personnel
Conséquences : Pour la population, la « Restauration de Meiji » a permis une grande liberté dans la promotion sociale de l'individu. L'accès aux professions et aux carrières qui, auparavant, étaient réservées à certaines classes, fut facilité.
  •   Le statut de la femme
Conséquences : bien que le droit de vote n'ait été accordé aux femmes que bien plus tard lors de l'occupation du Japon en 1946, leur statut, qui au Japon n’était pas aussi contraint qu’ailleurs, s’est encore libéralisé.



Économie

  •   industrialisation rapide et à marche forcée, le Japon se dresse au bout de quelques décennies, avec une croissance supérieure à celle de l'Allemagne, dans le rang des grandes puissances industrielles (encore quasi nulle à la fin du XIXe siècle, la production d'acier passe durant les années 1900 de presque rien à près de 200 milliers de tonnes.
  •   constitution de zaibatsu tels Mitsubishi, Mitsui, Sumitomo, Yasuda.
  •   colonisation d'Hokkaidō, jusqu'alors distincte de l'empire japonais sous le nom d'Ezochi, après la répression de la République indépendante d'Ezo en 1869.

 

 

Technique 

  •   création d'une ligne télégraphique entre Tōkyō et Yokohama en 1869
  •   création d'une ligne de chemin de fer entre Tōkyō et Yokohama en 1872
  •   premier pont en fer sur la rivière Sumida en 1887
  •   création de l'unité monétaire japonaise en 1871, introduction de la monnaie fiduciaire (yen) sous forme de billets de banque convertibles en argent (1885), et mise en place d'un système bancaire (1882). C'est le point de départ pour l'industrialisation du Japon. 

 

 

Politique

  •   restauration du pouvoir de l'empereur, le Shogun étant discrédité après l'accord passé lors de l'expédition américaine Perry.
  •   constitution en 1889
  •   le calendrier luni-solaire d'origine chinoise est remplacé par le calendrier grégorien en 1873
  •   reconstitution du shintoïsme qui devient la religion nationale, séparée clairement du bouddhisme
  •   séparation du pouvoir législatif et exécutif
  •   Mot d'ordre : « esprit japonais et méthodes occidentales »
  •   Mise en place d'un nouveau système éducatif

 

 

Expansion militaire 

 

 

Impact Global 

Au prix d'une guerre civile, l'empereur Meiji a atteint à la fin de son règne son but principal : amener le Japon à la hauteur des puissances occidentales en établissant un pouvoir central fort. Ce sont tous les efforts menés durant l'ère Meiji, véritable révolution politique, sociale, industrielle, et militaire, qui permirent au pays du soleil levant d'obtenir une victoire éclatante durant la guerre russo-japonaise (1905). Cette première victoire d'une puissance orientale sur une puissance occidentale dans l'Histoire contemporaine fît apparaître dans l'opinion publique le spectre du « péril jaune », et dans une certaine mesure, la politique expansionniste du Japon sous l'ère Shōwa est en continuité avec la politique de l'ère Meiji. Pour le gouvernement japonais, au début du XXe siècle les alternatives sont: étendre son influence sur l'Asie ou passer sous l'influence de l'Occident, autrement dit coloniser ou être colonisé. C'est dans l'optique de rester une grande puissance que sera mis en place la sphère de coprospérité de la grande Asie orientale.

 

Un grand nombre des mesures prises durant l'ère Meiji perdurent dans le Japon moderne (devenu néanmoins pacifiste après la Seconde Guerre mondiale) : instruction obligatoire, institution du yen comme monnaie nationale, ouverture sur l'Occident, administration centrale s'appuyant sur des préfectures, entre autres. Le Japon n'a pas renoncé à son statut de grande puissance, et possède d'ailleurs aujourd'hui le second PIB au monde derrière les États-Unis. (8,05% du PIB mondial, en 2007)

 

En guise de reconnaissance, un temple portant le nom de Meiji Jingū a été construit à Tōkyō.

 

 

Sources :

Ère Meiji [Wikipedia Fr] (Plus d'information)

Convention de Kanagawa [Wikipedia Fr]

 

La Guerre russo-japonaise (1904-1905)

Repost 0
Published by Milem - dans Histoires
commenter cet article
16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 19:07

On désigne par l'expression coup d'Agadir, ou encore « crise d'Agadir », un incident militaire et diplomatique qui eut lieu en 1911, entre la France et l'Allemagne, provoqué par l'envoi d'une canonnière (navire léger armé de canons) de la marine de guerre allemande dans la baie d'Agadir au Maroc, la SMS Panther.

 

 

Les causes 

Au début du XXe siècle, la France, qui administre l'Algérie colonisée depuis 1830, se préoccupe de la sécurité de sa frontière avec le Maroc, tout en lorgnant sur ce pays. Le royaume chérifien était alors l'un des derniers pays non colonisés d'Afrique, et suscitait la convoitise de plusieurs puissances européennes, au premier rang desquelles la France, ainsi que celle de l'Empire allemand qui estimait avoir un retard à rattraper en matière de colonies.

 

En 1904, la France et la Grande-Bretagne concluent, contre l'Allemagne, un accord d’« Entente cordiale » : la France laisse les mains libres à la Grande-Bretagne en Égypte, et en contrepartie, peut instaurer un protectorat au Maroc.

 

En mars 1905, pour rappeler ses prétentions sur le Maroc, l'empereur Guillaume II débarque à Tanger et rencontre le sultan Moulay Abd al-Aziz. C'est le « coup de Tanger », qui provoque des tensions entre les puissances européennes. Pour apaiser ces tensions, se tient, en 1906, à Algésiras, une conférence internationale. L'Allemagne s'y voit reconnaître un droit de regard sur les affaires marocaines, alors que la France et l'Espagne obtiennent des droits particuliers sur le Maroc en matière de police et de banque.

 

En mars 1911, le sultan Moulay Abd al-Hafid, menacé par une révolte, demande à la France de lui prêter main forte. En mai, les troupes françaises occupent Rabat, Fès et Meknès. L'Allemagne, inquiète pour ses prétentions sur le Maroc, considère cette occupation comme une violation des accords d'Algésiras et décide de réagir.

 

 

Déroulement

Prétendant répondre à un appel à l'aide d'entreprises allemandes de la vallée du Souss (il n'y avait alors que quatre ressortissants Allemands dans cette région), l'Allemagne, le 1er juillet 1911, décide, pour protéger ses intérêts, d'envoyer une canonnière, la SMS Panther, dans la baie d'Agadir, dont la rade avait été, jusqu'à 1881, fermée au commerce étranger. À partir de la mi-juillet, la Panther est régulièrement relayée par le croiseur SMS Berlin en alternance avec la canonnière SMS Eber.

 

L'Allemagne, qui voulait mettre un coup d'arrêt à l'expansion de la France au Maroc et affaiblir l'Entente cordiale entre la France et la Grande-Bretagne, est surprise par les vives réactions que provoque son coup de force. Le Royaume-Uni se déclare immédiatement en faveur de Paris et menace Berlin. Le gouvernement français, soutenu par son opinion, manifeste une très grande fermeté et n'exclut pas une réponse militaire. La France et l'Allemagne sont au bord du conflit.

 

Le gouvernement Caillaux, conscient du très grave danger qu'une guerre représente, préfère négocier. Ces négociations sont conduites, côté Français, par le président du conseil Joseph Caillaux, l'ambassadeur français à Berlin Jules Cambon et, côté Allemands, par Kinderlen, ministre des Affaires étrangères allemand. Aux termes d'âpres tractations, l'Allemagne renonce à être présente au Maroc en échange de l’abandon par Paris de 272 000 km² de territoires d'Afrique équatoriale, au Gabon, au Moyen-Congo et en Oubangui-Chari, au profit du Cameroun allemand. Un traité franco-allemand est signé le 4 novembre 1911 à Berlin, laissant les mains libres à la France au Maroc. C'est alors seulement que les bâtiments allemands quittent définitivement la baie d'Agadir, le 28 novembre 1911.

 

 

Conséquences 

En mars 1912, par le Traité de Fès, la France peut imposer au sultan Moulay Abd al-Hafid son protectorat sur le Maroc. Dès lors, l'indépendance du Maroc n'est plus qu'une façade. Le général Lyautey devient résident général, c’est-à-dire gouverneur du Maroc. La France contrôle désormais plus de la moitié de la côte nord de l'Afrique.

 

Ce bras de fer franco-allemand, qui annonce la Première Guerre mondiale, permet à la France d'éprouver son alliance avec la Grande-Bretagne et accentue l'hostilité de l'Allemagne à l'égard du Royaume-Uni. La guerre de 14-18 aurait pu éclater trois ans plus tôt sans l'habileté de Joseph Caillaux et la panique boursière en Allemagne dont le président du Conseil, spécialiste des finances, s'attribue la responsabilité.

 

C'est aussi pour la France l'occasion, pour la première fois depuis la défaite de 1870, de s'opposer avec succès à l'Allemagne qui occupe toujours l'Alsace et la Lorraine. Certains historiens, néanmoins, tels Serge Berstein et Pierre Milza, considèrent que la partie « s'achève par un gain substantiel obtenu par l'impérialisme allemand ».

 

La presse nationaliste allemande de l'époque dénonça le fait que l'Allemagne ait risqué une guerre pour des « étangs congolais ».

Cependant, pour le spécialiste des relations internationales Henry Kissinger, le principal problème allemand résidait dans le fait qu'en intimidant ou en menaçant plusieurs pays de guerre en l'espace de quelques années, sans même être capable de formuler un objectif réfléchi, l'Allemagne avait intensifié les peurs à son égard et fait émerger une coalition contre elle, sans gain substantiel en retour, sans consolider sa propre coalition. Une conséquence indirecte d'Agadir est que les Britanniques et les Français se répartissent les zones maritimes à protéger : les premiers ont l'Atlantique, les seconds la Méditerranée, situation qui accroitra l'obligation du Royaume-Uni à entrer dans la Première Guerre mondiale.

 

 

Sources :

Coup d'Agadir [Wikipedia Fr]

Conférence d'Algésiras [Wikipedia Fr]

Repost 0
Published by Milem - dans Histoires
commenter cet article
15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 20:17

Le bombardement de Zanzibar est le seul événement militaire de la Guerre anglo-zanzibarienne qui a opposé le Royaume-Uni et Zanzibar le 27 août 1896. Avec une durée d'environ 40 minutes, ce conflit détient le record d'être la guerre la plus courte de l'histoire.

 

 

La bataille 

Depuis 1880, le sultanat de Zanzibar, situé sur la côte orientale de l'Afrique, dans l'État actuel de Tanzanie, est un protectorat britannique.

 

Le 25 août 1896, le sultan Sayyid Hamid bin Thuwain bin Said meurt ; Khalid ibn Bargach, un resistant hostile à l'influence britannique, s'empare alors du trône. Rejetant l'ultimatum que lui délivre le Royaume-Uni, celui-ci érige des défenses autour de la ville, face à la mer et mobilise ses forces, soit environ 2 800 hommes. Les Britanniques décident de mettre fin par la force à son règne et l'escadre de l'amiral Rawson de la Royal Navy est dépêchée dans ce but devant Zanzibar.

 

Les offres de reddition ayant été rejetées, la flotte britannique ouvre le feu le 27 août. Les batteries côtières sont détruites et un vieux yacht à vapeur, armé en guerre et portant le pavillon du sultan, est coulé après une résistance acharnée, mais sans espoir devant la disproportion des forces, tant sur le plan matériel que sur l'efficacité.

 

Prenant acte de la défaite de ses forces, l'usurpateur se réfugie au consulat de l'Empire allemand où il reçoit asile pendant trente-huit jours, et il est accueilli sur le navire de la Kaiserliche Marine, le SMS Seeadler. Le 2 octobre, il est évacué vers Dar es Salaam où il vivra en exil pendant une quinzaine d'années, tandis qu'un nouveau sultan, favorable aux Britanniques, est installé à sa place.

 

Cette bataille coûte la vie à plus de cinq cents Zanzibarites.

 

 

Navires engagés 

Bombardement de Zanzibar par la flotte britannique

  • Royaume-Uni
    • St-George, croiseur, navire amiral
    • Racoon, croiseur
    • Philomel, croiseur léger
    • Trush, canonnière
    • Sparrow, canonnière

  • Zanzibar
    • Glasgow, frégate-yacht à vapeur, navire amiral (coulé)

 

800px-Bombardement_de_Zanzibar.jpg

Bombardement de Zanzibar par la flotte britannique

 

 

Source : Bombardement de Zanzibar [Wikipedia Fr] 

Repost 0
Published by Milem - dans Histoires
commenter cet article
15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 17:12

Effets d'une bombe atomique

Article détaillé : Explosion atomique.


Les aspects particuliers de la bombe comme sa puissance et sa matière explosive la distinguent des explosifs traditionnels. Plusieurs effets la rendent bien plus dangereuse que les bombes développées jusqu'alors. On distingue généralement quatre grands effets (le souffle, la chaleur, l'impulsion électromagnétique et les radiations). Utilisées en grand nombre, les bombes atomiques peuvent également avoir un effet sur le climat global de la Terre.

 


Souffle

La puissance de l'explosion est bien plus importante qu'avec un explosif traditionnel. Une onde de choc provoque un déplacement important et rapide de l'air environnant, exerçant ainsi une contrainte (pression) sur les objets environnants.

 

Le souffle de l'explosion détruit tous les bâtiments alentour et provoque des lésions et la surdité des personnes qui sont trop proches de l'explosion. Une fois l'onde de choc passée, de forts vents créés par l'effet de vide (dépression, contrainte opposée) dû à l'explosion, semblables à ceux d'un ouragan, finissent de démolir les bâtiments qui seraient encore debout.

 

Si l'explosion a lieu au niveau du sol ou même est souterraine, des séismes peuvent également avoir lieu.

 


Chaleur

La chaleur de l'explosion est telle qu'elle déclenche des incendies et cause des brûlures sur les personnes même distantes de plusieurs kilomètres de l'explosion. Pour donner un ordre de grandeur, une bombe de 10 Mt provoque des brûlures jusque dans un rayon de 30 kilomètres et la température en son centre dépasse plusieurs millions de degrés. À cela peuvent s'ajouter des brûlures aux yeux pour ceux qui regardent l'explosion. 35% de l’énergie d'une bombe nucléaire est dissipée sous forme de chaleur.

 

 

Impulsion électromagnétique (IEM)

Article détaillé : Impulsion électromagnétique.


Une explosion nucléaire provoque un déplacement d'électrons, qui crée un courant électrique. Ce courant est tel qu'il perturbe pendant un certain temps les alimentations électriques et détruit complètement la plupart des circuits électroniques. Cet effet est maximal dans le cas des explosions à très haute altitude ou dans l'espace, plus limité lors d'explosions dans la basse atmosphère ou au niveau du sol.

 

 

Radiations

L'irradiation due à une arme nucléaire peut être de deux types :

  • Une irradiation immédiate et directe, pour les personnes proches de l'explosion, qui peut être très intense (voir Syndrome d'irradiation aiguë) ;
  • Une irradiation à long terme, due aux éléments radioactifs de la bombe et des éléments contaminés, qui peuvent être transportés par les mouvements d'air sur de très grandes distances. Cette irradiation est plus importante en termes de nombre de personnes touchées.

 

Les effets à long terme sont à relativiser d'après les résultats du suivi médical des survivants de Hiroshima et Nagasaki :

  • Il existe bien une augmentation des taux de cancers, significative, mais moins importante que ceux liés à d'autres causes comme le tabagisme (même pour les sujets exposés aux plus fortes doses l'excès de cancer ne semble pas dépasser 4%).
  • Contrairement aux idées reçues, il n'a pas été observé d'augmentation des malformations ou de troubles génétiques chez les descendants de survivants irradiés.

 

 

Impact climatique

Article détaillé : Hiver nucléaire.


Selon certains scénarios, si une guerre nucléaire venait à être déclenchée avec l'emploi massif des bombes nucléaires, des impacts importants sur le climat de la Terre pourraient se faire ressentir. Les incendies en masse déclenchés par l'effet de chaleur, ainsi que le soulèvement de la poussière, pourraient provoquer la formation d'un gigantesque manteau de suie et de poussière dans la stratosphère, qui occulterait les rayons du Soleil. Il s'ensuivrait, pendant quelques jours seulement ou plusieurs années, ce que l'on appelle communément un Hiver nucléaire.


 

508px-Japan_map_hiroshima_nagasaki1.png

 

547px-10.jpg

Nagasaki avant / après

 

mini002.jpg

Hiroshima en ruines

 

Hiroshima-pref-prom-hall-04.jpg

Le dôme de Genbaku (原爆ドームGenbaku Dōmu), ou le mémorial de la paix d'Hiroshima ou encore le dôme de la Bombe Atomique, était à l'origine le Palais d’exposition industrielle du département de Hiroshima. (photo de nos jours)

 

742px-Missouri-flyover.jpg

Démonstration de force aérienne survolant le Missouri le 2 septembre 1945

 

 

Sources :

Arme nucléaire [Wikipedia fr]

Armes nucléaires en Corée du Nord [Wikipedia Fr]

Bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki [Wikipedia Fr]

 

Dôme de Genbaku [Wikipedia Fr] (L’espoir d’une paix perpétuelle et l’abolition définitive de toutes les armes nucléaires sur la Terre)

Repost 0
Published by Milem - dans Histoires
commenter cet article
15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 17:02

Pays disposant de l'arme nucléaire

Depuis 1945, année où la première bombe explosa au Nouveau-Mexique aux États-Unis, plusieurs pays ont tenté de maîtriser la conception d'une telle arme. Ils sont classés ci-dessous en fonction du nombre de têtes nucléaires dont ils disposent.

 

p2006

 

 

Pays détenteurs signataires du TNP

Cinq pays sont juridiquement reconnus comme « États dotés de l'arme nucléaire » par le TNP, voici leur arsenal en mars 2006 :

  • la Russie : 16 000, dont 5 830 actives ;
  • les États-Unis : 5 113 ;
  • la France : 348 têtes actives ; réduction à moins de 300 en projet (déclaration du président Nicolas Sarkozy du 21 mars 2008) ;
  • le Programme nucléaire du Royaume-Uni : pas plus de 225, dont un peu moins de 200 actives.
  • la République populaire de Chine : environ 200, dont environ 145 actives ;

 

Les politologues désignent ces cinq États par le terme de « club nucléaire », qui sont également ceux qui sont membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies.

 

La Corée du Nord est le seul pays qui a acquis l'arme nucléaire après avoir ratifié le TNP (qu'elle avait toutefois dénoncé en 1993). Le nombre de têtes est estimé à moins d'une dizaine, dont quelques-unes seraient peut-être actives. La Corée du Nord a procédé à un essai nucléaire le 9 octobre 2006 puis a déclaré renoncer à son armement nucléaire suite à l'accord de Pékin du 13 février 2007.

 

- Alors que la centrale nucléaire de Yongbyon était fermée en juillet 2008 et que le début de la destruction d'un réacteur de cette centrale le 27 juin 2008 avaient laissé entrevoir la fin du programme nucléaire militaire Nord-Coréen, la situation se dégrade de nouveau lorsque que la Corée du Nord annonce fin août avoir suspendu le démantèlement de ses installations atomiques suite au piétinement des négociations.

 

En septembre 2008, l'annonce d'un processus de réactivation de la centrale de Yongbyon est annoncé suite officiellement au refus des États-Unis de retirer de sa liste des États soutenant le terrorisme crée de nouvelles tensions diplomatiques, mais les États-Unis retirent la Corée du Nord de la liste des États soutenant le terrorisme le 11 octobre 2008. 

 

Le 5 avril 2009, le tir de la fusée Kwangmyŏngsŏng-2 condamné par le conseil de sécurité de l'ONU et l'arrêt de toute coopération avec l'AIEA augmente de nouveau la tension.

 

 

# Article détaillé : Essai nucléaire nord-coréen du 25 mai 2009. 

 

Deux ans et demi après son premier essai, la Corée du Nord a annoncé le 25 mai 2009 avoir réalisé à 1h53 (GMT) un second essai nucléaire souterrain d'une puissance évalué entre 10 et 20 kilotonnes par le ministère russe de la Défense et entre 2 et 4 kilotonnes par le Commissariat à l'énergie atomique français.

 

Celui-ci suscite un nouveau tollé de la communauté internationale et une condamnation unanime du Conseil de sécurité de l'ONU. La Corée du Sud s'engage suite à cela pleinement à l'initiative de sécurité en matière de prolifération (PSI), ce qui est aussitôt dénoncé comme une provocation par la Corée du Nord qui dénonce l'armistice de 1953.

 

Après le vote à l'unanimité de la résolution 1874 alourdissant les sanctions contre le régime nord coréen le 12 juin 2009, ce dernier déclare que tout le plutonium extrait sera utilisé à des fins militaires et qu'il va débuter l'enrichissement d'uranium. Le 4 septembre 2009, il annonce être au stade final d'enrichissement d'uranium.

 

L'annonce le 21 novembre 2010 de la mise en service d'une usine d'enrichissement d'uranium à Yongbyon par la Corée du Nord relance et amplifie la crise alors que 48 heures plus tard l'artillerie nord-coréenne bombarde l'île sud-coréenne de Yeonpyeong.

 

 

Pays détenteurs non-signataires du TNP

Trois pays, non-signataires du TNP, disposent de l'arme nucléaire :

 

  • l'Inde : 40 à 50 têtes, presque toutes actives ; a réalisé le 18 mai 1974 son premier essai nucléaire, officiellement à but pacifique. Le 11 mai 1998, elle réalise son premier essai militaire.
  • le Pakistan : 50 à 60, presque toutes actives ; a réalisé quelques jours après l'Inde, le 28 mai 1998, son premier essai nucléaire.
  • Israël : dispose d'armes nucléaires. Une centaine seraient actives. Selon un ancien technicien de la Centrale nucléaire de DimonaMordechaï Vanunu, Israël disposerait de plus de 200 bombes atomiques. Cette déclaration lui a valu une condamnation pour espionnage et trahison et une peine de prison de 18 ans, comme le rappelle Gordon Thomas. Il affirme de même dans son ouvrage (Histoire Secrète du Mossad: De 1961 à nos Jour) qu'Israël aurait procédé, avec l'aide de l'Afrique du Sud, à un essai sous-marin dans l'Océan Indien le 22 septembre 1979, connu sous le nom de l'Incident Vela, mais aucune certitude n'existe à ce sujet. La position officielle israélienne a toujours été de ne pas confirmer ni infirmer les spéculations relatives à sa possession de l'arme atomique. Le 6 décembre 2006Robert Gates, secrétaire d'État à la défense américain déclarait lors de son audition au Sénat : « l'Iran est entouré de pays dotés de l'arme nucléaire : le Pakistan à l'est, Israël à l'ouest… », une première pour un haut fonctionnaire américain. Quelques jours plus tard, le 11 décembre 2006 lors d'une interview de la chaîne de télévision allemande N24 à propos des ambitions nucléaires iraniennes, Ehud Olmert déclarait : « Pourriez-vous dire que c'est la même chose que pour l'Amérique, la France, Israël et la Russie ? ». Il a été obligé de corriger la déclaration de Robert Gates ainsi que son lapsus et a rappelé la position d'Israël sur le sujet : « Israël ne sera pas le premier pays à introduire l'arme nucléaire au Proche-Orient. C'était notre position, c'est notre position, cela restera notre position. » .

 

 

Pays possédant un programme d'acquisition nucléaire

Article détaillé : Prolifération nucléaire.

 

Nuclear weapon programs worldwide

Pays soupçonnés de développer un programme nucléaire militaire

  • L'Iran, signataire du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, qui essaie depuis plusieurs années de se procurer l'énergie atomique à des fins, officiellement, civiles. Cependant plusieurs membres de la communauté internationale pensent que ce programme peut être utilisé pour développer l'arme nucléaire, notamment depuis la découverte de l'installation de recherche de Natanz en août 2002, qui n'avait pas été déclarée à l'AIEA. Une troïka européenne (composée de l'Allemagne, de la France et du Royaume-Uni) s'est formée et tente de pousser l'Iran à accepter un contrôle strict de son programme civil par les experts de l'AIEA. Israël et les États-Unis pour leur part laissent planer le déclenchement de représailles militaires si l'existence d'un programme militaire venait à être confirmée. Au début du mois de janvier 2006, l'Europe et les États-Unis se sont mis d'accord pour présenter l'affaire devant le Conseil de sécurité de l'ONU. 

 

 

  • L'Algérie, qui est soupçonnée de vouloir développer un programme nucléaire. Les Algériens ont mis en marche un second réacteur nucléaire, qui est particulièrement protégé. Elle suscite des craintes chez les Américains à cause de la taille de ce réacteur, et de la large défense aérienne dont il bénéficie. Une enquête de la CIA avait conclu à l'éventuelle utilisation militaire du réacteur nucléaire d'Aïn Oussara (160 km au sud d'Alger).

 

  • L'Arabie saoudite, qui est soupçonnée de vouloir développer un programme nucléaire. L'Arabie-Saoudite et le Pakistan auraient signé un accord secret sur « la coopération nucléaire » qui fournirait aux Saoudiens la technologie du nucléaire en échange de pétrole bon marché.

 

  • La Syrie, qui est soupçonnée par les États-Unis de vouloir développer un programme nucléaire. Un site bombardé en 2007 par l'aviation israélienne aurait pu abriter une centrale de production de plutonium. Des traces suspectes d'uranium ont également été trouvées sur le site bombardé et sur celui d'un réacteur de recherche à Damas.

 

 

Pays ayant démantelé leurs installations atomiques

  • La Suisse a préconisé de se doter d'un armement nucléaire, a construit des installations pour l'enrichissement de l'uranium, puis a pris des contacts avec l'état-major de l'armée française pour acquérir une arme nucléaire avant d'abandonner le projet au milieu des années 1960.
  • Durant les années 1950 et 1960, la Suède a développé un programme secret d'arme nucléaire, dans l'objectif de se protéger d'une éventuelle invasion de l'Union soviétique. Ce programme lui a permis de réaliser une bombe atomique, mais le programme a été abandonné en 1968, après la ratification du TNP.
  • La Libye qui a officiellement abandonné son programme nucléaire en 2003. C'est le résultat de neuf mois de tractations secrètes entre la Libye, les États-Unis et la Grande-Bretagne.
  • L'Irak a arrêté son programme nucléaire après la première guerre du Golfe. Les États-Unis et le Royaume-Uni ont soupçonné pendant un temps que le programme puisse avoir été relancé, mais depuis l'invasion de l'Irak en 2003, aucune preuve en ce sens n'a été trouvée.
  • Les nouveaux États issus de la dissolution de l'Union soviétique, tels l'Ukraine et le Kazakhstan ont rendu les ogives à la Russie et démantelé les bases nucléaires sur leur sol.
  • Les installations françaises en Algérie ont été démantelées et le pays n'a hébergé aucune arme nucléaire depuis son indépendance en 1962.
  • De même, la base britannique d'essais nucléaires en Australie a été démantelée.

 

 

 

      Suite Ici >>

Repost 0
Published by Milem - dans Histoires
commenter cet article
15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 15:59

L'arme nucléaire est une arme non conventionnelle qui utilise l'énergie dégagée par la fission de noyaux atomiques lourds (uraniumplutonium dans le cas des bombes A), par la fusion de noyaux atomiques légers (hydrogène dans le cas des bombes H) ou par une combinaison des deux phénomènes.

 

Ses effets destructeurs, qui sont sans commune mesure avec ceux des « armes conventionnelles », sont non seulement dus au souffle et à l'augmentation de la température, comme pour les explosifs classiques, mais aussi aux rayonnements. L'énergie libérée par l'explosion s'exprime par son équivalent en TNT.

 

L'arme nucléaire a été utilisée opérationnellement deux fois durant la Seconde Guerre mondiale, par les États-Unis contre le Japon par les bombardements des villes d'Hiroshima et de Nagasaki, entraînant plusieurs centaines de milliers de morts.

 

En raison de sa puissance, l'arme nucléaire n'est généralement pas considérée comme une arme conventionnelle, mais comme une arme de dissuasion (politique de dissuasion nucléaire), visant à empêcher toute attaque majeure, qui serait sanctionnée par l'utilisation de cette arme. Inversement, l'impact psychologique potentiel d'une arme nucléaire en fait une cible de choix pour des mouvements ou États terroristes. Depuis que plusieurs pays se sont dotés plus ou moins rapidement de l'arme nucléaire, des accords internationaux visent à réduire l'arsenal nucléaire et à limiter la prolifération nucléaire.

 


Débuts de la recherche nucléaire

Article détaillé : Course à la bombe (Seconde Guerre mondiale)

 

La littérature exploite le concept de bombe atomique à partir des années 1910 et les physiciens commencent à envisager l'emploi de l'énergie atomique et de la bombe atomique dans les années 1930.

 

L'arrivée au pouvoir d'Adolf Hitler en Allemagne déclenche une fuite des cerveaux immédiate dès 1933, y compris des savants d'origine juive qui contribuèrent ensuite de façon décisive aux filières française et britannique ; la bombe allemande ne vit jamais le jour malgré les travaux de l'institut de chimie Kaiser-Wilhelm de Berlin pendant la guerre, le Japon entreprit également un programme nucléaire menés par l’Institut de recherche physique et chimique du Japon (Riken) et construit pendant la Seconde guerre mondiale à Hungnanm, en actuelle Corée du nord, un réacteur. Les recherches visant à fabriquer une bombe nucléaire furent entamées mais les Japonais ne réussirent jamais à mettre sur pied la bombe. A la fin de la guerre, les Soviétiques démontèrent le réacteur et récupérèrent ainsi de précieuses informations sur la technologie de fission nucléaire.

 

Les découvertes et travaux effectués au Collège de France par Frédéric et Irène Joliot-CurieHans Halban et Lew Kowarski en 1939 et 1940 sont significatifs. Des communications sont faites et des brevets pris à cette époque, dont un décrit le principe de la bombe atomique.

 

La commission MAUD britannique est lancée pendant la drôle de guerre et récupère les résultats de la filière française après la débâcle de la bataille de France en mai 1940.

 


 

Projet Manhattan

Article détaillé : Projet Manhattan.


Mais c'est aux États-Unis que la bombe atomique sera mise au point et assemblée durant le projet Manhattan. Ce projet est mis sur pied suite à une lettre signée par Albert Einstein (aux opinions pacifistes), adressée au Président des États-UnisFranklin Delano Roosevelt. Dans cette lettre, datée du 2 août 1939, Einstein ainsi que d'autres physiciens expliquent à Roosevelt que l'Allemagne nazie effectue des recherches sur la fission nucléaire et ses applications possibles dans le domaine militaire, comme la création d'une bombe atomique. Einstein explique que cette bombe est capable de libérer une énergie si colossale qu'elle pourrait détruire une ville entière.


Le 14 août 1940, le Comité consultatif pour l'uranium, un organisme fédéral créé par Roosevelt, après avoir pris connaissance de la lettre, demande dans un mémorandum la création d'un projet de recherche sur le thème de la fission nucléaire et sur ses applications militaires. Une somme de 100 000 dollars est débloquée.

 

La première étape consiste en l'enrichissement de l'uranium naturel en uranium 235 fissile, c'est-à-dire que son atome peut se « casser » et produire une réaction de fission nucléaire. Durant cette étape de recherche, un second élément fissile est découvert, le plutonium.

 

Alors que jusque-là, le projet avait uniquement un but expérimental, avec pour objectif de valider la réalisation d'une bombe atomique, il est décidé en 1943, au vu des résultats, de passer au stade du développement. Le Projet Manhattan vient de voir le jour.

 

Des milliers de chercheurs, mis au secret, vont développer cette arme. Plusieurs laboratoires sont construits un peu partout aux États-Unis, comme dans le Tennessee, à Washington et enfin le plus célèbre, le LANL de Los Alamos auNouveau-Mexique en mars 1943.

 

Le Laboratoire national de Los Alamos (LANL) est dirigé par le physicien Robert Oppenheimer, il sera entouré par une brillante équipe de physiciens, parmi lesquels quatre prix Nobel de physique (Niels BohrJames ChadwickEnrico Fermiet Isidor Isaac Rabi). Durant deux ans, ils vont surmonter un grand nombre de problèmes techniques, aidés par un budget de deux milliards de dollars. Ils développent les deux filières, uranium et plutonium en parallèle. Au début de juillet 1945, s'ils disposent de bombes opérationnelles dans chacune des filières, ils ont encore un doute sur la bombe au plutonium. Ils décident donc que le premier test portera sur cette technologie.

 

Le 16 juillet 1945, sur la base aérienne d'Alamogordo, la première bombe atomique, Gadget, explose lors d'un test baptisé Trinity. La petite histoire dit que Kenneth Bainbridge, le responsable des essais, glissa à l'oreille de Robert Oppenheimer, qui avait déclaré I am become Death, the Destroyer of Worlds (« Maintenant, je suis la Mort, le Destructeur des Mondes ») après l'explosion : Now we are all sons-of-bitches (« À partir de maintenant, nous sommes tous des fils de putes »).

 


 

Hiroshima et Nagasaki

Article détaillé : Bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki.


Dans la matinée du 6 août de la même année, le président Harry Truman, qui a succédé à Franklin Roosevelt décédé le 12 avril, donne l'ordre de larguer une bombe atomique sur un objectif civil, la ville d'Hiroshima, avec pour objectif de faire capituler le Japon.

 

Même aujourd'hui, les raisons de cette décision sont loin d'être parfaitement connues. Il faut en effet se rappeler que le projet Manhattan visait initialement l'Allemagne et non pas le Japon. L'explication officielle (celle, à l'origine, de Truman) soutient que la capitulation du Japon fut ainsi réalisée en évitant de lourdes pertes américaines, un débarquement sur les côtes Japonaises ayant été évalué à plusieurs centaines de milliers de vies tuées. Pour d'autres, c'est l'imminence de la déclaration de guerre de l'URSS au Japon prévue lors des accords de Yalta trois mois après la capitulation de l'Allemagne (soit au 8 août 1945), qui est le facteur déterminant ; avec leur nouvelle puissance nucléaire, les États-Unis pouvaient écourter la guerre et n'avaient plus besoin de composer avec un allié encombrant qui voulait en partager les profits (zones d'influence, bases militaires, etc.). Ce fut le point de vue d'Eisenhower pendant la guerre et, au début de la Guerre froide, du prix Nobel de physique Patrick Blackett.

 

Cette bombe fut surnommée par l'armée américaine Little Boy (« Petit Garçon »), du fait de sa petite taille, et Pikadon (« Lumière et bruit ») par les japonais. La bombe A à l'uranium enrichi (de type revolver) détona en expulsant une énergie équivalente à environ 15 kt de TNT. Il est difficile de connaître avec précision le nombre de personnes tuées par l'explosion. Le Département de l'énergie américain (DOE) estime quant à lui le nombre de personnes tuées instantanément à environ 70 000 et environ 200 000 personnes supplémentaires dans les cinq années qui ont suivi.

 

Le 9 août, trois jours plus tard, Truman donne l'ordre de larguer une seconde bombe sur la ville de Kokura (actuellement Kitakyushu). Celle-ci étant recouverte par des nuages, c'est Nagasaki qui est alors visée : lors d'une éclaircie, le bombardier confond les usines Mitsubishi sur les quais du port avec la cathédrale chrétienne. La bombe larguée, cette fois-ci, est au Plutonium, a une puissance de 22 kt et est surnommée Fat Man (« Gros Bonhomme »). Tout comme pour Hiroshima, le nombre de décès est difficile à définir, le DOE estime qu'il y a eu environ 40 000 personnes tuées instantanément et 60 000 autres blessées. En janvier 1946, il était estimé qu'environ 70 000 personnes étaient décédées des conséquences de l'explosion et peut-être le double dans les cinq années suivantes.

 

Les deux bombes ont explosé à environ 500 mètres d'altitude afin de maximiser leurs effets.

 

Le 15 août, le Japon accepte la capitulation sans conditions, l'Acte de la reddition du Japon est signé le 2 septembre 1945, à bord du cuirassé « Missouri », ce qui met fin à la Seconde Guerre mondiale (après la déclaration de guerre soviétique au Japon le 8 août 1945).

 

 

Tracts

Le 8 août 1945, des tracts imprimés sur de petites feuilles de papier sont largués sur le Japon :


À L'ATTENTION DU PEUPLE JAPONAIS
L'Amérique demande que vous prêtiez immédiatement attention à ce que vous allez lire sur cette feuille.
Nous sommes en possession de l'explosif le plus destructeur jamais conçu par l'homme. Une seule de nos bombes atomiques, que nous avons récemment développées, est équivalente à la puissance explosive de 2 000 B-29 lors d'une seule mission. Cette affreuse affirmation doit vous faire réfléchir et nous pouvons vous assurer solennellement qu'elle est terriblement exacte.
Nous venons juste de commencer à utiliser cette arme contre votre patrie. Si vous avez un quelconque doute, faites une enquête et demandez ce qui s'est passé à Hiroshima quand une seule de nos bombes est tombée sur la ville.
Avant d'utiliser cette bombe pour détruire toutes les ressources militaires qui permettent de continuer cette guerre inutile, nous vous demandons de faire une pétition à l'attention de l'empereur pour cesser la guerre. Notre président a exposé les treize conséquences d'une capitulation honorable. Nous vous pressons d'accepter ces conséquences et de commencer le processus de construction d'un nouveau Japon, meilleur et en paix.
Vous devriez prendre maintenant des décisions pour arrêter la résistance militaire. Nous devrons autrement nous résoudre à utiliser cette bombe et toutes nos autres armes supérieures pour cesser rapidement et avec force cette guerre.

 


Début de la prolifération nucléaire

Article détaillé : Prolifération nucléaire

 

La fin de la Seconde Guerre mondiale et la connaissance de la puissance destructrice de la bombe atomique ont poussé plusieurs gouvernements à vouloir acquérir, comme les États-Unis, l'arme nucléaire.

 

C'est ainsi que rapidement, l'Union soviétique, a conçu une bombe A à l'institut panrusse de recherche scientifique en physique expérimentale, le RDS-1 et l'a testée le 29 août 1949. Elle est suivie le 3 octobre 1952 par le Royaume-Uni. Suivront alors les premières bombes A de la France en 1960 et la Chine en 1964.

 

Le 1er novembre 1952, les États-Unis déclenchent l'explosion de la première bombe H, une bombe cent fois plus puissante qu'une bombe A. Le premier essai soviétique de la bombe H a lieu le12 août 1953 et le 15 mai 1957 pour le Royaume-Uni.

 

Cette rapide prolifération nucléaire, avec les tentatives, parfois réussies, de nombreux pays comme l'Afrique du Sud ou Israël, a poussé les responsables politiques à limiter l'accession aux connaissances nécessaires pour réaliser une telle arme. C'est dans ce cadre que furent ratifiés des traités comme le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), en 1968.

 

En 1982, on estimait qu'il y avait environ 50 000 armes nucléaires dans le monde totalisant entre 12 000 et 14 000 mégatonnes soit l'équivalent de 3 tonnes de TNT par habitant (il y avait alors quatre milliards d'humains sur Terre).

 

 

 

Suite Ici >>

Repost 0
Published by Milem - dans Histoires
commenter cet article

Rechercher

Pages