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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 17:02

Pays disposant de l'arme nucléaire

Depuis 1945, année où la première bombe explosa au Nouveau-Mexique aux États-Unis, plusieurs pays ont tenté de maîtriser la conception d'une telle arme. Ils sont classés ci-dessous en fonction du nombre de têtes nucléaires dont ils disposent.

 

p2006

 

 

Pays détenteurs signataires du TNP

Cinq pays sont juridiquement reconnus comme « États dotés de l'arme nucléaire » par le TNP, voici leur arsenal en mars 2006 :

  • la Russie : 16 000, dont 5 830 actives ;
  • les États-Unis : 5 113 ;
  • la France : 348 têtes actives ; réduction à moins de 300 en projet (déclaration du président Nicolas Sarkozy du 21 mars 2008) ;
  • le Programme nucléaire du Royaume-Uni : pas plus de 225, dont un peu moins de 200 actives.
  • la République populaire de Chine : environ 200, dont environ 145 actives ;

 

Les politologues désignent ces cinq États par le terme de « club nucléaire », qui sont également ceux qui sont membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies.

 

La Corée du Nord est le seul pays qui a acquis l'arme nucléaire après avoir ratifié le TNP (qu'elle avait toutefois dénoncé en 1993). Le nombre de têtes est estimé à moins d'une dizaine, dont quelques-unes seraient peut-être actives. La Corée du Nord a procédé à un essai nucléaire le 9 octobre 2006 puis a déclaré renoncer à son armement nucléaire suite à l'accord de Pékin du 13 février 2007.

 

- Alors que la centrale nucléaire de Yongbyon était fermée en juillet 2008 et que le début de la destruction d'un réacteur de cette centrale le 27 juin 2008 avaient laissé entrevoir la fin du programme nucléaire militaire Nord-Coréen, la situation se dégrade de nouveau lorsque que la Corée du Nord annonce fin août avoir suspendu le démantèlement de ses installations atomiques suite au piétinement des négociations.

 

En septembre 2008, l'annonce d'un processus de réactivation de la centrale de Yongbyon est annoncé suite officiellement au refus des États-Unis de retirer de sa liste des États soutenant le terrorisme crée de nouvelles tensions diplomatiques, mais les États-Unis retirent la Corée du Nord de la liste des États soutenant le terrorisme le 11 octobre 2008. 

 

Le 5 avril 2009, le tir de la fusée Kwangmyŏngsŏng-2 condamné par le conseil de sécurité de l'ONU et l'arrêt de toute coopération avec l'AIEA augmente de nouveau la tension.

 

 

# Article détaillé : Essai nucléaire nord-coréen du 25 mai 2009. 

 

Deux ans et demi après son premier essai, la Corée du Nord a annoncé le 25 mai 2009 avoir réalisé à 1h53 (GMT) un second essai nucléaire souterrain d'une puissance évalué entre 10 et 20 kilotonnes par le ministère russe de la Défense et entre 2 et 4 kilotonnes par le Commissariat à l'énergie atomique français.

 

Celui-ci suscite un nouveau tollé de la communauté internationale et une condamnation unanime du Conseil de sécurité de l'ONU. La Corée du Sud s'engage suite à cela pleinement à l'initiative de sécurité en matière de prolifération (PSI), ce qui est aussitôt dénoncé comme une provocation par la Corée du Nord qui dénonce l'armistice de 1953.

 

Après le vote à l'unanimité de la résolution 1874 alourdissant les sanctions contre le régime nord coréen le 12 juin 2009, ce dernier déclare que tout le plutonium extrait sera utilisé à des fins militaires et qu'il va débuter l'enrichissement d'uranium. Le 4 septembre 2009, il annonce être au stade final d'enrichissement d'uranium.

 

L'annonce le 21 novembre 2010 de la mise en service d'une usine d'enrichissement d'uranium à Yongbyon par la Corée du Nord relance et amplifie la crise alors que 48 heures plus tard l'artillerie nord-coréenne bombarde l'île sud-coréenne de Yeonpyeong.

 

 

Pays détenteurs non-signataires du TNP

Trois pays, non-signataires du TNP, disposent de l'arme nucléaire :

 

  • l'Inde : 40 à 50 têtes, presque toutes actives ; a réalisé le 18 mai 1974 son premier essai nucléaire, officiellement à but pacifique. Le 11 mai 1998, elle réalise son premier essai militaire.
  • le Pakistan : 50 à 60, presque toutes actives ; a réalisé quelques jours après l'Inde, le 28 mai 1998, son premier essai nucléaire.
  • Israël : dispose d'armes nucléaires. Une centaine seraient actives. Selon un ancien technicien de la Centrale nucléaire de DimonaMordechaï Vanunu, Israël disposerait de plus de 200 bombes atomiques. Cette déclaration lui a valu une condamnation pour espionnage et trahison et une peine de prison de 18 ans, comme le rappelle Gordon Thomas. Il affirme de même dans son ouvrage (Histoire Secrète du Mossad: De 1961 à nos Jour) qu'Israël aurait procédé, avec l'aide de l'Afrique du Sud, à un essai sous-marin dans l'Océan Indien le 22 septembre 1979, connu sous le nom de l'Incident Vela, mais aucune certitude n'existe à ce sujet. La position officielle israélienne a toujours été de ne pas confirmer ni infirmer les spéculations relatives à sa possession de l'arme atomique. Le 6 décembre 2006Robert Gates, secrétaire d'État à la défense américain déclarait lors de son audition au Sénat : « l'Iran est entouré de pays dotés de l'arme nucléaire : le Pakistan à l'est, Israël à l'ouest… », une première pour un haut fonctionnaire américain. Quelques jours plus tard, le 11 décembre 2006 lors d'une interview de la chaîne de télévision allemande N24 à propos des ambitions nucléaires iraniennes, Ehud Olmert déclarait : « Pourriez-vous dire que c'est la même chose que pour l'Amérique, la France, Israël et la Russie ? ». Il a été obligé de corriger la déclaration de Robert Gates ainsi que son lapsus et a rappelé la position d'Israël sur le sujet : « Israël ne sera pas le premier pays à introduire l'arme nucléaire au Proche-Orient. C'était notre position, c'est notre position, cela restera notre position. » .

 

 

Pays possédant un programme d'acquisition nucléaire

Article détaillé : Prolifération nucléaire.

 

Nuclear weapon programs worldwide

Pays soupçonnés de développer un programme nucléaire militaire

  • L'Iran, signataire du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, qui essaie depuis plusieurs années de se procurer l'énergie atomique à des fins, officiellement, civiles. Cependant plusieurs membres de la communauté internationale pensent que ce programme peut être utilisé pour développer l'arme nucléaire, notamment depuis la découverte de l'installation de recherche de Natanz en août 2002, qui n'avait pas été déclarée à l'AIEA. Une troïka européenne (composée de l'Allemagne, de la France et du Royaume-Uni) s'est formée et tente de pousser l'Iran à accepter un contrôle strict de son programme civil par les experts de l'AIEA. Israël et les États-Unis pour leur part laissent planer le déclenchement de représailles militaires si l'existence d'un programme militaire venait à être confirmée. Au début du mois de janvier 2006, l'Europe et les États-Unis se sont mis d'accord pour présenter l'affaire devant le Conseil de sécurité de l'ONU. 

 

 

  • L'Algérie, qui est soupçonnée de vouloir développer un programme nucléaire. Les Algériens ont mis en marche un second réacteur nucléaire, qui est particulièrement protégé. Elle suscite des craintes chez les Américains à cause de la taille de ce réacteur, et de la large défense aérienne dont il bénéficie. Une enquête de la CIA avait conclu à l'éventuelle utilisation militaire du réacteur nucléaire d'Aïn Oussara (160 km au sud d'Alger).

 

  • L'Arabie saoudite, qui est soupçonnée de vouloir développer un programme nucléaire. L'Arabie-Saoudite et le Pakistan auraient signé un accord secret sur « la coopération nucléaire » qui fournirait aux Saoudiens la technologie du nucléaire en échange de pétrole bon marché.

 

  • La Syrie, qui est soupçonnée par les États-Unis de vouloir développer un programme nucléaire. Un site bombardé en 2007 par l'aviation israélienne aurait pu abriter une centrale de production de plutonium. Des traces suspectes d'uranium ont également été trouvées sur le site bombardé et sur celui d'un réacteur de recherche à Damas.

 

 

Pays ayant démantelé leurs installations atomiques

  • La Suisse a préconisé de se doter d'un armement nucléaire, a construit des installations pour l'enrichissement de l'uranium, puis a pris des contacts avec l'état-major de l'armée française pour acquérir une arme nucléaire avant d'abandonner le projet au milieu des années 1960.
  • Durant les années 1950 et 1960, la Suède a développé un programme secret d'arme nucléaire, dans l'objectif de se protéger d'une éventuelle invasion de l'Union soviétique. Ce programme lui a permis de réaliser une bombe atomique, mais le programme a été abandonné en 1968, après la ratification du TNP.
  • La Libye qui a officiellement abandonné son programme nucléaire en 2003. C'est le résultat de neuf mois de tractations secrètes entre la Libye, les États-Unis et la Grande-Bretagne.
  • L'Irak a arrêté son programme nucléaire après la première guerre du Golfe. Les États-Unis et le Royaume-Uni ont soupçonné pendant un temps que le programme puisse avoir été relancé, mais depuis l'invasion de l'Irak en 2003, aucune preuve en ce sens n'a été trouvée.
  • Les nouveaux États issus de la dissolution de l'Union soviétique, tels l'Ukraine et le Kazakhstan ont rendu les ogives à la Russie et démantelé les bases nucléaires sur leur sol.
  • Les installations françaises en Algérie ont été démantelées et le pays n'a hébergé aucune arme nucléaire depuis son indépendance en 1962.
  • De même, la base britannique d'essais nucléaires en Australie a été démantelée.

 

 

 

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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 15:59

L'arme nucléaire est une arme non conventionnelle qui utilise l'énergie dégagée par la fission de noyaux atomiques lourds (uraniumplutonium dans le cas des bombes A), par la fusion de noyaux atomiques légers (hydrogène dans le cas des bombes H) ou par une combinaison des deux phénomènes.

 

Ses effets destructeurs, qui sont sans commune mesure avec ceux des « armes conventionnelles », sont non seulement dus au souffle et à l'augmentation de la température, comme pour les explosifs classiques, mais aussi aux rayonnements. L'énergie libérée par l'explosion s'exprime par son équivalent en TNT.

 

L'arme nucléaire a été utilisée opérationnellement deux fois durant la Seconde Guerre mondiale, par les États-Unis contre le Japon par les bombardements des villes d'Hiroshima et de Nagasaki, entraînant plusieurs centaines de milliers de morts.

 

En raison de sa puissance, l'arme nucléaire n'est généralement pas considérée comme une arme conventionnelle, mais comme une arme de dissuasion (politique de dissuasion nucléaire), visant à empêcher toute attaque majeure, qui serait sanctionnée par l'utilisation de cette arme. Inversement, l'impact psychologique potentiel d'une arme nucléaire en fait une cible de choix pour des mouvements ou États terroristes. Depuis que plusieurs pays se sont dotés plus ou moins rapidement de l'arme nucléaire, des accords internationaux visent à réduire l'arsenal nucléaire et à limiter la prolifération nucléaire.

 


Débuts de la recherche nucléaire

Article détaillé : Course à la bombe (Seconde Guerre mondiale)

 

La littérature exploite le concept de bombe atomique à partir des années 1910 et les physiciens commencent à envisager l'emploi de l'énergie atomique et de la bombe atomique dans les années 1930.

 

L'arrivée au pouvoir d'Adolf Hitler en Allemagne déclenche une fuite des cerveaux immédiate dès 1933, y compris des savants d'origine juive qui contribuèrent ensuite de façon décisive aux filières française et britannique ; la bombe allemande ne vit jamais le jour malgré les travaux de l'institut de chimie Kaiser-Wilhelm de Berlin pendant la guerre, le Japon entreprit également un programme nucléaire menés par l’Institut de recherche physique et chimique du Japon (Riken) et construit pendant la Seconde guerre mondiale à Hungnanm, en actuelle Corée du nord, un réacteur. Les recherches visant à fabriquer une bombe nucléaire furent entamées mais les Japonais ne réussirent jamais à mettre sur pied la bombe. A la fin de la guerre, les Soviétiques démontèrent le réacteur et récupérèrent ainsi de précieuses informations sur la technologie de fission nucléaire.

 

Les découvertes et travaux effectués au Collège de France par Frédéric et Irène Joliot-CurieHans Halban et Lew Kowarski en 1939 et 1940 sont significatifs. Des communications sont faites et des brevets pris à cette époque, dont un décrit le principe de la bombe atomique.

 

La commission MAUD britannique est lancée pendant la drôle de guerre et récupère les résultats de la filière française après la débâcle de la bataille de France en mai 1940.

 


 

Projet Manhattan

Article détaillé : Projet Manhattan.


Mais c'est aux États-Unis que la bombe atomique sera mise au point et assemblée durant le projet Manhattan. Ce projet est mis sur pied suite à une lettre signée par Albert Einstein (aux opinions pacifistes), adressée au Président des États-UnisFranklin Delano Roosevelt. Dans cette lettre, datée du 2 août 1939, Einstein ainsi que d'autres physiciens expliquent à Roosevelt que l'Allemagne nazie effectue des recherches sur la fission nucléaire et ses applications possibles dans le domaine militaire, comme la création d'une bombe atomique. Einstein explique que cette bombe est capable de libérer une énergie si colossale qu'elle pourrait détruire une ville entière.


Le 14 août 1940, le Comité consultatif pour l'uranium, un organisme fédéral créé par Roosevelt, après avoir pris connaissance de la lettre, demande dans un mémorandum la création d'un projet de recherche sur le thème de la fission nucléaire et sur ses applications militaires. Une somme de 100 000 dollars est débloquée.

 

La première étape consiste en l'enrichissement de l'uranium naturel en uranium 235 fissile, c'est-à-dire que son atome peut se « casser » et produire une réaction de fission nucléaire. Durant cette étape de recherche, un second élément fissile est découvert, le plutonium.

 

Alors que jusque-là, le projet avait uniquement un but expérimental, avec pour objectif de valider la réalisation d'une bombe atomique, il est décidé en 1943, au vu des résultats, de passer au stade du développement. Le Projet Manhattan vient de voir le jour.

 

Des milliers de chercheurs, mis au secret, vont développer cette arme. Plusieurs laboratoires sont construits un peu partout aux États-Unis, comme dans le Tennessee, à Washington et enfin le plus célèbre, le LANL de Los Alamos auNouveau-Mexique en mars 1943.

 

Le Laboratoire national de Los Alamos (LANL) est dirigé par le physicien Robert Oppenheimer, il sera entouré par une brillante équipe de physiciens, parmi lesquels quatre prix Nobel de physique (Niels BohrJames ChadwickEnrico Fermiet Isidor Isaac Rabi). Durant deux ans, ils vont surmonter un grand nombre de problèmes techniques, aidés par un budget de deux milliards de dollars. Ils développent les deux filières, uranium et plutonium en parallèle. Au début de juillet 1945, s'ils disposent de bombes opérationnelles dans chacune des filières, ils ont encore un doute sur la bombe au plutonium. Ils décident donc que le premier test portera sur cette technologie.

 

Le 16 juillet 1945, sur la base aérienne d'Alamogordo, la première bombe atomique, Gadget, explose lors d'un test baptisé Trinity. La petite histoire dit que Kenneth Bainbridge, le responsable des essais, glissa à l'oreille de Robert Oppenheimer, qui avait déclaré I am become Death, the Destroyer of Worlds (« Maintenant, je suis la Mort, le Destructeur des Mondes ») après l'explosion : Now we are all sons-of-bitches (« À partir de maintenant, nous sommes tous des fils de putes »).

 


 

Hiroshima et Nagasaki

Article détaillé : Bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki.


Dans la matinée du 6 août de la même année, le président Harry Truman, qui a succédé à Franklin Roosevelt décédé le 12 avril, donne l'ordre de larguer une bombe atomique sur un objectif civil, la ville d'Hiroshima, avec pour objectif de faire capituler le Japon.

 

Même aujourd'hui, les raisons de cette décision sont loin d'être parfaitement connues. Il faut en effet se rappeler que le projet Manhattan visait initialement l'Allemagne et non pas le Japon. L'explication officielle (celle, à l'origine, de Truman) soutient que la capitulation du Japon fut ainsi réalisée en évitant de lourdes pertes américaines, un débarquement sur les côtes Japonaises ayant été évalué à plusieurs centaines de milliers de vies tuées. Pour d'autres, c'est l'imminence de la déclaration de guerre de l'URSS au Japon prévue lors des accords de Yalta trois mois après la capitulation de l'Allemagne (soit au 8 août 1945), qui est le facteur déterminant ; avec leur nouvelle puissance nucléaire, les États-Unis pouvaient écourter la guerre et n'avaient plus besoin de composer avec un allié encombrant qui voulait en partager les profits (zones d'influence, bases militaires, etc.). Ce fut le point de vue d'Eisenhower pendant la guerre et, au début de la Guerre froide, du prix Nobel de physique Patrick Blackett.

 

Cette bombe fut surnommée par l'armée américaine Little Boy (« Petit Garçon »), du fait de sa petite taille, et Pikadon (« Lumière et bruit ») par les japonais. La bombe A à l'uranium enrichi (de type revolver) détona en expulsant une énergie équivalente à environ 15 kt de TNT. Il est difficile de connaître avec précision le nombre de personnes tuées par l'explosion. Le Département de l'énergie américain (DOE) estime quant à lui le nombre de personnes tuées instantanément à environ 70 000 et environ 200 000 personnes supplémentaires dans les cinq années qui ont suivi.

 

Le 9 août, trois jours plus tard, Truman donne l'ordre de larguer une seconde bombe sur la ville de Kokura (actuellement Kitakyushu). Celle-ci étant recouverte par des nuages, c'est Nagasaki qui est alors visée : lors d'une éclaircie, le bombardier confond les usines Mitsubishi sur les quais du port avec la cathédrale chrétienne. La bombe larguée, cette fois-ci, est au Plutonium, a une puissance de 22 kt et est surnommée Fat Man (« Gros Bonhomme »). Tout comme pour Hiroshima, le nombre de décès est difficile à définir, le DOE estime qu'il y a eu environ 40 000 personnes tuées instantanément et 60 000 autres blessées. En janvier 1946, il était estimé qu'environ 70 000 personnes étaient décédées des conséquences de l'explosion et peut-être le double dans les cinq années suivantes.

 

Les deux bombes ont explosé à environ 500 mètres d'altitude afin de maximiser leurs effets.

 

Le 15 août, le Japon accepte la capitulation sans conditions, l'Acte de la reddition du Japon est signé le 2 septembre 1945, à bord du cuirassé « Missouri », ce qui met fin à la Seconde Guerre mondiale (après la déclaration de guerre soviétique au Japon le 8 août 1945).

 

 

Tracts

Le 8 août 1945, des tracts imprimés sur de petites feuilles de papier sont largués sur le Japon :


À L'ATTENTION DU PEUPLE JAPONAIS
L'Amérique demande que vous prêtiez immédiatement attention à ce que vous allez lire sur cette feuille.
Nous sommes en possession de l'explosif le plus destructeur jamais conçu par l'homme. Une seule de nos bombes atomiques, que nous avons récemment développées, est équivalente à la puissance explosive de 2 000 B-29 lors d'une seule mission. Cette affreuse affirmation doit vous faire réfléchir et nous pouvons vous assurer solennellement qu'elle est terriblement exacte.
Nous venons juste de commencer à utiliser cette arme contre votre patrie. Si vous avez un quelconque doute, faites une enquête et demandez ce qui s'est passé à Hiroshima quand une seule de nos bombes est tombée sur la ville.
Avant d'utiliser cette bombe pour détruire toutes les ressources militaires qui permettent de continuer cette guerre inutile, nous vous demandons de faire une pétition à l'attention de l'empereur pour cesser la guerre. Notre président a exposé les treize conséquences d'une capitulation honorable. Nous vous pressons d'accepter ces conséquences et de commencer le processus de construction d'un nouveau Japon, meilleur et en paix.
Vous devriez prendre maintenant des décisions pour arrêter la résistance militaire. Nous devrons autrement nous résoudre à utiliser cette bombe et toutes nos autres armes supérieures pour cesser rapidement et avec force cette guerre.

 


Début de la prolifération nucléaire

Article détaillé : Prolifération nucléaire

 

La fin de la Seconde Guerre mondiale et la connaissance de la puissance destructrice de la bombe atomique ont poussé plusieurs gouvernements à vouloir acquérir, comme les États-Unis, l'arme nucléaire.

 

C'est ainsi que rapidement, l'Union soviétique, a conçu une bombe A à l'institut panrusse de recherche scientifique en physique expérimentale, le RDS-1 et l'a testée le 29 août 1949. Elle est suivie le 3 octobre 1952 par le Royaume-Uni. Suivront alors les premières bombes A de la France en 1960 et la Chine en 1964.

 

Le 1er novembre 1952, les États-Unis déclenchent l'explosion de la première bombe H, une bombe cent fois plus puissante qu'une bombe A. Le premier essai soviétique de la bombe H a lieu le12 août 1953 et le 15 mai 1957 pour le Royaume-Uni.

 

Cette rapide prolifération nucléaire, avec les tentatives, parfois réussies, de nombreux pays comme l'Afrique du Sud ou Israël, a poussé les responsables politiques à limiter l'accession aux connaissances nécessaires pour réaliser une telle arme. C'est dans ce cadre que furent ratifiés des traités comme le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), en 1968.

 

En 1982, on estimait qu'il y avait environ 50 000 armes nucléaires dans le monde totalisant entre 12 000 et 14 000 mégatonnes soit l'équivalent de 3 tonnes de TNT par habitant (il y avait alors quatre milliards d'humains sur Terre).

 

 

 

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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 15:36

La Troisième Guerre mondiale est une hypothétique guerre mondiale qui suivrait la deuxième et qui se caractérise par l'usage de l'arme nucléaire.

 

 

Utilisations de l'expression

Elle puise son origine dans la crainte que la confrontation entre les deux superpuissances de la Guerre froide, l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) et les États-Unis, n'aboutisse à une guerre totale utilisant les armes nucléaires. Toutes ces situations sont parfois appelées par l'expression biblique armageddon. Il en aurait résulté un combat définitif (avec la chute de la civilisation et l'extinction de l’espèce humaine due à un hiver nucléaire). Un recours à l'utilisation limitée d'armes nucléaires ainsi que la destruction du globe terrestre figurent parmi les concepts multiples de cette guerre.

 

La menace d'anéantissement était prégnante dans la pensée collective dès les lendemains concluant le second conflit mondial, l'opinion publique internationale découvrant le champignon atomique. Questionné en 1948 à propos de l'armement employé lors d'une éventuelle troisième guerre mondiale, Albert Einstein répondit: « Je ne sais pas, mais je peux vous dire ce dont ils se serviront pour la quatrième. Ils se jetteront des pierres ! »

 

Cette peur fut relayée par divers médias et sous diverses formes, y compris de nombreuses fictions reprenant l'hypothèse et entretenant la psychose collective. Il est admis de manière générale qu'en 1962, la crise des missiles à Cuba entre les États-Unis, Cuba, et l'Union des républiques socialistes soviétiques, venant ajouter un surcroît de tensions à celles déjà générées, en 1961, par la construction du mur de Berlin, aurait pu être un sérieux élément déclencheur de la Troisième Guerre mondiale.

 

La Guerre froide est parfois elle-même qualifiée de Troisième Guerre mondiale, notamment dans l'idée que la guerre contre le terrorisme serait, elle, la « Quatrième Guerre mondiale ». Cette thèse se base sur le fait que la confrontation mondiale entre les deux blocs, communistes et occidentaux a eu pour conséquence des guerres ou l'alimentation de guerres. Celles-ci ont pour point commun le fait d'être le théâtre de guerres par procuration entre l'URSS et les États-Unis :

guerre de Corée, guerre du Viêt Nam, guerre civile angolaise, guerre d'Afghanistan (1979), etc.

 

Ceux qui y ont cru ont donc introduit l'idée d'une Quatrième Guerre mondiale, en lui donnant la légère nuance que, contrairement à la connotation de la troisième avec la fin des fins futures, la quatrième, qui aurait déjà commencé lors des attentats du 11 septembre 2001, conduisant aux guerres d'Afghanistan et d'Irak, ne verrait l'apocalypse que comme un risque possible de l'issue de ces conflits. Le passage de « troisième » à « quatrième » illustrerait aussi le changement d'adversaire du bloc capitaliste; le communisme étant remplacé par le nationalisme, dont notamment l'islamisme, dans les années 1990.

 

Mais l'expression Troisième Guerre mondiale a également été employée en une occasion par l'ancien président américain George W. Bush pour désigner sa campagne militaire antiterroriste, ou pour évoquer la possibilité d'une confrontation armée qui opposerait Israël et les grandes puissances occidentales à l'Iran et la Corée du Nord à propos de leurs programmes nucléaires respectifs dont le but principal ne serait autre que la fabrication et l'utilisation d'armes de destruction massive.

 

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Source : Troisième Guerre mondiale [Wikipedia Fr]

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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 14:24

La guerre de Corée eut lieu de 1950 à 1953 entre les forces de la Corée du Nord communiste, soutenues par la République populaire de Chine et l'Union soviétique, et celles de la Corée du Sud sous influence occidentale, soutenues par les Nations unies (principalement les États-Unis).

 

 

L'assaut nord-coréen

Dans les heures précédant l'aube du 25 juin 1950, sous la protection d'un formidable barrage d'artillerie, 135 000 Nord-Coréens franchirent la frontière entre les deux Corées. Le gouvernement nord-coréen annonça que des troupes commandées par le « traître et bandit » Syngman Rhee avaient traversé le 38e parallèle, et que par conséquent le Nord avait été obligé de riposter « à une grave provocation des fantoches de Washington », selon L'Humanité du lendemain.

 

De son côté, Jean-Paul Sartre, compagnon de route du Parti communiste français, affirma que « c’était la Corée du Sud qui avait attaqué la Corée du Nord à l'instigation des États-Unis ». Conseillée et équipée par les Soviétiques, qui ne s'engageront toutefois jamais ouvertement, l'armée nord-coréenne mit en ligne 7 divisions, 150 T-34, 1 700 pièces d'artillerie, 200 avions de combat et d'importantes réserves. L'attaque nordiste fut dévastatrice. Au moins les deux tiers de la petite armée sud-coréenne (à peine 38 000 hommes répartis sur 4 divisions d'infanterie) étaient alors en permission, laissant le pays largement désarmé. Les Nordistes attaquèrent en plusieurs endroits stratégiques, parmi lesquels Kaesong, Chunchon, Uijongbu, et Ongjin. En quelques jours, les forces sudistes, surclassées en nombre et en puissance de feu, furent mises en déroute et durent battre en retraite. Tandis que l'attaque au sol progressait, l'armée de l'air nordiste bombarda l'aéroport de Gimpo à Séoul où se trouvait les 22 avions de liaison et d'entraînement de l'aviation du sud. Séoul fut prise dans l'après-midi du 28 juin. Les Nord-Coréens n'avaient toutefois pas réussi à atteindre leur objectif principal, à savoir la reddition rapide du gouvernement de Rhee et la désintégration de son armée.


L'invasion de la Corée du Sud (République de Corée, RdC, ROK en anglais) semble avoir été une surprise complète pour les États-Unis et leurs alliés ; quelques jours avant l'offensive nord-coréenne, le 20 juin, Dean Acheson, le nouveau Secrétaire du Département d'État, avait déclaré officiellement au Congrès qu'une guerre était improbable. Truman lui-même fut contacté quelques heures après le déclenchement de l'offensive ; il crut qu'il s'agissait du début de la troisième Guerre mondiale. En tout état de cause, une partie de l'état-major américain aurait accueilli avec enthousiasme l'annonce, espérant pouvoir ainsi « endiguer » (stratégie du containment) la progression des communistes en Extrême-Orient. « Les Coréens nous sauvent », aurait déclaré le secrétaire d’État Acheson quand il reçut le 25 juin la nouvelle du déclenchement des hostilités.

 

Malgré la démobilisation partielle des forces américaines et alliées après la défaite du Japon, ce qui causa de sérieux problèmes logistiques aux troupes américaines dans la région - hormis les Marines, les divisions d'infanterie envoyées en Corée ne comptaient que 40% de leurs effectifs et la majeure partie de leur équipement était inutilisable -, les États-Unis avaient encore 83 000 hommes destinés à l'occupation du Japon répartis en 3 divisions d'infanterie plus la 1re division de cavalerie, sous le commandement du général Douglas MacArthur. À part les unités du Commonwealth en Corée, aucune autre nation ne pouvait fournir des renforts importants. Le président Harry S. Truman, à la nouvelle de l'invasion, ordonna à Mac Arthur de transférer des munitions au profit de l'armée sud-coréenne (en anglais ROK Army, ROKA) et de fournir une protection aérienne afin de permettre l'évacuation des citoyens américains. Toutefois, Truman était en désaccord avec ses conseillers, qui voulaient lancer des raids aériens contre la Corée du Nord. Il autorisa cependant la Septième flotte américaine à protéger Taïwan, mettant ainsi fin à la politique américaine de désengagement vis-à-vis du gouvernement nationaliste du Kuomintang, confiné à Taïwan - réplique américaine redoutée par Mao avant l'attaque nord-coréenne -. Tchang Kaï-chek proposa de participer à la guerre, mais cette demande fut rejetée par les Américains au motif que cela ne ferait qu'encourager une intervention des communistes chinois.

 

 

Bilan du conflit

Avec 3 millions de morts et une situation militaire inchangée (la tension reste toujours vive entre le Nord et le Sud), le pays a subi la pire destruction matérielle et humaine de son histoire. Ce conflit a été le premier d'importance internationale après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il a aussi constitué la première intervention armée de l'ONU dans un conflit ouvert.

Le coût du conflit fut estimé pour les seuls États-Unis à environ 50 milliards de dollars américains de l'époque soit environ 215 milliards de dollars valeur 2010.


L'après-guerre

L'armistice ne cessa pas les incidents de frontières et raids de commandos venus du Nord attaquer le Sud et la tension reste vive entre les deux Corées. Le 27 mai 2009, dans le cadre de la crise nucléaire nord coréenne, la Corée du Nord estime ne plus être liée par l'armistice qui a fait cesser les combats de la guerre de Corée. La guerre du Crabe depuis les années 1990 a occasionné plusieurs batailles navales. La paix n'est toujours pas signée.

 

La participation française

Impliquée dans la guerre d'Indochine, la France n'a apporté qu'un soutien limité mais néanmoins marquant à l'appel des Nations Unies. Cela s'est traduit par le détachement de l'aviso colonial La Grandière chargé des missions de protection des convois maritimes participant au renfort du périmètre de Pusan et au débarquement de Incheon, ainsi que par l'envoi de 3 421 hommes formant le bataillon français de l'ONU, intégré, avec des renforts coréens et deux bataillons américains, dans les effectifs du 23e régiment de la 2nd "Indianhead" Infantry Division. Cette division s'est illustrée dans plusieurs faits d'armes qui lui ont valu plusieurs citations. À l'issue de la guerre, le bataillon a eu 287 tués, dont 18 Coréens, 1 350 blessés, 12 prisonniers et 7 disparus.

 

 

Source : Guerre de Corée [Wikipedia Fr] (Plus d'information)

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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 18:51

La guerre anglo-américaine de 1812 a opposé les États-Unis à l’Empire britannique, entre juin 1812 et février 1815. Cette guerre est aussi connue sous les noms de guerre de 1812, de seconde guerre d’indépendance, voire plus rarement de guerre américano-britannique. L’appellation de « guerre de 1812 » peut parfois conduire à une confusion dans la mesure où la guerre d’invasion de la Russie par Napoléon Bonaparte, la campagne de Russie, a eu lieu la même année.

 

Alors que le Royaume-Uni devait fournir un important effort de guerre du fait de son conflit avec la France napoléonienne, les États-Unis lui déclarèrent la guerre le 18 juin 1812 pour libérer les territoires canadiens qui relevaient de l’empire britannique, qui s’étaient peuplés d’anglophones depuis une quarantaine d’années, et entretenaient de nombreuses relations culturelles et commerciales avec les États-Unis.

 

Parmi les motifs moins explicites figuraient le ressentiment et la colère causés par l’enrôlement forcé de matelots américains dans la Royal Navy, les Anglais les soupçonnant d’être des déserteurs, l’affaiblissement des échanges commerciaux américains causé par le blocus britannique des ports continentaux d’Europe, ainsi que le soutien du Royaume-Uni aux Amérindiens défendant leurs terres contre les spéculateurs immobiliers et les premiers colons américains vers l’Ouest. Dans le sud, la violente guerre des Creeks, habilement manœuvrée par les spéculateurs et le futur président Andrew Jackson, sera le prolongement de ce conflit, qui donnera un prétexte pour justifier la colonisation, mais l’un de ses héros, le coureur de bois Davy Crockett se fera élire au Capitole et s’opposera aux visées expansionnistes de Jackson dans les années 1827 à 1834, au moment de l’Indian Removal Act.

 

La guerre se déroula sur trois théâtres d’opérations : l’océan Atlantique, la région des Grands Lacs et les États du Sud. Au début de la guerre, les États-Unis tentèrent d’envahir les colonies britanniques nord-américaines, mais furent repoussés (prise de Détroit, bataille de Queenston Heights).

 

Puis, la Royal Navy fit le blocus de la côte Est, ce qui affaiblit l’économie américaine en raison de la réduction drastique des exportations agricoles américaines (même si le blocus favorisa l’émergence de l’industrie locale). Leur domination des mers permit aux Britanniques de mener des raids côtiers et d’incendier Washington en août 1814. En revanche, les batailles navales sur les Grands Lacs tournèrent à l’avantage des États-Unis.

 

Bien que les Britanniques aient eu le dessus dans la plupart des engagements, la grande majorité des batailles font partie du mythe américain, en particulier la bataille de la Nouvelle-Orléans au cours de laquelle le général Andrew Jackson infligea aux Britanniques l’une des plus sévères défaites de leur histoire, fortement médiatisée par les lobbys qui le soutenaient. Ironiquement, cette dernière bataille eut lieu deux semaines après la signature du traité de Gand le 24 décembre 1814, qui mettait fin au conflit et restaurait les conditions d’avant-guerre par un status quo ante bellum.

 

 

Conséquences 

Aucune des deux parties ne perdit de territoire du fait de cette guerre, et aucun des éléments de contentieux ne fut réglé par le traité de Gand qui la finit – il s’agit donc d’un état de statu quo ante bellum. Pourtant, les relations entre les États-Unis et le Royaume-Uni en sortirent fortement modifiées.


La question de l’enrôlement forcé fut rendue caduque lorsque la Royal Navy cessa de le pratiquer après la défaite de Napoléon. À l’exception de rares différends sur les frontières et lors de la guerre de Sécession, les deux pays vécurent en coexistence pacifique jusqu’à la fin du XIXe siècle, puis devinrent de proches alliés au XXe siècle. La convention de 1818 mit fin à un différend sur la frontière entre les États-Unis et l’Amérique du Nord britannique. Un autre différend sur la frontière entre le Maine et le Nouveau-Brunswick fut réglé en 1842, par le Traité de Webster-Ashburton, après la guerre d'Aroostook. Quant à la question de la frontière du territoire de l'Oregon, elle fut résolue lors du traité de l'Oregon, en 1846. Selon Winston Churchill, « les leçons de la guerre ont été prises à cœur. Le sentiment anti-américain resta fort en Grande-Bretagne pendant plusieurs années, mais les États-Unis ne furent plus jamais traitées incorrectement eu égard à leur statut de nation indépendante. »

 

 

Source : Guerre anglo-américaine de 1812 [Wikipedia Fr]

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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 12:58

L'Alliance des huit nations est une coalition de huit pays (Empire austro-hongrois, France, Empire allemand, Royaume d'Italie, Empire du Japon, Empire de Russie, Royaume-Uni et États-Unis), coalisées durant la colonisation de la Chine, qui y écrasèrent la révolte des Boxers en 1900.

 

Le contingent militaire américain était appelé « China Relief Expedition ».

 

À la fin de la campagne, le gouvernement impérial a été forcé de signer l'inégalitaire Protocole des boxers de 1901.

 

 

Déroulement de la Révolte des Boxers

La naissance du mouvement des Boxers 

 

Les Boxers est le nom donné par les Occidentaux à la secte du Yìhéquán, « Les Poings de la justice et de la concorde », plus tard appelée Yìhétuán, « Milice de la justice et de la concorde » car pour faire face aux forces de police des concessions étrangères elle entrainait ses adhérents aux arts martiaux, à la boxe chinoise tout particulièrement, et à des pratiques mystiques leur permettant — croyaient-ils — d'être invulnérables aux balles. Leur but initial était la lutte contre la dynastie mandchoue des Qing.

 

Le mouvement des Boxers, qui s'inscrit aussi dans la tradition des sociétés secrètes en Chine, est créé au début des années 1890 et semble sortir tout droit du passé de la Chine : il descend sans doute de la rébellion des Huit Trigrammes, ayant eu lieu en 1813, dû au désespoir de la masse paysanne touchée par la crise économique survenue après l'augmentation de la population.

 

La composition de ce mouvement est populaire, les membres de ce groupe étant essentiellement des ouvriers agricoles, mais au fur et à mesure s'ajoutent des bateliers, des porteurs, des artisans ruinés... Les Boxers proviennent presque uniquement de la classe basse de la société chinoise. Leur position dans leurs actions est donc plus radicale, par leur statut dans la société. De plus ce mouvement fait partie de ces sectes à caractère fortement xénophobe.

 

 

Le début d'un conflit ouvert 

Le meurtre de deux missionnaires allemands en novembre 1897 dans le Shandong, par une société secrète chinoise, fut l'un des éléments déclencheurs de la crise. Li Ping-heng, le gouverneur de la province, qui soutenait secrètement le mouvement par anti-christianisme, fut remplacé à la demande des occidentaux. Yu-Hsien, nouveau gouverneur du Shandong, s'avéra cependant soutenir également les actions contre les occidentaux et les chrétiens.

 

Cet événement amena la prise du port de Tsingtao (aujourd'hui : Qingdao) par l'Allemagne, afin de concurrencer Hong Kong et d'établir une base pour son escadre d'Asie (Ostasiengeschwader), et provoqua l'octroi de concessions par la Chine qui fut rapidement suivi par les Russes avec Port-Arthur (aujourd'hui Lüshun), les Français (avec Fort-Bayard, aujourd'hui Zhanjiang) et les Britanniques (avec Port-Edward, aujourd'hui : Wehai), poussant un peu plus les feux nationalistes et xénophobes parmi la population.

 

La révolte pouvait aussi être la conséquence d'une haine anti-réformiste. En effet l'arrivée des européens était également marquée par la naissance d'une nouvelle intelligentsia et un profond bouleversement politique. Ainsi après la défaite contre le Japon, de nombreux intellectuels avaient pris conscience du fait que le pays n'a pu se doter d'une politique de modernisation adéquate face à la montée en puissance du Japon. Les tentatives de réformes, soutenues par l'empereur Guangxu, avaient cependant été écrasées dans l'œuf avec la fin de la Réforme des Cent Jours. Le coup d'État de l'impératrice Cixi (selon l'orthographe française de l'époque: Tseu-Hi), avec la complicité de Yuan Shikai, commandant de la Nouvelle Armée, avait abouti à la mise aux arrêts de l'empereur et à une campagne d'épuration contraignant notamment Kang Youwei, dont le frère avait été exécuté, à l'exil.

 

Les Boxers sortirent de l'ombre en mars 1898, prêchant ouvertement dans les rues sous le slogan « Renversons les Qing, détruisons les étrangers ». Après un dernier accrochage avec les troupes impériales en octobre 1899, l'activité des Boxers se concentra contre les missionnaires et leurs convertis, considérés comme des agents à la solde des « diables étrangers ». Les Boxers détruisirent des lignes télégraphiques et des voies ferrées, mirent à sac les églises catholiques, tuant des missionnaires et des religieuses, et massacrant des Chinois convertis.

 

La cour impériale était divisée au sujet des Boxers. Yu-Hsien, renvoyé de son poste au Shandong sous la pression des occidentaux et remplacé par Yuan Shikai, se rendit à la cour et convainquit plusieurs membres de l'entourage de l'impératrice douairière Cixi, dont le Prince Duan, le Prince Chuang et le général Kang-i, d'apporter leur soutien au mouvement. La faction la plus conservatrice du système impérial Qing décida d'utiliser les Boxers comme une arme contre les puissances étrangères, malgré la vive opposition de Yu Lu, vice-roi du Shandong, et de Yuan Shikai.

 

En janvier 1900, un édit de l'impératrice reconnut les sociétés secrètes. A partir de mai 1900, la cour impériale organisa des groupes de Boxers en milices à Pékin. Les princes Duan et Chuang, et le général Kang-i, furent officiellement nommés à la tête des groupes de Boxers présents dans la capitale.

 

Le 7 juin 1900, des troupes de Boxers commencèrent à arriver en masse à Pékin. La sécurité de la capitale était désormais assurée par le Prince Duan et les forces armées impériales n'intervinrent donc pas pour les arrêter. Dans les jours suivants, près de 450 hommes de troupes occidentaux pénétrèrent dans la capitale chinoise pour protéger les délégations étrangères. La révolte atteignit son paroxysme : les insurgés étaient désormais soutenus ouvertement par des éléments de l'armée et changèrent leur slogan en « Soutenons les Qing, détruisons les étrangers ».

 

 

Le siège des légations occidentales de Pékin 

L'enchaînement des événements 

  •   le 2 juin, l'hostilité de la population et des Boxers est telle que l'on est obligé de mettre en place un périmètre de sécurité autour des légations ;
  •   le 10 juin 1900, le ministre japonais Sugiyama est assassiné ;
  •   le 17 juin, les troupes impériales chinoises se joignent ouvertement aux Boxers pour attaquer les légations ;
  •   le 20 juin 1900, l'assassinat du baron allemand von Ketteler cristallise l'ouverture du conflit ; le siège des légations commence.

 

 

L'atmosphère du siège 

L'atmosphère est très angoissante pour les assiégés, ils sont face à des milliers de Chinois haineux hurlant Cha ! Cha ! Cho ! Cho  « Tue ! Tue ! Brûle ! Brûle ! ». D'autant plus que les membres des légations connaissent le sort réservé aux prisonniers : ainsi le triste destin qui est celui du professeur américain Francis Hubert James, se faisant capturer sur le chemin pour rejoindre la légation britannique. Il est torturé pendant trois jours, décapité, et sa tête finit par être exposée sur l'une des portes de la cité.

 

La faim est aussi source de crainte, puisqu'à la fin du siège, les réfugiés chinois se nourrissent de racines, de feuilles et de l'écorce des arbres. Pour les soldats, c'est la peur d'un débordement qui signifierait la fin, la peur du manque de munitions face à ces Boxers persuadés que les balles sont sans effet sur eux ; par ailleurs, ils n'ont aucune nouvelle de la colonne du général Seymour, qui, lui-même en difficulté à Tien-Tsin, ne se hâte pas, sur la foi de fausses informations selon lesquelles l'ensemble des légations auraient été massacrées. Pour finir, la peur croît avec la chaleur, l'atmosphère lourde provoquée par l'humidité, l'odeur des cadavres, et la vision des nombreux incendies.

 

Le siège des légations de Pékin donne lieu à de multiples légendes. À Londres, on projette de faire célébrer, à la cathédrale Saint-Paul un service à la mémoire des assiégés, qui selon une dépêche provenant de Shanghai auraient tous été massacrés. De multiples dessins décrivaient des moments de lutte acharnée, alors qu'il n'en était rien sur le terrain.

En ce qui concerne la diffusion des événements, la Gazette de Pékin les retransmettait quotidiennement, mais les informations en étaient falsifiées.

 

 

L'Alliance des huit nations 

Article détaillé : Alliance des huit nations.

 

  •   Libération du Quartier des légations : le 20 juin 1900, le conflit entre la cour impériale et les puissances étrangères est ouvert, par l'assassinat du baron allemand von Ketteler. Dès le 10 juin cependant, un corps expéditionnaire avait été constitué, sous le commandement du vice-amiral britannique Lord Seymour, à la tête d'une petite armée de 2 100 hommes environ. Face à une forte opposition, il est contraint de se replier sur Tien-Tsin le 22 juin ; là, les Alliés résistent, sans avoir un sentiment d'urgence, car ils croient, sur de faux rapports, que tous les habitants des légations ont été massacrés. L'annonce par un messager de la survie de la colonie, et de l'urgence à leur porter secours, constitue une forte surprise. Ce n'est que le 4 ou 5 août que les Alliés peuvent se remettre en marche avec l'armée de 20 000 hommes rassemblée en hâte pour aller secourir les légations assiégées. Formée pour moitié de troupes japonaises, elle comprend des troupes issues de l'ensemble des huit nations alliées pour l'occasion (Empire du Japon, Empire allemand, Autriche-Hongrie, États-Unis, France, Royaume d'Italie, Royaume-Uni, Empire de Russie), cette force importante permet à son commandant, le général britannique Sir Alfred Gaselee, de marcher sur Pékin. Il libère la ville le 14 août, non sans avoir dû livrer plusieurs batailles majeures contre les forces chinoises : à Peitsang le 5 août, à Yang Tsun le 6 août, et enfin à Tongzhou le 12 août. Les légations sont libérées après l'épisode dit des 55 jours de Pékin.

 

  •   Massacres par les Occidentaux : Après la libération des légations, les militaires, les colons, aveuglés par la présence de corps mutilés, empaillés, de têtes placées en pyramide, et les innombrables cadavres de chinois chrétiens souillant les eaux des puits, et en état de décomposition dans les fossés, commettent les pires atrocités. Ils tuent les personnes accusées d'être Boxers par milliers, ils pillent, violent, et se font photographier sur le trône impérial.
    Un mois après la chute de la capitale impériale, l'effectif allié atteint les 100 000 hommes, dont 15 000 Français et 18 000 Allemands. Le comte allemand Alfred von Waldersee prend la direction des opérations à la mi-octobre, et organisera plusieurs opérations de « nettoyage » dans la région au cours des mois suivants. D’octobre 1900 au printemps 1901, les troupes allemandes montent plusieurs dizaines d’expéditions punitives dans l’arrière-pays durant lesquelles une violence exemplaire et unique par son ampleur se déploie. Assassinats, viols, pillages, destructions de biens frappent sans discrimination de statut, de sexe ou d'âge. Cette terreur commanditée par l’empereur Guillaume II lui-même a pour but ouvertement revendiqué d’imposer le respect aux Chinois et de prévenir toute autre révolte.

 

  •   Signature du Protocole de paix : Les conséquences de ce drame sur la Chine peuvent être présentées comme l'agonie d'un vieux monde. Toute la population a soutenu ce mouvement, et lorsque l'impératrice douairière fuit son refuge de la cité interdite, elle garde toujours la faveur populaire. Elle fuit en s'habillant en paysanne, suivie de ses sujets dans trois chariots, en devant traverser la « porte de la victoire ». Elle se réfugie à Sianfu, la capitale du Shensi le 28 octobre 1900. Le 1er février 1901, les autorités chinoises acceptent de dissoudre la Société des Boxers. Afin d'apaiser les puissances étrangères, l'impératrice Cixi donne l'ordre aux troupes impériales de participer à la répression des Boxers. L'Alliance propose un protocole de paix humiliant, signé à Pékin le 7 septembre 1901.

 

  • Les principales clauses prévoyaient : le paiement d'une indemnité de 67,5 millions de livres sterling pendant 39 ans, deux « missions de repentance », l'une envers l'Allemagne à cause du meurtre du baron von Ketteler, et l'autre envers le Japon à cause du meurtre du ministre Sugiyama, l'exécution ou le bannissement d'un certain nombre de « responsables » chinois, l'interdiction d'importer des armes, la destruction des forts de Taku, l'expansion des légations, et l'occupation militaire d'un certain nombre de zones.

 

 

BoxerTroops.jpg

 

 

Sources :

Alliance des huit nations [Wikipedia Fr]

Revolte des Boxers [Wikipedia Fr]

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30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 18:43

 La Guerre russo-japonaise s'est déroulée du 8 février 1904 au 5 septembre 1905. Elle oppose l'Empire russe à l'Empire du Japon.

 

Sur le plan militaire, ce conflit préfigure les guerres du xxe siècle par sa durée (1 an et demi), par les forces engagées (sans doute plus de 2 millions d'hommes au total) et les pertes (156 000 morts, 280 000 blessés, 77 000 prisonniers) ainsi que par l'emploi des techniques les plus modernes de l'art de la guerre (logistique, lignes de communications et renseignements ; opérations combinées terrestres et maritimes ; durée de préparation des engagements). 

 

Sur le plan politique, l'affrontement trouve son origine dans une triple interaction :

  •   l'opposition directe des deux impérialismes japonais et russe. Ce dernier a pour objectif stratégique d'obtenir un accès permanent à l'océan Pacifique.

 

  •   la démarche propre de l'Empire japonais consistant :
    •   d'abord à préserver son indépendance et ses intérêts face aux impérialismes européens de plus en plus présents dans la région depuis la seconde moitié du xixe siècle
    •   ensuite à s'affirmer et à se faire reconnaitre en tant que puissance régionale à part entière, c'est-à-dire comme un acteur développant sa propre stratégie impériale et coloniale, notamment à l'égard de la Corée, à l'égal et à l'identique des autres.

 

 

Origines :

La présence russe dans l'Extrême-Orient sibérien

La Russie impériale poursuit son expansion continentale au-delà du lac Baïkal dans l'extrême-orient sibérien en atteignant le détroit de Béring en 1648. Cependant, cette expansion est en partie stoppée en 1689 par le traité de Nertchinsk qui est signé avec la Chine de la dynastie des Qing. Ce traité fixe la frontière entre les deux pays sur les monts Stanovoï et le fleuve Argoun. De 1689 à 1725, la Russie prend possession de la presqu'île du Kamtchatka et maîtrise alors tous les rivages continentaux de la mer d'Okhotsk. Cependant, l'extension maximale des glaces océaniques hivernales bloque ses rivages durant plusieurs mois chaque année et ne permet donc pas à la Russie d'avoir un accès libre en permanence à l'Océan Pacifique.

 

Pour réaliser cet objectif stratégique traditionnel de sa diplomatie, la Russie doit impérativement disposer d'un accès à la mer du Japon, accès qui lui est refusé durant deux siècles par le Traité de Nertchinsk qui a sanctuarisé le bassin du fleuve Amour. Dès le milieu du xviiie siècle, la poussée russe reprend dans toute cette zone : installation d'avant-postes militaires, de colons et commerçants, de négociants et trappeurs, etc. dans une région faiblement contrôlée par la Chine, en périphérie du principal territoire mandchou. Cette période (1re moitié du xixe siècle) correspond aussi au début de l'affaiblissement de la Chine des Qing.

 

La Russie réalise son objectif d'obtenir un accès à la mer du Japon (et donc de disposer d'une façade maritime en mer libre sur l'océan Pacifique) par le traité d'Aigun (1858) et la 1re Convention de Pékin (1860) conclus avec la Chine. Parallèlement, la Russie négocie avec le Japon au sujet des Îles Kouriles et de Sakhaline en concluant les traités de Shimoda (1855) et de Saint-Pétersbourg (1875), la Russie obtenant ainsi le contrôle de Sakhaline et le Japon celui des îles Kouriles.

 

La présence européenne en Extrême-Orient au début du XIXe siècle

L’expansion européenne en Asie s'est d'abord exercée en direction :

La présence européenne en Extrême-Orient se résumait donc essentiellement au début du xixe siècle aux :

  •   Portugais à Macao depuis 1513, (et dans quelques autres ports chinois dont Canton),
  •   Hollandais cantonnés strictement à l’île de Dejima à partir de 1641, au Japon, depuis le début du xviie siècle.

 

Le Japon après 1854

À la fin du xixe siècle, la pénétration rapide des puissances européennes en Asie et dans le Pacifique est perçue comme une menace par les Japonais. Toutes les principales puissances européennes sont présentes dans l'Extrême-Orient, la plus dynamique étant l'Angleterre, tandis que Néerlandais et Portugais se contentent de gérer leurs colonies. Les Espagnols sont bientôt évincés des Philippines par les Américains, les Anglais obtiendront bientôt une concession à Hong-Kong et les Allemands une concession à Tsing-tao ; les Français ont pris solidement pied en Indochine. Il reste les Russes qui ne veulent pas se laisser distancer.

 

La faiblesse de la Chine des Qing

Avec la dynastie des Qing (1644-1911),

« Jamais l'empire chinois n'a été si vaste, si prospère, si peuplé [...] : c'est la pax sinica, de 1683 à 1830 environ. Puis la corruption, les eunuques, les sociétés secrètes, les étrangers (Anglais, Français, Russes d'abord - Allemands, Japonais, ensuite) minent les assises de la dynastie. Le Traité de Nankin (ouverture de cinq ports et cession de Hong-Kong au Royaume-Uni, 1842) inaugure l'ère des Traités inégaux. »

Mais surtout, la guerre civile dite des Taiping en raison de sa durée (1851-1864) et surtout de l'ampleur des pertes (une vingtaine de millions de morts) affaiblit considérablement l'Empire. Enfin, « Deux guerres perdues, contre la France (1883-1885) et le Japon (1894-1895), la défaite des Boxers » (1899-1901) montrent la véritable situation de faiblesse de la Chine de la fin des Qing.

 

Contexte

Le contexte général de cette guerre est une course de vitesse entre deux empires pour le contrôle de la Mandchourie (région chinoise) et de la Corée, État indépendant en pleine décadence.

 

La construction du Transsibérien jusqu'à Vladivostok va permettre à l'armée impériale russe d'acheminer rapidement des troupes en Mandchourie, de disposer d'un port ouvert en permanence sur le Pacifique et de peser immédiatement sur la Chine et la Corée afin d'obtenir avantages et concessions. À partir des années 1880, les Japonais veulent éviter à tout prix que la Corée tombe sous la domination d'une puissance européenne ou de la Chine. Le traité de Tianjin (18 avril 1885) signé entre la Chine et le Japon garantit une indépendance relative de la Corée.

 

En effet, en même temps qu'il devenait un État moderne, le Japon était amené à une politique d'expansion. Des raisons économiques allaient pousser le Japon à convoiter la Corée, riche de minerai de fer et terre du riz. Le Japon obtient donc le droit de faire du commerce en Corée en 1876 et, depuis le traité de Tianjin, d'y intervenir.

 

Le prétexte de l'intervention japonaise sera trouvé lors de troubles survenus en Corée en 1894. Les Japonais occupent Séoul, provoquant la déclaration de guerre de la Chine au Japon, le 1er août 1894.

 

En 1894 et 1895, cette guerre se déroule entre la Chine et le Japon au sujet précisément du contrôle de la Corée. Le déroulement de la guerre choque les opinions européennes par sa cruauté. Le traité de Shimonoseki (17 avril 1895) consacre la victoire japonaise. Ce traité réitère la garantie de l'"indépendance" coréenne mais octroie aussi au Japon la presqu'île du Liaodong (qui comprend Port-Arthur), territoire chinois au sud de la Mandchourie.

 

Les Russes, mécontents de cette avancée de l'influence japonaise, font alors pression sur le Japon pour qu'il rétrocède ce gain territorial par l'accord de la triple intervention mené conjointement par l'Empire allemand, la France et la Russie. Les autres puissances comme la Grande Bretagne ou les États-Unis, auprès desquelles le Japon cherche un soutien, recommandent la prudence à Tōkyō. Finalement, le Japon doit non seulement céder, en recevant des indemnités, mais constate dans les mois et années qui suivent une augmentation constante de la présence russe tant en Corée qu'en Mandchourie (construction du « Transmandchourien » d'Irkoustk à Vladivostok (1896), concession d'exploitation de la péninsule de Liaodang accordée par la Chine à la Russie (1898), protectorat de la Mandchourie obtenue par la Russie après l'écrasement de la révolte des Boxers chinois (1900), écrasement auquel les Japonais avaient aussi fortement contribué.

 

Pour faire face à ce qu'ils considèrent comme une dangereuse menace, le Japon décide de multiplier par 4 à 5 son budget militaire afin de doubler ses effectifs et de faire de sa flotte la première de la zone asiatique du Pacifique. Les officiers de la marine japonaise étaient déjà formés par la Grande Bretagne, et sur le plan diplomatique, le Japon obtient le 30 janvier 1902 le soutien de l'Angleterre. En octobre 1903, les Russes exigent des Chinois de nouveaux avantages pour respecter les termes d'un accord conclu le 8 avril 1902 entre Saint-Pétersbourg et Pékin. La suspension, en avril 1903, de l'engagement pris par la Russie dans le cadre de cet accord d'évacuer ses troupes par étapes de Mandchourie met le feu aux poudres.

 

Conséquences 

C'est la première fois depuis l'abandon du siège de Vienne par les Turcs en 1683 (deuxième guerre austro-ottomane, 1683-1697), dans le cadre d'un conflit où la partie qui n'est pas issue de la civilisation occidentale ouvre les hostilités, que cet affrontement débouche sur une défaite militaire sans appel de la puissance occidentale ; défaite ayant des conséquences stratégiques de grande ampleur pour tous les acteurs de l'événement.

 

Ce conflit, excentré et exotique par rapport aux rivalités directes entre nations européennes, s'avère gros de conséquences pour l'avenir :

 

  •   l'entrée simultanée des États-Unis et du Japon comme grandes puissances en Asie, dans la perspective de leur rivalité ultérieure,
  •   les premiers signes de vacillement de la Russie tsariste,
  •   le constat de la faiblesse de l'appareil militaire russe dans la perspective des alliances européennes, en particulier de l'alliance franco-russe,
  •   le Japon de « race jaune » comme première nation « non blanche » à entrer dans le cercle des grandes puissances dites modernes (pour employer le vocabulaire de l'époque)
  •   le Japon se percevant dorénavant comme faisant partie des grandes puissances et la seule qui soit « non blanche ». Ceci lui permettra d'utiliser à son avantage le ressentiment des peuples colonisés d'Asie tout en développant sa propre politique coloniale et impérialiste. Sa victoire encouragea les nationalistes asiatiques qui suscitèrent des troubles en Inde (1906-1907) et en Indochine (1908). Elle permit au Japon d'étendre son protectorat en Corée qu'il annexe en 1910.

 

D'autre part, sa politique d'investissements en Chine commença à inquiéter les États-Unis.

 

Mission militaire française auprès de l'armée japonaise pendant la guerre russo-japonaise

Au titre d'officiers étrangers observateurs, le gouvernement français détache en Mandchourie, pendant la guerre russo-japonaise, le colonel Corvisart et le capitaine Charles-Émile Bertin auprès de l'armée japonaise en campagne pour suivre les opérations militaires pendant la période du 1er avril 1904 jusqu'à la conclusion de la paix. Le capitaine Charles Bertin ne rentre en France que le 22 janvier 1906.

 


Sources :

Guerre russo-japonaise [Wikipedia Fr]

La France et le Japon - Une page d'histoire trop méconnue 

 

Guerre sino-japonaise (1894-1895) [Wikipedia Fr]

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30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 17:27

L'indépendance de l'Inde (et du Pakistan) a eu lieu en 1947. Dans leur empire des Indes, les Britanniques avaient modernisé le pays, mais ils étaient les maîtres de l'administration. Les élites indiennes souvent éduquées à l'anglaise, demandaient une participation à la direction du pays. À partir de 1920, ils y arrivent progressivement par des campagnes de désobéissance civile animées par Gandhi et le parti du Congrès. L'indépendance se traduit par la division du pays entre l'Inde et le Pakistan où se concentre par transfert de population, la très forte minorité musulmane. 


 

La revendication pour l'indépendance


En 1885, le parti du Congrès est fondé à Bombay. Ce n'est qu'en 1906, que celui-ci réclame l'autonomie pour l'Inde (qui resterait dans l'empire), donc la création d'assemblées élues et une plus forte participation des Indiens au gouvernement local. La forte minorité musulmane craigrant d'être submergée par la majorité hindouiste fonde en 1906 la Ligue musulmane, chargée de défendre les intérêts de cette minorité.

 

Pendant la Première Guerre mondiale, près de 1,3 millions d'Indiens combattent en Europe et au Proche-Orient (100 000 sont tués). Les Indiens espèrent, qu'en contrepartie, les Britanniques leur accorderaient plus de place dans le gouvernement local. Mais le 13 avril 1919, à Amristar (au Pendjab), l'armée britannique tue près de 380 personnes. Les manifestants participaient à «  un jour sans activité », pratique politique lancée par Gandhi pour protester contre le durcissement de la politique britannique. Le fossé est creusé entre colonisés et colonisateurs. Cependant, en décembre 1919, le gouvernement britannique accorde le Government of India Act, qui met en place la représentation des communautés indiennes dans les assemblées locales et centrales, la participation des Indiens dans les gouvernements des états. Mais les Britanniques conservaient les finances et le pouvoir exécutif.

 

Mécontents, une partie des membres du parti du Congrès réclament, dès la fin des années 1920, l'indépendance totale de l'Inde. Gandhi multiplie les appels à la désobéissance civile (pas de participation aux assemblées et aux gouvernement locaux, boycott des produits britanniques, refus de payer certains impôts en particulier celui sur le sel). Les dirigeants et de nombreux militants du parti du Congrès sont souvent arrêtés et condamnés à des peines de prison (pour Gandhi en 1922-1924, puis en 1930-1931, puis en 1932-1934). Le mouvement de désobéissance civile prend de l'ampleur. Il y a aussi des attentats contre les Britanniques. En 1934, pour élargir son influence le parti du Congrès adopte un programme social et devient le parti socialiste du Congrès panindien.

 

En 1935, devant les difficultés rencontrées en Inde et la sympathie manifestée partout dans le monde pour le mouvement pacifique de désobéissance, les Britanniques accordent un nouveau Government of India Act. Désormais, l'Inde (sans la Birmanie), devient une fédération de onze provinces ayant chacune un gouvernement autonome, des assemblées élues au suffrage censitaire sont mises en place. Le parti du Congrès remporte d'un manière écrasante les élections de 1937 ; ce qui renforce l'inquiétude des musulmans.

 

 

L'indépendance de l'Inde et ses conséquences

 

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'Inde fournit plus de 2 millions de soldats à l'armée britannique. Cependant, le parti du Congrès refuse de collaborer avec les Britanniques tant qu'il n'obtiendrait pas l'engagement que l'indépendance serait accordée. En 1942, alors que les troupes japonaises menacent l'Inde depuis la Birmanie qu'ils viennent de conquérir, le Congrès lance la campagne Quit India. Par la non-violence ils tentent d' empêcher la participation de l'Inde à la guerre. Les dirigeants du Congrès dont Jawaharlal Nehru et Gandhi sont emprisonnés pendant quelques mois. A Berlin, Chandra Bose, l'ancien président du parti du Congrès, constitue un gouvernement de l'Inde libre qui pense s'installer dans les territoires que les Japonais contrôleraient.


En 1945, pour sauver leurs intérêts économiques et maintenir les liens culturels, les Britanniques se décident à accorder l'indépendance à l'Inde. Se pose alors le problème de la forme de cette indépendance. Les musulmans ne veulent pas vivre avec les hindouistes. Ils réclament un État particulier le Pakistan. Mais dans beaucoup de régions hindouistes et musulmans cohabitent, et que faire des Sikhs ? Il y a des affrontements sanglants entre les deux communautés. La Ligue musulmane refuse de participer aux élections à l'assemblée constituante, affirmant ainsi son opposition à son intégration dans le nouvel État. En juillet le parlement britannique vote l'Indian Independance Act. L'Inde et le Pakistan formeront deux états distincts, dont les frontières sont floues au Pendjab et au Bengale. Le Pakistan est coupé en deux morceaux séparés par des milliers de kilomètres. Le 15 août l'indépendance est proclamée.

 

La création de deux états indépendants déclenchent des massacres entre les communautés. Il y aura des centaines de milliers de victimes. Pour y échapper, entre 1947 et 1950, plus de sept millions de musulmans quittent l'Inde et dix millions d'hindouistes quittent les régions devenant pakistanaises. Le 30 janvier 1948, Gandhi, qui avait tenté d'éviter la division de l'Inde est assassiné par un fanatique hindou.

 

 

Partition_of_India.PNG

L'éclatement des Indes britanniques en 1947

 

Sources : Independance_de_l'Inde

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30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 17:17

Les colonies asiatiques ont étés les premières à connaître l'indépendance grâce à des leaders tels que Jawaharlal Nehru et Mohandas Gandhi en Inde, Ho Chi Minh au Viêt Nam ou encore Sukarno et Hatta en Indonésie qui autoproclamèrent leurs pays respectifs indépendants en 1945, prenant les Empires coloniaux au dépourvu au sortir de la Seconde Guerre mondiale.


Les américains comprenant la situation (et pour éviter d'éventuelles tensions comme les Pays-Bas avec l'Indonésie ou encore la France avec ses colonies indochinoises), décidèrent de donner l'indépendance aux Philippines en 1946 ; ce fut le premier pays officiellement indépendant d'Asie.


Le Royaume-Uni suivra en 1947 en déclarant l'indépendance du Pakistan et de l'Inde (bien que les comptoirs portugais et français ne seront pas indépendants avant les années 1950 et 1960). Suite à cela, des tensions ethno-religieuses assaillent les deux pays. Le Royaume-Uni qui rendit également le Sri Lanka et la Birmanie (1948) puis la Malaisie (1957), Singapour (1965), le Brunei (1984) et enfin Hong-Kong (1997).


Les Pays-Bas abandonnèrent l'Indonésie en 1949 suite à une guérilla condamnée par l'ONU qui se prolongera en conflit ethnique post-colonial.


Quand à la France et au Portugal, ce n'est que tardivement qu'elles laissèrent leurs colonies. Pour la France, après une guerre contre l'Indochine qui l'épuise, elle donne l'indépendance au Laos, au Cambodge et au Viêt Nam en 1954 (ce dernier se divise en deux partie, Viêt Nam du Sud et Viêt Nam du Nord, et les plongent dans une guerre pour récupérer la Cochinchine).

 

Le Portugal, quand à lui, rendra son dernier comptoir qu'est Macao en 1999.

 

 

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Dessin politique français célèbre des années 1890. Le gâteau représentant la « Chine » : elle est divisée entre le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Russie et le Japon ; la France étant l'arbitre.

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30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 14:18

La Trêve de Noël est un terme utilisé pour décrire plusieurs et brefs cessez-le-feu non officiels qui ont eu lieu pendant le temps de Noël et le Réveillon de Noël entre les troupes allemandesbritanniques et françaises dans les tranchées lors de la Première Guerre mondiale, en particulier celles entre les troupes britanniques et allemandes stationnées le long du front de l'Ouest en 1914, et dans une moindre mesure en 1915. En 1915, il y eut une trêve de Noël similaire entre les troupes allemandes et françaises. En 1915 et 1916, une trêve eut aussi lieu à Pâques sur le front de l'Est.

 

 

Situation

La Première Guerre mondiale implique la plupart des grandes puissances, la Triple Entente contre les Empires centraux. Le août 1914, la Grande-Bretagne déclare la guerre à l'Allemagne suite à l'ultimatum contre la Belgique, pays dont elle garantit la neutralité. Les troupes allemandes avancent jusqu'à 70 km de Paris en passant par le territoire belge et l'ouest de la France. Du 6 au 12 septembre 1914, lors de la première bataille de la Marne, les français et les britanniques réussissent à forcer une retraite allemande en exploitant une lacune entre la 1re et la 2e armée, mettant fin à l'avance allemande en France. L'armée allemande retraite au nord de la rivière Aisne et se fortifie, instituant les débuts d'un front statique à l'Ouest qui durera trois ans. Suite à cet échec, les forces en opposition tenteront de se déborder dans une course vers la mer, et étendront rapidement des réseaux de tranchées de la mer du Nord à la frontière suisse.

 

La trêve

Les soldats du front occidental étaient épuisés et choqués par l'étendue des pertes humaines qu'ils avaient subies depuis le mois d'août. Au petit matin du 25 décembre, les Français et les Britanniques qui tenaient les tranchées autour de la ville belge d'Ypres entendirent des chants de Noël (Stille nacht) venir des positions ennemies, puis découvrirent que des arbres de Noël étaient placés le long des tranchées allemandes. Lentement, des colonnes de soldats allemands sortirent de leurs tranchées et avancèrent jusqu'au milieu du no man's land, où ils appelèrent les Britanniques à venir les rejoindre. Les deux camps se rencontrèrent au milieu d'un paysage dévasté par les obus, échangèrent des cadeaux, discutèrent et jouèrent au football le lendemain matin. Un chanteur d'opéra, le ténor Kirshhoff, à ce moment officier d'ordonnance, chanta pour les militaires un chant de Noël. Les soldats français ont applaudi jusqu'à ce qu'il revienne chanter.

 

Ce genre de trêve fut courant là où les troupes britanniques et allemandes se faisaient face, et la « fraternisation » (il s'agit plus d'une trêve de fait qu'une fraternisation volontaire) se poursuivit encore par endroits (notamment on prévient l'autre camp de se protéger des bombardements d'artillerie ou on pratique des trêves pour pouvoir enterrer ses morts) pendant une semaine jusqu'à ce que les autorités militaires y mettent un frein.

 

Il n'y eut cependant pas de trêve dans les secteurs où seuls des Français et des Allemands s'affrontaient.

 

Conséquences

Malgré la destruction des photos prises lors de cet événement, certaines arrivèrent à Londres et firent la une de nombreux journaux, dont celle du Daily Mirror, portant le titre An historic group: British and German soldiers photographed together le 8 janvier 1915. Aucun média allemand ou français ne relate cette trêve.

 

L'État-major fait donner l'artillerie pour disperser les groupes fraternisant les jours suivants et fait déplacer les Unités « contaminées » sur les zones de combat les plus dures. Sur le front de l'Est, les conséquences sont plus graves : la répression des fraternisations du côté russe entraîne des mutineries et concourt à la décomposition du front russe. Lors de l'insurrection de Petrograd en 1917, les soldats fraternisent avec les ouvriers, ce qui va dans le sens de la bolchevisation de l'armée.

 

 

Sources :

Trève_de_Noël [Wikipedia Fr]

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