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Il existe plusieurs versions de ce conte, mais les plus connues sont celles de Charles PERRAULT (écrit en 1697) et de Wilhelm GRIMM (écrit en 1822).
Résumé du conte
Selon Charles PERRAULT
"Il était une fois une petite fille de Village, la plus jolie qu'on eût su voir… ". Le Petit Chaperon rouge, ainsi nommé à cause de son capuchon pourpre, va porter à sa grand-mère un petit pot de beurre et une galette. Elle rencontre le loup dans la forêt qui lui propose de la rejoindre au lieu-dit. Il la précède et ne fait qu’une bouchée de la vieille femme. A son arrivée, tout paraît étrange au Petit Chaperon rouge : en effet, le méchant loup a pris la place de la grand-mère et s’apprête à manger la fillette à son tour. Ainsi, l’histoire se termine : l’enfant est mangée et le loup est vainqueur.
Selon Wilhelm GRIMM
Une jolie petite fille vêtue d'un chaperon rouge que sa mère lui a confectionné se rend chez sa grand-mère pour lui offrir un morceau de galette et une bouteille de vin. Elle rencontre le loup sur son chemin, lui confie ses projets et le chemin qu’elle va prendre. Le loup se précipite chez la grand-mère, l'avale, attend le Petit Chaperon rouge et lui réserve le même sort. Un bûcheron passant par-là ouvre le ventre du loup et sauve la fillette et sa grand-mère. Un peu plus tard, un autre loup essaie de détourner la jeune fille. Mais cette fois ci, la fillette avertie va tout droit chez sa grand-mère pour tout lui raconter. Lorsque le loup essaie de pénétrer dans la maison, tout est fermé : il passe par le toit, tombe dans une auge remplie d'eau et se noie.
- La version de PERRAULT, conte adressé à la cour de Versailles, se termine par la mort de l’enfant donc par la victoire du loup. Pour BETTELHEIM, psychanalyste des contes de fées, cette fin n’est pas adaptée au rôle d’un conte, soit celui de permettre à l’enfant de se défaire de ses angoisses. De plus, les différentes scènes de l’histoire sont décrites de manière très explicite ce qui ne permet pas au lecteur et à l’auditeur de faire appel à son imagination. Donc selon BETTELHEIM, le petit chaperon rouge écrit par PERRAULT n’est qu’une leçon de morale.
- La version de Wilhelm GRIMM se termine au contraire par la mort du loup et donc par le triomphe de l’enfant, ce qui va lui permettre d’extérioriser ses angoisses. Quand à la description des scènes, elles sont beaucoup moins explicites, ce qui laisse une large place à l’imagination de l’auditeur. Ce sont les raisons pour lesquelles BETTELHEIM va d’avantage analyser la version de Wilhelm GRIMM en reprenant les idées essentiels :
1. L’importance de la couleur :
Le rouge symbolise les émotions violentes et particulièrement celles qui relèvent de la sexualité.
Le bonnet et la capeline sont offerts par la grand-mère : cette offrande est interprété comme le renoncement de celle-ci à sa sexualité (du faite de sa maladie et de son grand age).
2. La signification des lieux :
Dans sa maison, l’enfant pubertaire est protégée du monde extérieur par ses parents et donc capable de résoudre ses problèmes. A contrario, la maison de sa grand-mère n’apporte pas cette protection à cause de l’handicap de celle-ci mais aussi de sa rencontre avec le loup.
Quand au monde extérieur, selon elle, il n’est pas une menace car elle trouve un chemin indiqué par sa mère dés sa sortie du foyer familial.
Le fait que le petit chaperon rouge amène à sa grand-mère une galette et du beurre signifie qu’elle a de quoi subsister et donc qu’elle n’a pas d’angoisse alimentaire face à un manque potentiel de nourriture. Ce qui amène Bettelheim à penser qu’elle a dépassé le stade oral (première année de vie).
3. Le principe de plaisir et de réalité :
Le conte expose le principe de plaisir en dualité avec le principe de réalité en lien avec les trois pôles de la théorie Freudienne : le ça (pôle pulsionnel), le moi (pôle défensif) et le surmoi (pôle dépositaire des interdits parentaux, valeurs culturelles et éducatives).
La réalité est donnée par la mère qui lui recommande de suivre le chemin tracé sans s’en écarter car elle sait que l’enfant est encline à sortir des sentiers battus dans le but inconscient de découvrir les secrets des adultes. (Plaisir)
Le respect social et familial qu’a intégré la petite fille à l’égard de sa grand-mère malade en acceptant de lui apporter des gâteries (Réalité)
La rencontre avec le loup c’est : la réalité, le conflit oedipien. En effet, le petit chaperon rouge inconsciemment va donner des indications précises au loup afin qu’il aille tuer sa grand-mère (complexe d’oedipe) mais en agissant ainsi elle montre aussi son ambivalence :
« Laisse-moi tranquille ; va chez ma grand-mère, qui est une femme mûre ; elle est capable de faire face à ce que tu représentes ; pas moi » BETTELHEIM, page 264
Le petit chaperon rouge hésite entre le principe de plaisir et de réalité et ne prend conscience de ces obligations (apporter à manger à grand-mère) que lorsqu’elle ne tire plus plaisir de sa flânerie dans les bois et donc cesse d’obéir à son « ça ».
4. Le personnage complexe du petit chaperon rouge :
Le petit chaperon rouge est dans une période de résolution de conflit oedipien, ce qui l’amène à aimer faire des découvertes. C’est pourquoi, l’enfant s’interroge sur ce que représente le loup (installé dans le lit de sa grand-mère) en utilisant ses cinq sens lui permettant ainsi de découvrir « le monde ».
« Comme tu as de grandes oreilles (…), comme tu as de gros yeux (…), comme tu as de grandes mains (…), comme tu as une grande bouche (…), comme tu as un grand nez (…) »
BETTELHEIM, page 261.
Le conte, sous une forme symbolique, précipite l’enfant dans les dangers que représentent les conflits oedipiens pendant la puberté, puis, il écarte d’elle ces périls, de telle sorte qu’elle sera capable de mûrir libre de tous conflits.
5. Rôle des figures maternelles :
Comme dans tous les conflits oedipiens pour les filles, les figures maternelles (mère et grand-mère) sont emblématiques. La petite fille a besoin d’une figure maternelle pour deux raisons : sa protection et comme modèle a imiter. Mais de part le complexe d’oedipe elle ne peut triompher en matière sexuelle qu’en se débarrassant de sa rivale plus expérimentée. Cela entraîne une lutte entre un désir conscient de faire ce qu’il faut faire et le désir inconscient de l’emporter sur sa (grand) mère.
6. Les deux aspects du rôle de l’homme :
Le loup : figure masculine, dangereux séducteur
Le chasseur : figure paternelle forte et salvatrice
Ces deux figures permettent au petit chaperon rouge de comprendre la nature contradictoire du mâle en testant tous les aspect de sa personnalité : égoïsme, asociabilité, violence, séduction pour le loup et altruisme, sociabilité, action réfléchie pour le chasseur. Le loup représente le « ça » du petit chaperon rouge et le chasseur son « moi ».
7. La renaissance :
Après un court séjour dans le ventre du loup, la petite fille en ressort jeune fille symbolisant ainsi le passage de l’enfance à l’adolescence.
8. Conclusion :
Le personnage du petit chaperon rouge est universellement aimée parce que tout en étant vertueuse elle exposée à la tentation.
En faisant confiance au bonne intention du premier venu, chose fort agréable, on risque de tomber tout droit dans un piége. Si nous n’avions pas tous en nous même quelque chose qui aime le grand méchant loup il aurait moins de pouvoir sur nous. Il est donc important d’apprendre ce qui nous le rend si séduisant. Aussi séduisante que soit la naïveté, il est dangereux de rester naïf toute sa vie.
Source : Ifpvps.fr
Wikipedia.fr - Le petit chaperon rouge
Détail particulier autour du conte :
Dans la tradition orale, le petit Chaperon Rouge partage le repas du loup et mange sa grand-mère.
Charles Perrault a écrit ce conte d’après les récits recueillis auprès de différents conteurs. Il a délibérément modifié certains passages de l’histoire. Selon la tradition orale, le loup fait partager son repas à la fillette : la chair et le sang de Mère Grand… Charles Perrault, estimant ce passage cruel et primitif, ne l’a pas retranscrit.
La fin du conte n’est également pas conforme à la tradition orale (pour laquelle plusieurs issues existent cependant). Perrault fait mourir la grand-mère et le Petit Chaperon Rouge alors que dans la plupart des versions, la fillette est la seule à survivre.
Source :
Expositions.bnf.fr – Y Verdier