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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 16:58

Les moaï, localement mo'ai, sont les statues monumentales de l’île de Pâques, en Polynésie, taillées entre le IXe et le XVIIe siècle. La majorité de ces monolithes sont sculptées dans du tuf issu principalement de la carrière de Rano Raraku. Quelques-uns ont cependant été sculptés dans d'autres roches volcaniques de l'île (basalte, trachyte ou tuf volcanique). Leur taille varie de 2,5 à 9 mètres, pour un poids moyen de 14 tonnes, jusqu'à 80 tonnes pour les plus grosses.

 

Toutes sont des monolithes tournés principalement vers l’intérieur de l’île à l'exception du Ahu Akivi dont les moaï regardent l'océan. Selon Jo Anne Van Tilburg, le nombre de moaï s'élève à près de 887, sur l'ensemble de l'île. Les moaï tels qu'ils devaient être dans leur état final, après édification, possédaient des yeux blancs fait de coraux et liris rouge en tuf volcanique ou noir obsidienne. Certains d'entre eux portent une sorte de chapeau, le pukao, fait de tuf rouge, issu de la carrière de Puna Pau, et pesant lui-même plusieurs tonnes.

 

Emblème de l'île, les moaï, gigantesques dieux de pierre, ont été dressés par les anciens le plus souvent dos à l'océan. Ils protégeaient ainsi le peuple contre le monde extérieur.

 

Dans la carrière des moaï, située sur une pente du volcan Rano Raraku, dans l'Est de l'île, on peut voir des centaines de statues, certaines semblant prêtes à être extirpées, d'autres à l'état d'ébauche. Comme si les tailleurs de pierre du XVIIe siècle avaient dû cesser leur activité du jour au lendemain. Troubles politiques ? Changement de divinité ? Épidémie ? La raison de l'événement reste inconnue.

 

 

Rôle et datation

On ne sait à peu près rien des raisons, peut-être environnementales (demande de pluies aux divinités) qui ont poussé les Rapanui, le peuple de l'île de Pâques, à les ériger à un rythme de plus en plus frénétique et en taille de plus en plus colossale, épuisant sans doute dans cette pénible industrie une partie importante des ressources de « l’île la plus isolée du monde ». On ignore aussi pratiquement tout des rites qu’ils pratiquaient. Selon les archéologues, partout en Polynésie, les ahus servent à vénérer les ancêtres et les dieux, les tikis que l'on dresse dessus (or les moais sont fondamentalement des tikis de grande taille) étant là pour les représenter : les moa'i seraient donc liés à un ancien culte des ancêtres.

 

Les méthodes de datation appliquées au charbon d'os retrouvé sur les ahu ou à l'obsidienne ont permis d'évaluer que les premiers ahu sans statues devaient dater de l'an 1100 environ, et les dernières édifications de moaï, aux alentours de l'an 1600. Il semble que les premiers moaï étaient de taille et de morphologie humaine, pour évoluer vers des morphologies plus imposantes telles que nous connaissons ces géants aujourd'hui. Ce culte prit fin subitement lorsque les habitants de l'île eurent anéanti leurs ressources en bois. Un culte nouveau, celui de « l’homme oiseau », se mettait en place quand l’île fut découverte le 5 avril 1722 par un marin hollandais, Jacob Roggeveen.

 

L’évangélisation massive de la population fit disparaître toute trace des anciens cultes de sorte que la plupart des souvenirs de cette civilisation fut perdu. Néanmoins, la tradition d'édification des moaï est restée ancrée dans la culture orale de Pascuans. Et en effet, lorsque Thor Heyerdhal leur demanda, ils lui en firent la démonstration.

 

10 moaïs sont expatriés : à Paris, à Londres, à Bruxelles, à Washington, à Viña del Mar, à La Serena et à Santiago.

 

 

Édification

Excavation et sculpture des moaï et des pukao

La quasi-totalité des moaï de l'île a été excavée de la carrière de tuf de Rano Raraku, sur la pointe ouest de l'île. Sur les 887 comptabilisés, une cinquantaine seulement n'a pas été taillée dans le tuf de Rano Raraku mais dans d'autres types de roches volcaniques de l'île. La carrière de Rano Raraku contient encore bon nombre de moaï inachevés, qui sont autant d'exemples permettant d'avoir une idée de la façon dont les statues étaient excavées. Vraisemblablement, les tailleurs de pierre taillaient d'abord le bloc dans la masse du roc, sans détacher le dos de la paroi. Le bloc était dégrossi sur la face avant, puis suivait la sculpture des détails morphologiques (sauf les yeux, qui sont taillés lors de l'édification). Après quoi, le bloc était détaché de la paroi en taillant le dos de la statue. Le moaï, en position horizontale, pouvait alors être transporté sur son lieu d'édification. Les pukao sont taillés de la même manière dans la carrière de Puna Pau.

 

Dans les années 1950, Thor Heyerdhal et une équipe de six personnes commencèrent à tailler un moaï avec des outils de l'époque. Même s'ils s'arrêtèrent avant d'avoir terminé l'excavation de leur statue, Heyerdhal calcula qu'il faudrait environ 12 à 15 mois pour extraire un moaï de taille moyenne.

 

 

Transports et édification

Les reconstitutions en cours permettent, petit à petit, de comprendre les techniques mises en œuvre pour leur transport et édification. Lors des essais de Jo Anne Van Tilburg, les statues ont été déplacées sur des traineaux en bois attachés par des cordes et positionnés sur des rails à pirogue constitués de rondins de bois maintenus par des traverses. Cet essai a permis de montrer qu'entre 50 à 70 personnes tractant le traineau en synchronisation pouvaient déplacer un moaï de près de 12 tonnes, sur une distance de 14 km ½, en moins d'une semaine (à raison de 5 heures/jour, et de pas de 5 m). Sur l'édification elle-même, ce sont les Pascuans actuels qui en firent la démonstration à Thor Heyerdhal. Ils érigèrent une rampe de pierre en pente douce, le long d'un ahu, sur laquelle la statue a été tirée, la base en avant. Puis la tête de la statue est soulevée de quelques centimètres grâce à des leviers de rondin. Dans l'espace créé, les ouvriers glissent des pierres, qui maintiennent la tête de la statue. De degrés en degrés, la statue est ainsi élevée jusqu'à sa position finale. Il semble que les moaï surmontés d'un pukao devaient être érigé en une fois, c'est-à-dire que le pukao était déjà assemblé à son moaï dans sa position couchée, l'ensemble maintenu par un châssis, plutôt que d'être élevé sur la tête de son moaï, une fois celui-ci debout.

 

Après édification, le moaï est paré de ses orbites. En 1979, deux scientifiques, Sonia Haoa et Sergio Rapu, découvrent un œil complet de moaï, constitué d'un demi-globe en corail blanc et d'un iris en tuf rouge, au pied d'un ahu. Il est possible que ces yeux aient été à la garde des prêtres pascuans qui en paraient les moaï lorsque l'on érigeait les statues.

 

 

Ahu-Tahai.jpg

Moaï restauré, surmonté de son pukao. 

 

 

Ahu-Tongariki.JPG

Ensemble de moaï sur le Ahu Tongariki. - (Cliquer sur l'image pour agrandir)

 

 

Ile-de-Paques.png

Carte de l'île avec la localisation d'une partie des ahu, plates-formes cérémonielles accueillant les moaï - (Cliquer sur l'image pour agrandir)

 

 

Moai-ile-de-paques.jpg

 

 

Moai-dos.jpg

 

 

paques.jpg

 

 

Moai.jpg

 

 

Source : Wikipedia - Moaï [Fr]

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